Destruction de la balance courante : pourquoi les Suisses doivent absolument limiter l’immigration

Destruction de la balance courante : pourquoi les Suisses doivent absolument limiter l’immigration

Un mois avant le vote sur l’initiative à 10 millions de l’UDC, dite initiative pour la durabilité et pour limiter l’immigration, les partis qui s’y opposent ont recommencé à mentir, sans la moindre retenue.

Le mensonge libre-circulationniste : un double danger pour la Suisse

Le conseiller fédéral socialiste Beat Jans affirmant que l’hôpital de Bâle devrait fermer si l’initiative est acceptée. Ce qui est faux. Démenti par la NZZ elle-même. Le socialiste a ensuite réitéré en affirmant que le Brexit, donc la fin de la libre circulation avec l’UE, avait entraîné au Royaume-Uni une surmortalité due à une pénurie d’infirmières. Ce qui est également faux. [1] De même la politicienne PLR Jacqueline de Quattro qui affirme que notre système de frontière ouverte avec l’UE nous assure une plus grande sécurité, alors que les agressions contre les biens et les personnes dans notre pays ont augmenté jusqu’à 1280 % entre 1970 et aujourd’hui. [2]

Cela fait plus de vingt ans que les milieux libre-circulationnistes mentent sans aucune retenue au peuple suisse. Ils lui ont même confisqué la votation de limitation du 9 février 2014 qui n’a jamais été appliquée. Un nombre croissant de citoyens ne leur accorde plus aucun crédit. Et aujourd’hui, après vingt ans de libre circulation des personnes, nous pouvons désormais constater deux effets qui, conjugués ensemble, ont déjà commencé à détruire l’économie helvétique et vont l’amener à une perte complète de sa prospérité.

Immigration, naturalisations et basculement politique du Conseil des États

Le premier de ces effets, c’est la modification drastique que l’immigration entraîne sur la composition politique de notre parlement. Le second effet, lié au premier, montre comment cette modification de la composition du parlement va entraîner à terme la destruction de la balance courante de la Suisse. Ce qui est en jeu, c’est la survie du modèle économique helvétique.

Personne en Suisse ne peut ignorer les effets qu’entraîne l’immigration sur la composition du parlement. Avant l’entrée en vigueur de la libre circulation en 2002, la gauche obtenait en moyenne 5 sièges au Conseil des États par législature. Après 2002, elle en a obtenu en moyenne 13, soit une augmentation de 140 %. Si cette évolution se poursuit, la gauche sera majoritaire au Conseil des États à l’horizon 2040.

Malgré le peu d’attention portée à cette question dans notre pays, les faits sont là. La défense des migrants par la gauche lui ramène massivement des électeurs qui, une fois naturalisés, votent alors en retour pour le PS et le parti écologiste. On se demande comment il se fait qu’une telle question soit passée sous silence dans notre pays. (En ce qui concerne le Conseil national, plus 9,5 % de sièges pour la même période).

La balance courante : la clé de la prospérité suisse

La balance courante détermine la position extérieure d’un pays par rapport au monde : si la Suisse importe plus qu’elle n’exporte, sa balance devient déficitaire, dans le cas contraire elle devient excédentaire. Dans le premier cas, notre pays devient débiteur du monde ; dans le second, il devient créancier.

Les questions sur le bien-fondé économique d’avoir ou non une balance excédentaire ou déficitaire pour un pays donné sont extrêmement complexes et ont mené à bien des erreurs dont certaines sont encore en mémoire.

L’exemple de l’Espagne, qui entre 2000 et 2012 a appliqué à la lettre la doctrine Lawson (d’après le nom de l’ancien ministre britannique de l’économie sous Thatcher, Nigel Lawson) et selon laquelle une balance déficitaire peut être parfaitement soutenable à long terme, a conduit les Espagnols droit à la faillite et les a mis dans l’obligation de demander l’aide de l’UE et de se soumettre à sa tutelle.

Aujourd’hui les économistes, et notamment ceux du FMI, sont d’accord sur un point. Un déficit de la balance courante qui dépasse 5 % du PIB à long terme est le signe clair d’une économie qui court à la catastrophe. Et c’est précisément ce chiffre de 5 % qui nous intéresse.

