À une semaine du scrutin, une chose frappe : jamais campagne référendaire n'aura charrié autant d'approximations et de contre-vérités.
Gros mensonges...
En tête de file, le conseiller fédéral socialiste Beat Jans sillonne le pays pour annoncer des catastrophes imaginaires. Un OUI à l'initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » fermerait l'hôpital universitaire de Bâle « du jour au lendemain », affirme-t-il. C'est faux, et il le sait. L'hôpital de Bâle emploie majoritairement des frontaliers, qui ne font pas partie de la population résidente et ne sont donc pas touchés par l'initiative. Quant aux médecins et soignants formés ici, ils resteront. Voilà comment on fabrique de la peur à partir de rien.
Reprenons les faits, puisque nos adversaires les fuient. Même en cas de OUI, près de 40 000 personnes pourront immigrer chaque année − y compris, naturellement, des médecins et du personnel soignant. La vérité que la gauche tait, c'est qu'une infime fraction des arrivants travaille réellement dans la santé : 1 % des médecins, 0,5 % du personnel soignant, soit 1,5 % des immigrés en 2025. Pendant ce temps, 100 000 personnes débarquent chaque année et ont elles-mêmes besoin de médecins, de soignants, de lits d'hôpital. Chaque tranche de 100 000 nouveaux arrivants exige environ 500 médecins, 2 000 soignants et 420 lits supplémentaires. On fait venir du personnel pour soigner les immigrés, et l'on aggrave ainsi le besoin que l'on prétendait combler. C'est une spirale sans fin. Et l'on compte déjà près de 13 000 chômeurs dans le secteur de la santé et du social.
Cette même hypocrisie nourrit le discours sur la prétendue pénurie de main-d'œuvre. Depuis des années, certains milieux économiques répètent que sans immigration massive, la Suisse manquerait de bras qualifiés. Derrière la formule moralisatrice se cache une réalité moins avouable : la volonté de maintenir un réservoir de main-d'œuvre étrangère bon marché, flexible et jetable. Pendant qu'on importe des dizaines de milliers de travailleurs, près de 230 000 personnes cherchent un emploi dans notre pays, dont quantité de Suisses de plus de cinquante ans, expérimentés et compétents, mais jugés trop coûteux. Voilà le vrai scandale. La solution durable n'est pas d'ouvrir toujours plus grand les frontières : c'est de former ici, de réintégrer nos chômeurs et de valoriser les travailleurs déjà présents.
...et vérités
Car l'immigration de masse a un coût immense pour chacun de nous. Loyers qui explosent − il faut bâtir près de 40 000 logements par an pour la seule immigration, et quatre sur cinq lui sont destinés −, routes saturées, trains bondés, terres agricoles bétonnées, écoles et système de santé sous pression. La prospérité par habitant stagne. Quelle prospérité défend-on, au juste ? Celle des grands groupes qui profitent d'un vivier toujours plus vaste, ou celle des familles suisses dont la qualité de vie se dégrade d'année en année ?
Il y a aussi un principe démocratique. En 2014, le peuple a accepté l'initiative contre l'immigration de masse. Le Conseil fédéral et le Parlement n'en ont rien fait. Onze ans plus tard, la population continue de croître d'un million tous les dix ans, et nos institutions regardent ailleurs. Le 14 juin est l'occasion de rappeler qui décide dans ce pays.
L'initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » n'est ni un repli ni une fermeture. Personne ne veut barricader les frontières ni mettre en danger la santé de qui que ce soit. Elle demande du bon sens, de la mesure et de la responsabilité : aucun pays n'absorbe une croissance démographique illimitée sans conséquences. Préservons ce que nous aimons. Le 14 juin, votons OUI − et obligeons enfin le Conseil fédéral à agir.
La rédaction des Observateurs

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