L’Étude Sécurité 2026 vient de paraître. Publiée par le Center for Security Studies (CSS) de l’ETH Zurich pour le Département fédéral de la défense (DDPS), elle offre un aperçu détaillé du rapport des Suisses à la sécurité, à l’armée et à la politique étrangère. Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et la montée des tensions entre grandes puissances, l'édition 2026 met en évidence une inquiétude croissante et un retour marqué des préoccupations stratégiques.
Un élément retient toutefois particulièrement l’attention dans un contexte de pression accrue sur la Suisse et de remise en cause publique de sa neutralité : la place accordée à l’OTAN et, plus largement, à la coopération sécuritaire internationale. Cette thématique, désormais centrale, n’est pas apparue soudainement. Elle s’inscrit dans une évolution progressive, observable sur plusieurs années.
Pour en mesurer la portée, nous avons comparé les éditions publiées entre 2020 et 2026. Non pour contester les données – dont la solidité méthodologique fait peu de doute – mais pour analyser la manière dont elles sont formulées, mises en perspective et intégrées dans un cadre d’interprétation plus large. Car au-delà des résultats eux-mêmes, c’est aussi le champ lexical, le vocabulaire, les catégories employées et les évolutions sémantiques qui permettent de comprendre comment se redessinent les contours du débat en matière de politique de sécurité.
Une étude de référence dans le paysage suisse
Publiée chaque année par le Center for Security Studies (CSS) de l’ETH Zurich, pour le Département fédéral de la défense (DDPS), l’« Étude Sécurité » s’est imposée au fil du temps comme un instrument central d’analyse du rapport des Suisses aux questions de sécurité. Fondée sur une enquête d’opinion menée de manière régulière et selon une méthodologie stable, elle permet de suivre, sur la durée, l’évolution des perceptions liées à l’armée, à la neutralité ou encore aux alliances internationales.
Ce caractère longitudinal constitue l’un de ses principaux atouts. En reprenant d’année en année des indicateurs comparables, l’étude ne se contente pas de photographier une situation donnée : elle met en évidence des tendances, des inflexions, parfois des ruptures. À ce titre, elle est régulièrement mobilisée dans le débat public, mais aussi dans les cercles politiques et administratifs, comme un outil d’aide à la décision.
Il convient également de souligner le sérieux du dispositif. Les données reposent sur un échantillon représentatif de la population suisse et les résultats sont présentés avec un souci de rigueur et de transparence. Cette assise empirique confère à l’étude une crédibilité réelle, qui explique en grande partie son influence.
Reste que, comme tout instrument de ce type, elle ne se limite pas à la production de données brutes. Les résultats sont accompagnés de commentaires, de mises en perspective et d’analyses qui contribuent à en orienter la lecture. C’est précisément dans cet espace – entre mesure et interprétation – que se joue une part essentielle de sa portée.
L’édition 2026 et la montée en puissance de la question de l’OTAN
L’édition 2026 de l’« Étude Sécurité » s’inscrit dans un contexte international profondément dégradé. Guerre en Ukraine, tensions persistantes entre grandes puissances, incertitudes géopolitiques : l’environnement stratégique de la Suisse apparaît plus instable qu’au cours des décennies précédentes. Sans surprise, le rapport met en évidence une progression du sentiment d’insécurité et un pessimisme accru quant à l’évolution de la situation mondiale.
Dans ce cadre, plusieurs thématiques sont abordées : rôle de l’armée, perception des menaces, confiance dans les institutions. Mais l’une d’entre elles retient particulièrement l’attention par sa place et son traitement : celle de la coopération sécuritaire internationale, et en particulier des relations avec l’OTAN.
Le rapport souligne en effet une disposition croissante à envisager des formes de coopération dans ce domaine, et accorde une importance notable aux interactions entre la Suisse et l’Alliance atlantique. Cette évolution ne se limite pas à un simple indicateur chiffré, elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur les modalités de la sécurité dans un environnement marqué par l’interdépendance et la complexité des menaces.
Ce point mérite d’autant plus d’être examiné qu’il ne constitue pas une rupture isolée. La question de l’OTAN – qu’il s’agisse de coopération, de rapprochement ou de compatibilité avec la neutralité – apparaît de manière récurrente dans les éditions récentes du rapport. Sa présence accrue en 2026 invite donc à dépasser la lecture ponctuelle pour s’interroger sur son évolution dans le temps.