En Suisse, la politique imposée durant ces vingt dernières années par les libre-circulationnistes, soit un modèle de croissance continue des exportations par une immigration massive de travailleurs, n’a pas amené une balance courante excédentaire. C’est même le contraire qui s’est réalisé, cette politique a amené un déficit croissant de notre balance courante et en a profondément modifié la structure.

Sans le négoce de matières premières, la Suisse est déjà déficitaire

Si le compte brut de notre balance courante publié par la BNS présente aujourd’hui un solde positif, nous le devons uniquement à notre place de négoce de matières premières.

Si l’on ôte l’activité du négoce de matière première de ce compte, et abstraction faite du commerce de l’or non monétaire, alors le modèle économique libre-circulationniste a amené notre pays à une balance courante aujourd’hui structurellement déficitaire.

Depuis des années la gauche s’attaque en Suisse directement à nos secteurs financiers. On se rappelle tous les propos de l’ancien conseiller d’État genevois écologiste, Antonio Hodgers, qui, lors de la chute du secret bancaire, s’était littéralement réjoui que la Suisse arrête ainsi de « profiter » du monde, ce sont ses propres mots.

Si la gauche obtient la majorité au Conseil des États à l’horizon 2040, alors vous pourrez dire adieu au négoce de matière première en Suisse, un secteur qui se délocalisera sans l’ombre d’une hésitation. Et s’il se délocalise, ce que l’on tient pour certain, voici alors ce qu’il se passera.

La balance courante de la Suisse deviendra durablement déficitaire et sans doute même pour toujours. Alors que dans toute notre histoire cette balance a toujours été à l’équilibre ou fortement positive, elle deviendra sans doute pour toujours déficitaire. Le citoyen doit quand même le savoir.

Voilà donc le scénario tel que vous pouvez l’imaginer. Selon l'identité comptable macroéconomique fondamentale, où le solde extérieur (exportations moins importations) est strictement égal à la différence entre l'épargne nationale et l'investissement (X - M = S - I).

Si bien évidemment en économie on ne peut pas tout prévoir, il est presque certain que c’est ce qui va se passer. Et même avec des variations, c’est pour la Suisse un résultat catastrophique qui s’annonce.

Contrairement à ce qu’affirment les opposants, le chaos, c’est eux, et non pas l’initiative. Il vous suffit de lire ce qui suit.

Notre balance courante telle qu’elle est actuellement montre des soldes positifs ou négatifs pour les 4 postes habituels. Dans le graphique ci-dessous, on voit clairement que la croissance de la Suisse en régime de libre circulation des personnes depuis 2002 en a profondément modifié la structure. On voit clairement que les bénéfices que la Suisse obtenait du monde jusque vers 2004 en lui fournissant plus de services qu’elle ne lui en achetait (solde positif en rouge) et en recevant plus de revenus de capitaux et de salaires qu’elle ne lui en versait (solde positif en vert clair) ont massivement laissé place à un système d’exportation de marchandises (en bleu). [3]

Évolution de la balance des transactions courantes de la Suisse (1984–2024) – Vue d'ensemble. Ce graphique présente l'historique complet des soldes de la balance courante helvétique. L'échelle élargie (de -100 000 à 150 000 millions de CHF) permet d'apprécier la totalité des volumes et met en évidence la croissance exceptionnelle et sans précédent du solde des marchandises (en bleu) enregistrée à partir de 2021.

Évolution de la balance des transactions courantes de la Suisse (1984–2024) – Vue d'ensemble. Ce graphique présente l'historique complet des soldes de la balance courante helvétique. L'échelle élargie (de -100 000 à 150 000 millions de CHF) permet d'apprécier la totalité des volumes et met en évidence la croissance exceptionnelle et sans précédent du solde des marchandises (en bleu) enregistrée à partir de 2021.

Vu ainsi et en apparence, l’on pourrait se dire que ce n’est peut-être pas une si mauvaise affaire, les soldes positifs (en bleu) restent supérieurs aux soldes négatifs. Et bien que l’on voie clairement le changement de la composition et de la structure de la balance.

