« Qui paiera nos retraites ? » L’argument paresseux d’une gauche à court d’idées

Photo : Alexander Ozerov (Adobe Stock)

Il y a un moment, dans chaque débat sur l'immigration, où le centre et la gauche sortent leur dernière cartouche, l'air grave : « Et qui paiera nos retraites ? » Le ton se veut responsable. Or, il est l'aveu d'une faillite. Car derrière la solennité dort une équation d'une pauvreté confondante : plus d'habitants égale plus de cotisations, donc importons des habitants. On confond des têtes avec des francs !

Comment prendre ses électeurs pour des imbéciles, mode d'emploi

Car le procédé est grossier : l'AVS ne se nourrit pas de population, mais de salaires cotisés sur une vie entière. Et c'est là que le château de cartes s'effondre : la moitié des immigrés ne travaille pas, zéro cotisation. L'autre moitié, souvent employée à bas salaire, ouvrira plus tard des droits à la rente sans avoir cotisé assez d'années − d'où les prestations complémentaires, à la charge du contribuable. Ce que la gauche présente comme le sauveur de nos retraites en est, pour une large part, un coût net. On ne renfloue pas une caisse en y faisant entrer des gens qui en sortiront plus qu'ils n'y auront mis.

Mais admettons leur logique, et allons jusqu'au bout, là où ils n'osent jamais regarder. Si l'immigration finance les retraites des Suisses vieillissants, alors quelqu'un devra, demain, financer celles de ces immigrés-là, car ils vieilliront aussi. Qui ? Une vague plus nombreuse encore. Puis une autre pour financer celle-ci. À ce compte, l'objectif n'est plus 10 millions : c'est 12, puis 15, à perpétuité. Le territoire, lui, ne s'agrandit pas. Les logements ne se décrètent pas. Les trains ne s'allongent pas à l'infini. Nous avons donné un nom à ce système : un "Ponzi démographique", qui ne tient qu'aussi longtemps qu'affluent de nouveaux entrants et s'écroule dès que le flux faiblit.

Le "NON", ou comment refiler la patate chaude à la génération suivante

Voilà le vice : ceux qui brandissent l'argument des retraites n'ont aucune réponse à la question qu'il soulève aussitôt. Ils traitent l'immigration de masse comme un horizon indépassable, une donnée de la nature. Ce n'en est pas un : c'est un report d'échéance, qu'on refile à la génération suivante, alourdi des intérêts.

Et il y a, dans cette désinvolture, un parfum d'« après nous le déluge ». Ceux qui agitent l'argument aujourd'hui sont souvent ceux qui toucheront leur rente sans encombre. Le système tiendra juste assez longtemps pour eux ; la facture, elle, est adressée à ceux qui ont vingt ou trente ans, et qui hériteront d'un pays plus dense, plus cher, plus saturé, avec la même promesse intenable à financer. À gauche, on ne lègue pas une solution à ses enfants : on leur lègue une dette.

La vraie réponse n'a jamais été d'importer toujours plus de monde. Elle tient dans le travail, la productivité, des carrières plus longues, la formation de ceux qui sont déjà là − pendant que plus de 230 000 personnes cherchent un emploi dans ce pays. Une société qui, pour payer ses vieux, croit devoir gonfler sa population sans fin n'a pas trouvé de solution : elle a renoncé à en chercher une.

Le 14 juin : un grand OUI !

Dimitri Fontana

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