Une mise en perspective sur six années d’études
Pour apprécier la portée des évolutions observées en 2026, il est nécessaire de les replacer dans une perspective plus large. Une lecture isolée du dernier rapport – comme l’ont fait la grande majorité des médias suisses – risquerait en effet de donner l’impression d’un simple ajustement conjoncturel, lié à la dégradation récente de l’environnement international. Or, l’examen des éditions publiées entre 2020 et 2026 invite à une lecture plus nuancée.
La démarche retenue consiste à comparer ces différentes éditions selon un angle précis : non pas uniquement les résultats chiffrés, mais la manière dont les questions sont formulées, les concepts mobilisés et les évolutions du vocabulaire employé. Ce choix méthodologique permet de dépasser la seule photographie de l’opinion pour s’intéresser au cadre dans lequel cette opinion est recueillie et interprétée.
Plusieurs axes ont été retenus pour cette analyse comparative :
- Le premier concerne la place de l’OTAN dans les rapports, depuis sa quasi-absence ou son rejet explicite jusqu’à son intégration progressive dans les scénarios de coopération.
- Le deuxième porte sur l’évolution du concept de neutralité, dont le statut semble se transformer au fil des éditions.
- Le troisième enfin s’intéresse à la montée en puissance des notions de coopération internationale et d’interdépendance, qui structurent de plus en plus la réflexion en matière de sécurité.
L’objectif n’est pas de prêter aux auteurs des intentions qu’ils n’expriment pas explicitement, mais d’identifier des tendances observables à partir des textes eux-mêmes. En procédant de la sorte, il devient possible de mettre en évidence d’éventuels glissements, non pas dans les conclusions affichées, mais dans les catégories d’analyse et les cadres de pensée mobilisés d’une année à l’autre.
L’OTAN : du rejet à la coopération normalisée
L’examen des différentes éditions de l’« Étude Sécurité » entre 2020 et 2026 met en évidence une évolution nette dans la manière dont la question de l’OTAN est formulée et intégrée au débat.
Dans les premières années de la période étudiée, l’Alliance atlantique apparaît clairement en marge du champ des options envisagées.
Le rapport 2020 indique ainsi sans ambiguïté qu’« un rapprochement ou une adhésion à l’OTAN est clairement rejeté » (« Eine Annäherung oder ein Beitritt zur Nato wird klar abgelehnt », p. 167). Dans le même esprit, l’adhésion est associée à une moindre importance accordée à la neutralité (« … welche der Neutralität einen geringeren Wert beimessen », p. 113). L’OTAN est alors présentée comme une option extérieure au consensus suisse.
À partir de 2022, dans le contexte de la guerre en Ukraine, le cadrage évolue sensiblement. Le rapport relève qu’une majorité relative de la population peut désormais envisager une coopération plus étroite avec l’Alliance (« 52% können sich eine engere Kooperation mit der NATO vorstellen », p. 5). Le passage est important : on ne parle plus d’adhésion, mais de coopération. Ce déplacement lexical ouvre un espace nouveau, distinct de la question, plus sensible, de l’intégration formelle.
Les éditions suivantes prolongent cette évolution.
En 2023, la notion d’« alliances de politique de sécurité avec l’OTAN » (« Sicherheitspolitische Allianzen mit der NATO », p. 150) apparaît explicitement dans le rapport.
En 2024, il est fait référence à des « formes concrètes de rapprochement » (« Konkrete Annäherungsformen an die NATO », p. 143), signe que la réflexion ne se limite plus à des principes généraux, mais s’intéresse aux modalités pratiques d’une coopération accrue.
Ce mouvement se confirme dans les rapports les plus récents.
En 2025, la « coopération sécuritaire avec l’OTAN » est intégrée parmi les options envisagées (« … sicherheitspolitische Kooperation mit der NATO », p. 149), tandis que l’édition 2026 place explicitement la coopération politico-sécuritaire et militaire avec l’Alliance au centre de la réflexion (« Fokus […] auf […] Kooperation mit der NATO », p. 114).
Parallèlement, une ligne de continuité est maintenue : l’adhésion formelle à l’OTAN reste présentée comme incompatible avec le « noyau » de la neutralité suisse (« nicht mit dem Kerngedanken der Neutralität vereinbar », 2025, p. 158). Cette distinction entre adhésion et coopération joue un rôle structurant dans l’évolution du discours.