Mais, si l’on regarde le même graphique qui suit ci-après, et duquel on enlève dans le calcul du compte marchandises ce que rapporte le secteur de négoce des matières premières, alors on voit explicitement que notre balance est en réalité désormais déficitaire. Et qu’elle est déjà entrée dans une zone proche d’un déficit de 5 % du PIB que le FMI déclare comme insoutenable sur le long terme.

Soit depuis 2020 des déficits courants de 10 à 40 milliards par année pour un PIB passé de 720 à 854 milliards.

Focus sur les composantes historiques de la balance courante (1984–2024) – Échelle ajustée. Ce graphique reprend les mêmes données de la BNS, mais adopte une échelle verticale resserrée (de -80 000 à 80 000 millions de CHF). Ce zoom visuel permet une analyse plus fine des fluctuations historiques des services (rouge) et des revenus (vert/jaune) sur les quatre dernières décennies. En contrepartie, les valeurs records du solde des marchandises des années 2021 à 2024 dépassent le plafond de cette échelle et apparaissent ici légèrement tronquées.

Focus sur les composantes historiques de la balance courante (1984–2024) – Échelle ajustée. Ce graphique reprend les mêmes données de la BNS, mais adopte une échelle verticale resserrée (de -80 000 à 80 000 millions de CHF). Ce zoom visuel permet une analyse plus fine des fluctuations historiques des services (rouge) et des revenus (vert/jaune) sur les quatre dernières décennies. En contrepartie, les valeurs records du solde des marchandises des années 2021 à 2024 dépassent le plafond de cette échelle et apparaissent ici légèrement tronquées.

Les opposants libre-circulationnistes à l’initiative disent que nous sommes le chaos. C’est l’exact contraire qui est vrai. Ils ont déjà commencé à détruire le solde de notre balance courante.

La soutenabilité à long terme de la balance de la Suisse passe donc désormais par une nécessité absolue de protéger notre place de négoce de matière première. Dans le cas contraire, d’un commerce de négoce qui s’en va parce que la gauche a pris le pouvoir au Conseil des États, nous serons alors confrontés à une catastrophe économique d’une ampleur jamais vue.

Sur la base de ce scénario, négoce qui s’en va, gauche au pouvoir à la chambre haute du parlement, et sur la base du modèle de base de comptabilité macro-économique fondamentale (X - M = S - I) et d’une balance qui devient structurellement déficitaire, nous avons demandé à une IA de nous décrire par étapes le scénario à venir.

En lui précisant également que l’industrie pharmaceutique suisse (qui est le deuxième plus gros contributeur au solde positif de notre balance) va vraisemblablement aussi en partie se délocaliser sous la pression des Américains.

Voici donc en résumé ces étapes, qui après analyse sont parfaitement cohérentes avec le modèle précité.

Le scénario d'une Suisse déficitaire : fin du franc fort et choc économique

Si la balance courante de la Suisse basculait soudainement dans le rouge en raison de la délocalisation de sa place de négoce de matières premières, le pays subirait un choc macroéconomique majeur. Celui-ci serait notammentlarge marqué par la fin du franc fort et par une restructuration forcée de son modèle économique.

La perte de ce secteur stratégique – qui représente une part immense des exportations et des revenus de capitaux en Suisse – déclencherait des ajustements immédiats à travers plusieurs canaux clés et aurait les effets suivants :

  1. La fin du privilège du franc fort entraînerait immédiatement une hausse de l’inflation importée. Une monnaie plus faible renchérirait mécaniquement le coût de tous les produits que la Suisse importe (énergie, voitures, technologies, produits alimentaires, intrants). Pour la première fois depuis des décennies, la Suisse ferait face à une inflation importée et durable dans le temps.
  2. Pour freiner la chute de la monnaie et juguler l'inflation, la Banque nationale suisse (BNS) serait contrainte de relever drastiquement ses taux d'intérêt directeurs. Le coût pour l'économie réelle serait monumental. Des taux d'intérêt élevés rendraient le crédit beaucoup plus cher. Cela contracterait immédiatement l'investissement privé et déclencherait un refroidissement sévère du marché immobilier suisse, très sensible aux variations des taux hypothécaires.
  3. En devenant déficitaire, la Suisse basculerait dans la situation de la France : elle ne produirait plus assez d'épargne interne pour couvrir ses besoins et devrait, elle aussi, attirer des capitaux étrangers pour "payer sa facture" extérieure.
    Bien que la dette publique suisse actuelle soit très faible grâce au mécanisme du frein à l'endettement, la baisse des recettes fiscales liées au secteur du négoce forcerait la Confédération et les cantons (notamment Genève et Zoug, hubs du négoce) à faire des choix budgétaires douloureux : augmenter les impôts ou couper dans les dépenses publiques. Ce serait la fin de la péréquation financière.
  4. Si bien évidemment les exportateurs pourraient bénéficier dans une certaine mesure d’une baisse de la valeur du franc, et seulement eux, puisque les citoyens et les consommateurs subiraient de plein fouet l’inflation importée, les deux éléments présentés que sont pour la Suisse une balance courante déficitaire sans le secteur du négoce, et l’exigence par les Américains d’une délocalisation d’une partie de la production pharma suisse aux USA, enlèveraient toute possibilité d’une simple transition industrielle gérable, et s'apparenteraient à un choc macroéconomique systémique de très grande ampleur.
    En combinant le fait que la balance suisse est déjà déficitaire sans le négoce et que la pharma délocalise sa production vers les États-Unis sous la contrainte des tarifs douaniers américains, la Suisse perdrait simultanément ses deux plus puissants générateurs d'excédents.
  5. La perte de ces deux moteurs (pharma et négoce) plongerait immédiatement la Suisse dans un déficit courant structurel profond et durable. Pour rappel, le marché américain compte pour plus de la moitié des exportations de la pharma suisse.
    La Suisse passerait instantanément du statut de championne du monde des excédents à celui de pays lourdement déficitaire. Elle franchirait le seuil d'alerte des 5 % du PIB, basculant dans une dépendance absolue et subie vis-à-vis des financements internationaux pour maintenir son niveau de vie.
    Le franc suisse perdrait ses fondements économiques. Sans l'afflux massif de dollars et d'euros issus de la pharma et du négoce, l'offre de devises s'assécherait. Le franc subirait une dévaluation historique face à l'euro et au dollar.
    L’inflation deviendrait explosive pour un pays qui importe une grande partie de son énergie et de ses biens de consommation courante, un franc faible provoquerait un choc inflationniste violent et durable, inconnu en Suisse depuis les années 1970.
    Pour stopper la fuite des capitaux et stabiliser la monnaie, la BNS serait obligée de monter ses taux d'intérêt directeurs à des niveaux très élevés. Ce qui entraînerait une asphyxie immobilière due à une explosion des coûts des crédits hypothécaires, déclenchant un krach sur le marché immobilier suisse, qui est l'un des piliers de la richesse domestique.
    Du fait de la destruction des recettes de l'État (les multinationales du négoce à Genève ou Zoug et de la pharma à Bâle comptent parmi les plus grands contribuables du pays), la Confédération et les cantons seraient privés d'une part colossale de leurs recettes fiscales.
    Ce serait la fin du modèle social suisse.
    Pour respecter le mécanisme constitutionnel du frein à l'endettement, Berne n'aurait d'autre choix que d'augmenter drastiquement les impôts (TVA, impôt fédéral direct) et de couper massivement dans les dépenses publiques (infrastructures, transports, aides sociales).
    Ce serait une restructuration économique cruelle pour la Suisse avec une baisse drastique du niveau de vie. Les économistes de l'UBS estiment qu'une délocalisation partielle de la pharma coûterait déjà à elle seule jusqu'à un quart de la croissance économique suisse sur cinq ans. Avec le négoce en moins, le pays subirait une récession prolongée et une baisse nette du pouvoir d'achat réel des résidents.
    La Suisse n'aurait d'autre choix que de se réinventer autour de son tissu de PME (machines-outils, horlogerie, medtech) et de son secteur touristique, qui bénéficieraient – maigre consolation – de la baisse du franc suisse pour exporter plus facilement vers l'Europe.
  6. En résumé, dans ces conditions extrêmes, la Suisse perdrait inévitablement son statut d'exception macroéconomique mondiale. Elle deviendrait une économie européenne standard, contrainte de s'endetter à l'étranger, confrontée à l'austérité budgétaire, et forcée de reconstruire sa compétitivité par les prix plutôt que par l'innovation et les revenus de ses géants multinationaux.