Pris dans leur ensemble, ces éléments ne traduisent pas une prise de position explicite en faveur d’une intégration à l’OTAN. Ils montrent en revanche une transformation progressive du cadre dans lequel cette question est posée : d’une option clairement rejetée au début de la période, elle devient, sous des formes différenciées, un objet légitime de réflexion et de coopération.
La neutralité : d’un principe central à un cadre adaptable
La neutralité demeure, dans toutes les éditions étudiées, un pilier de l’identité politique suisse. Aucun des rapports ne plaide pour son abandon. C’est un point essentiel : l’évolution observée ne porte pas sur une remise en cause frontale de la neutralité, mais sur sa redéfinition progressive.
En 2020, le rapport la présente encore comme un élément central de la politique étrangère et de sécurité suisse : « Die Neutralität ist ein zentraler Bestandteil der Schweizer Aussen- und Sicherheitspolitik » (p. 113).
Cette formulation inscrit la neutralité dans un cadre classique : elle structure la position internationale de la Suisse et reste liée à l’idée même du « Sonderfall » suisse.
Mais dès 2021, le rapport introduit une nuance importante. Il note que la neutralité peut avoir « une signification moins clairement définie » : « Die Neutralität hat […] eine weniger klar definierte Bedeutung » (p. 160).
La formule est prudente, mais elle ouvre un espace d’interprétation : la neutralité n’est plus seulement un principe évident, elle devient une notion dont le contenu peut varier selon les circonstances.
Les rapports suivants prolongent ce déplacement. La neutralité reste très largement soutenue par la population, mais elle est de plus en plus examinée à travers sa compatibilité avec les réalités contemporaines : sanctions, coopération internationale, sécurité européenne, rapprochement avec l’OTAN. Elle n’est donc pas abandonnée, mais replacée dans un environnement stratégique plus contraignant.
Le rapport 2025 est particulièrement révélateur à cet égard. Il affirme qu’une adhésion à l’Union européenne est, en principe, compatible avec le droit de la neutralité : « Ein EU-Beitritt der Schweiz ist im Grundsatz mit dem Neutralitätsrecht […] vereinbar » (p. 158).
À l’inverse, il précise qu’une adhésion à l’OTAN ne serait pas compatible avec le « noyau » de la neutralité : « Ein NATO-Beitritt der Schweiz [ist] nicht mit dem Kerngedanken der Neutralität vereinbar » (p. 158).
Cette distinction est décisive. Elle ne supprime pas la neutralité, mais elle la découpe : certaines formes d’intégration seraient compatibles, d’autres non. Le principe devient alors moins absolu qu’opérationnel. Il ne sert plus seulement à dire ce que la Suisse est, mais à déterminer quelles formes de coopération restent juridiquement ou politiquement acceptables.
C’est là que se situe le glissement principal : la neutralité demeure un repère, mais elle cesse progressivement d’être un obstacle général à l’ouverture. Elle devient un cadre d’arbitrage, susceptible d’être interprété, ajusté et combiné avec des coopérations internationales plus poussées.
La coopération internationale : de contrainte à nécessité structurante
Parallèlement à l’évolution du discours sur l’OTAN et la neutralité, les différentes éditions de l’« Étude Sécurité » mettent en évidence une montée en puissance continue des notions de coopération internationale et d’interdépendance.
Là encore, le glissement ne tient pas à une rupture brutale, mais à une requalification progressive du cadre dans lequel la sécurité est pensée.
Dès 2021, le rapport souligne qu’un nombre croissant de problèmes ne peuvent plus être résolus au niveau strictement national : « Es gibt eine zunehmende Anzahl von Problemen, welche nicht mehr auf nationalstaatlicher Ebene gelöst werden können » (p. 194).
Cette affirmation constitue un point d’appui important. Elle introduit l’idée que certaines menaces – qu’elles soient sécuritaires, économiques ou technologiques – dépassent par nature les capacités d’un État isolé.
À partir de 2022, dans le contexte de la guerre en Ukraine, cette logique se renforce. La coopération internationale n’apparaît plus seulement comme une option utile, mais comme une réponse nécessaire à un environnement stratégique dégradé. Le rapport insiste sur l’importance de partenariats et de coordinations renforcées face à des menaces devenues plus complexes et plus diffuses.
Les éditions suivantes prolongent cette évolution en structurant davantage le discours. En 2023, la référence à des « alliances de politique de sécurité » (« Sicherheitspolitische Allianzen », p. 151) marque un pas supplémentaire : la coopération n’est plus seulement fonctionnelle, elle s’inscrit dans des cadres organisés, impliquant des partenaires identifiés. En 2024, l’accent est mis sur des « formes concrètes de rapprochement » (« Konkrete Annäherungsformen », p. 143), signe que la réflexion se déplace vers des modalités opérationnelles.
En 2025 et 2026, cette dynamique atteint un stade de normalisation. La « disposition à la coopération internationale » (« Bereitschaft zu […] internationaler Kooperation », p. 149) est présentée comme un élément structurant du positionnement suisse, et la coopération sécuritaire – notamment avec l’OTAN – devient un axe central de la réflexion stratégique (« Fokus […] auf […] Kooperation mit der NATO », 2026, pp. 113).
Ce mouvement ne traduit pas une injonction explicite à l’intégration, mais il modifie en profondeur la manière dont la sécurité est envisagée. Ce qui relevait encore, au début de la période, d’une contrainte liée à la complexité du monde devient progressivement un cadre de référence. La coopération n’est plus simplement nécessaire dans certains cas : elle tend à apparaître comme la condition même d’une politique de sécurité crédible dans un environnement marqué par l’interdépendance.
Ce que ces évolutions permettent de dire, avec prudence
L’analyse des rapports publiés entre 2020 et 2026 met en évidence des évolutions réelles dans la manière dont certaines notions centrales – neutralité, coopération internationale, relations avec l’OTAN – sont abordées. Ces évolutions sont documentées, progressives et cohérentes dans le temps.
Il convient toutefois de rappeler d’emblée que ces rapports reposent sur une base méthodologique solide. Les données issues des enquêtes d’opinion sont présentées avec rigueur, et rien n’indique qu’elles soient biaisées ou orientées dans leur collecte. À ce titre, l’« Étude Sécurité » demeure un outil sérieux et utile pour comprendre l’état de l’opinion publique en Suisse.
En revanche, au-delà des données elles-mêmes, la manière dont elles sont formulées, organisées et mises en perspective appelle une lecture attentive. L’évolution observée ne tient pas uniquement aux réponses des sondés, mais aussi aux catégories à travers lesquelles ces réponses sont recueillies et interprétées.
Plusieurs éléments convergents peuvent être relevés.
D’une part, le vocabulaire employé évolue. Des termes comme « adhésion » ou « rejet », présents dans les premières éditions, cèdent progressivement la place à des notions telles que « coopération », « rapprochement » ou « formes concrètes ». Ce déplacement lexical ne modifie pas seulement le ton du discours : il modifie le champ des options discutées.
D’autre part, certaines distinctions structurantes apparaissent. La séparation entre adhésion formelle et coopération opérationnelle, notamment en ce qui concerne l’OTAN, permet d’introduire des scénarios intermédiaires qui n’étaient pas explicitement formulés auparavant. De même, la neutralité est de plus en plus envisagée non comme un bloc homogène, mais comme un ensemble de principes dont certains aspects peuvent être conciliés avec différentes formes d’intégration.
Enfin, la montée en puissance des notions d’interdépendance et de coopération internationale tend à redéfinir le cadre général de la réflexion. En insistant sur les limites de l’action strictement nationale, les rapports contribuent à installer l’idée que certaines formes de coopération ne relèvent plus d’un choix, mais d’une nécessité.
Pris isolément, chacun de ces éléments peut apparaître comme une simple adaptation au contexte international. Pris ensemble, ils dessinent une évolution plus structurante : le cadre dans lequel les questions de politique de sécurité sont posées se transforme progressivement.
Il ne s’agit pas d’affirmer que ces rapports dictent une orientation politique déterminée. Mais ils participent, par la manière dont ils présentent les options et organisent les catégories d’analyse, à définir ce qui apparaît comme raisonnable, envisageable ou, au contraire, marginal dans le débat public.
Un glissement sémantique à surveiller
La lecture croisée des éditions de l’« Étude Sécurité » publiées entre 2020 et 2026 ne révèle pas de rupture brutale ni de prise de position explicite en faveur d’une orientation particulière de la politique de sécurité suisse. Les constantes demeurent : attachement à la neutralité, prudence institutionnelle, importance accordée à la stabilité et il serait excessif d’y voir la prescription d’une intégration directe de la Suisse dans un cadre euro-atlantique.