Ce sont toutes ces conséquences qui sont en jeu si l’immigration n’est pas ralentie et que la gauche devient majoritaire à la chambre haute du parlement.

Si l’on peut bien comprendre les besoins de la pharma et d’autres entreprises en travailleurs (le négoce en a besoin de considérablement moins), on ne peut oublier que ce secteur peut largement les satisfaire par le recours aux travailleurs frontaliers (qui eux n’obtiennent pas de droits politiques sur notre pays), comme on ne peut oublier qu’il est déjà prévisible que sa demande de travailleurs va baisser du fait de sa délocalisation partielle aux USA.

Négliger que la place de négoce puisse alors à son tour se délocaliser est une faute économique et politique majeure.

Du fait des effets négatifs sur notre pays que va entraîner la situation de la pharma, la localisation du négoce de matière première sur notre territoire est désormais une question de survie.

Prendre le risque que l’immigration continue d’alimenter l’ascension au pouvoir de la gauche au Conseil des États est un no go absolu. Toute personne qui réfléchit un peu est capable de le comprendre.

Aujourd’hui voter la limitation de l’immigration n’est plus un choix, c’est une obligation, une condition de survie non seulement économique mais politique pour notre pays.

Le scénario est parfaitement clair et prévisible. Si l'immigration de masse se poursuit, la gauche sera tôt ou tard majoritaire au Conseil des États et le secteur du négoce alors s’en ira et notre balance courante deviendra à jamais déficitaire. C’est un risque que la Suisse ne peut pas courir. [4]

Michel Piccand

Notes

[1] Dans cette campagne précédant la votation, le conseiller fédéral socialiste Beat Jans ne recule devant rien pour essayer de faire peur aux gens.

D’abord, dans la Basler Zeitung, il est allé jusqu’à dire que l’hôpital de Bâle devrait fermer si l’on acceptait l’initiative. Ce à quoi l’UDC lui a répondu que son affirmation était fausse puisque l’hôpital de Bâle travaille essentiellement avec des frontaliers et qu’ils ne sont pas concernés par l’initiative de limitation. Il a même été attaqué par la NZZ qui lui a rétorqué que son argument ne tenait pas la route puisque la Suisse a environ besoin de 2000 infirmières et médecins par année et qu’ils pourraient aisément trouver place dans le quota de 35 000 migrants qui subsisterait si l’initiative est acceptée.

Nonobstant, Jans a continué et en a rajouté, alors que, soit dit en passant, les nouvelles règles votées sur le devoir de réserve du Conseil fédéral désormais le lui interdisent, mais bon, on sait dans ce pays qui se moque de la loi.

Dans Watson, Beat Jans raconte qu’au Royaume-Uni le Brexit a entraîné une surmortalité à cause de la pénurie d’infirmières qui en a découlé, ainsi qu’une pénurie soi-disant de matériel médical. Or c’est totalement faux, il n’y a pas eu de pénurie d’infirmières au Royaume-Uni.

Il existe une seule étude, financée par un institut de recherche privé allemand (The Effect of Brexit on NHS Hospital Quality. IZA DP N°17797), qui a trouvé une hausse de la mortalité au Royaume-Uni après le Brexit, mais qui explique qu’il n’y a pas eu de pénurie d’infirmières mais un remplacement des infirmières de provenance européenne (essentiellement irlandaises et sud-européennes) par des infirmières extra-européennes (l’étude dit asiatiques) et que c’est la composition des infirmières qui a changé et qui est la cause de cette surmortalité. Entendre que des infirmières moins bien formées ont remplacé des infirmières qui étaient, elles, mieux formées, et que c’est cette différence de qualité de formation qui explique les morts en plus.

Cette étude est d’autre part irrecevable parce qu’elle tire une conclusion qu’il est impossible de tirer, comme celle d’attribuer un lien entre la surmortalité et le Brexit.

Le Brexit, c’est un changement de pratique administrative. Avant le Brexit, une infirmière UE pouvait librement venir s’établir au Royaume-Uni si elle avait un contrat de travail (principe de libre circulation des personnes). Après, il lui fallait une autorisation supplémentaire dictée par les besoins du pays.

Le fait que le Brexit soit entré en vigueur, soit la fin de la libre circulation, n’implique pas que toute immigration y soit devenue interdite ou impossible pour un ressortissant UE, la différence c’est que cette immigration est maintenant guidée et contrôlée par l’administration du pays.

Si des infirmières UE ont été remplacées par des infirmières extra-UE, cela n’a pas été déterminé par la fin de la libre circulation et le Brexit, mais par les choix politiques et administratifs qu’ont faits ensuite les autorités britanniques, qui avaient toute liberté de continuer à faire venir des infirmières UE par exemple par des conditions d’appel favorables, ce que ces autorités n’ont pas fait.

Une configuration qui de toute façon ne pourrait pas arriver en Suisse puisque notre pays bénéficie d’une condition d’appel naturel des infirmières UE pour la Suisse en raison de la hauteur relative de nos salaires.

On voit donc ici toute la manipulation de ces politiciens qui cherchent à faire peur aux gens. On ne peut pas lier cette surmortalité à la fin de la libre circulation en elle-même, cela n’est pas possible.

[2] La progression réelle de la criminalité est cachée au peuple en Suisse depuis des années, et chaque citoyen peut aujourd’hui s’en apercevoir. Tous les articles de journaux et de la SSR ne relatent que des progressions et diminutions de la criminalité qui ne dépassent jamais l’horizon dix ans, et qui ne concernent que les chiffres après l’introduction de la libre circulation en 2002, et au motif selon l’OFS que les séries statistiques longues ne seraient scientifiquement plus possibles du fait que la Suisse a réformé ses manières de recenser les infractions pour les rendre compatibles avec les exigences de l’UE. Une soi-disant impossibilité de mesure dans le temps qui est parfaitement fausse.

Tout un nombre d’infractions pénales, et en particulier celles qui concernent les violences d’agression, conservent leurs caractéristiques au travers du temps. Une agression reste une agression, un meurtre reste un meurtre, une atteinte corporelle grave reste une atteinte corporelle grave, un faux dans les titres un faux dans les titres.

Voici donc certaines évolutions de la criminalité pénale entre les années 1970-1973 (moyenne trisannuelle) et 2024, soit sur une période durant laquelle la population suisse a augmenté de 45 %.

  • Dans les années 1970-1973 et les années précédentes, il y avait environ 10 à 15 condamnations par année pour lésions corporelles graves, une par mois, alors que notre population était bien plus jeune. Il y en a eu 207 en 2024 (+ 1280 %). Donc une augmentation de 14 fois alors que la population n’a augmenté que de 1,4 fois.
  • En 1970-1973 et avant, il y avait environ 460 personnes condamnées pour lésions corporelles simples chaque année. Il y en a eu 2208 en 2024 (+ 380 %). Les chiffres qui suivent parlent d’eux-mêmes.
  • En 1970-1973 et avant, il y avait environ 50 personnes condamnées pour participation à une rixe chaque année. Il y en a eu 380 en 2024 (+ 660 %). Pour une population, rappelons-le, qui elle a augmenté de 45 %.
  • En 1970-1973 et avant, il y avait environ 20 personnes condamnées pour meurtre ou assassinat chaque année. Il y en a eu 77 en 2024 (+ 285 %).
  • En 1970-1973, il y avait environ 100 personnes condamnées pour brigandage chaque année (vol avec violence sur la victime). Il y en a eu 320 en 2024 (+ 220 %).
  • Dommages à la propriété : 470 à 3989 (+ 749 %). Banqueroute frauduleuse et fraude dans la saisie 40 à 228 (+ 470 %).
  • Menaces 67 à 2586 (+3759 %). Contraintes 52 à 1098 (+2011 %).
  • Violations de domicile : 213 à 6785 (+ 3085 %).
  • Faux dans les titres 364 à 1906 (+ 423 %). Faux dans les certificats 88 à 1708 (+ 1840 %).
  • Violences ou menaces contre les autorités et les fonctionnaires : 210 à 1556 (+ 641 %). Opposition aux actes de l’autorité 90 à 2170 (+ 2311 %).

Ces progressions et ces chiffres montrent incontestablement une augmentation drastique de la violence dans la société helvétique. La Suisse est de toute évidence devenue une société beaucoup plus violente en 2025 qu’elle ne l’était en 1973 et avant.

Ces chiffres montrent non seulement une augmentation terrible de la violence entre individus, par exemple plus 1280 % de lésions corporelles graves infligées volontairement à autrui, mais aussi une dégradation claire de la morale entre les personnes (voir les infractions à la saisie et les faux dans les titres et les certificats) et envers les institutions (violences et oppositions contre les autorités).

Lorsque des politiciens affirment que l’ouverture de nos frontières et l’immigration n’ont eu aucun effet sur la violence dans notre société, ils mentent. Pire encore, lorsqu’ils affirment que notre réseau de relations avec l’UE est bénéfique pour notre sécurité. Les faits montrent exactement le contraire.

[3] Les postes marchandises (en bleu) et services (en rouge) dans le graphique ne posent guère de problème d’interprétation en soi, si ce n’est que le poste marchandises en Suisse comprend les revenus de ce que notre comptabilité nationale nomme les « marchandises en transit ». Or la majeure partie de ces marchandises ne sont ni importées ni exportées depuis notre territoire, elles n’y transitent tout simplement pas, et ses revenus proviennent du négoce de matières premières sur les marchés mondiaux, et sont donc en termes concrets plutôt issus d’une activité de services financiers.

Les revenus primaires (en vert clair) recensent les salaires mais aussi les revenus des placements en capitaux que la Suisse tire du monde ou au contraire lui verse.

Les revenus secondaires (en orange) représentent les transferts monétaires sans contreparties (ex. rentes AVS versées à l’extérieur du pays, transfert de l’épargne des immigrants dans leur pays d’origine).

[4] Le risque d’une balance durablement déficitaire pour notre pays est d’autant plus susceptible de se réaliser que le principal client de nos exportations d’aujourd’hui, l’UE, devrait à l’horizon 2050 connaître une chute drastique de sa demande intérieure et de sa consommation, donc de ses importations en provenance de notre pays.

Selon les perspectives de l’OCDE, le taux de dépendance (soit le nombre de personnes de plus de 65 ans pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans) dans les 27 pays de l’UE va passer de 36 % aujourd’hui à 60 % en 2054. Il est illusoire de penser que la demande de consommation d’une population beaucoup plus âgée restera identique dans tous les secteurs à ce qu’elle est aujourd’hui. Dans ces conditions, une chute de nos exportations de marchandises vers l’UE est inévitable dans l'avenir. Conserver la place de négoce de matière première et les revenus qu’elle nous apporte en devient donc une condition d’autant plus cruciale si nous voulons conserver notre niveau de vie.

Contrairement à ce qu’ont affirmé la gauche et les libre-circulationnistes au début de la crise tarifaire avec les USA, nous ne devons pas nous rapprocher de l’UE ni nous lier à elle, mais nous devons au contraire viser à étendre nos bonnes relations avec les pays où demain se fera la croissance. Il semble que ce soit juste une évidence.

Par ailleurs, si nous arrivons à conserver notre niveau économique et que celui des pays qui nous entourent se dégrade, il devient alors tout aussi évident que notre pays devra réinstaurer un contrôle migratoire, tant il est vrai qu’il ne peut exister aucun État avec une protection sociale forte sans contrôle de son immigration, cela n’existe pas, cette évidence fait même partie du B.A.-BA de toute personne censée s’intéresser à une protection sociale forte de ses citoyens.

Reprendre le contrôle migratoire est donc pour la Suisse doublement une obligation.

Je remercie ici l’UDC et les citoyens qui la soutiennent pour tous les efforts qu’ils font pour sauvegarder notre pays et lutter contre l’incroyable désinformation dont ils sont victimes. Ce sont eux qui défendent et protègent la Suisse, juste eux. Les autres sont en train de la détruire.

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