Elle met en évidence, en revanche, une évolution plus discrète mais continue dans la manière dont certaines questions sont posées. Le vocabulaire se transforme progressivement, les distinctions se précisent, et des options autrefois marginales trouvent peu à peu leur place dans le champ des scénarios envisagés.
Ce type de déplacement n’est pas spectaculaire, il s’opère par ajustements successifs, souvent techniques, qui finissent par redéfinir les contours du débat. À mesure que les mots évoluent, les catégories changent, et avec elles, la manière dont certaines options stratégiques peuvent être envisagées. C’est en cela que ces rapports méritent d’être lus attentivement, non seulement pour ce qu’ils mesurent, mais pour la manière dont ils déplacent, par touches successives, le périmètre du pensable. Ce qui relevait hier du rejet devient discutable, puis envisageable, avant d’entrer dans le champ des options sérieuses : sans rupture apparente, mais avec des effets bien réels sur la manière dont se construit, progressivement, le débat en matière de politique de sécurité.

L’écho médiatique de ces rapports ne se contente pas d’en relayer les résultats. En en proposant une lecture plus directe et plus homogène, il participe à banaliser certaines évolutions et à les inscrire, peu à peu, dans l’horizon du raisonnable. Capture d'écran : Google.
Annexes
Évolution du cadrage autour de l’UE
| Année | Page | Formulation | Traduction française | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | p. 113 | « Ein Beitritt zur Europäischen Union (EU) kommt […] für Personen in Frage, welche der Neutralität einen geringeren Wert beimessen. » | « Une adhésion à l’UE concerne plutôt ceux qui accordent moins d’importance à la neutralité. » | UE associée à une perte de neutralité |
| 2021 | p. 194 | « Probleme […] nicht mehr auf nationalstaatlicher Ebene lösbar. » | « Des problèmes ne peuvent plus être résolus au niveau national. » | Préparation intellectuelle à l’intégration |
| 2023 | (section coopération) | « Internationale Zusammenarbeit » | « Coopération internationale » | UE intégrée dans un cadre plus large (moins explicitement nommée) |
| 2025 | p. 157-158 | « Ein EU-Beitritt […] ist […] mit dem Neutralitätsrecht vereinbar. » | « Une adhésion à l’UE est compatible avec le droit de la neutralité. » | Basculement majeur : compatibilité actée |
| 2026 | (logique générale) | « Kooperation mit europäischen Partnern » | « Coopération avec des partenaires européens » | UE normalisée comme environnement naturel |
Évolution du terme « Neutralität »
| Année | Page | Formulation | Traduction française | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| 2020 | p. 113 | « Die Neutralität ist ein zentraler Bestandteil […] » | « La neutralité est un élément central […] » | Principe structurant |
| 2021 | p. 159 | « […] eine weniger klar definierte Bedeutung » | « […] une signification moins clairement définie » | Début de relativisation |
| 2022 | (ensemble du rapport) | Neutralität confrontée à nouvelles menaces | Neutralité mise sous pression | Passage du principe à l’outil |
| 2024 | (analyses OTAN) | Neutralität im Kontext internationaler Kooperation | Neutralité dans un cadre coopératif | Recontextualisation |
| 2025 | p. 158 | « […] nicht mit dem Kerngedanken der Neutralität vereinbar » | « […] pas compatible avec le noyau de la neutralité » | Neutralité réduite à un “noyau” |
| 2026 | (logique globale) | Neutralität + Kooperation kombinierbar | Neutralité combinable avec coopération | Neutralité devenue modulable |
Évolution du concept « Interdependenz / coopération »
| Année | Page | Formulation | Traduction française | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| 2021 | p. 192 | « Probleme […] nicht mehr auf nationalstaatlicher Ebene lösbar » | « Problèmes non résolubles au niveau national » | Introduction du post-national |
| 2022 | p. 18 | « A majority of the population continues to support soft forms of cooperation without institutional ties… » | « Une majorité de la population continue de privilégier des formes de coopération souples, sans liens institutionnels… » | Affirmation claire du principe de neutralité avec coopération limitée, volontaire et surtout non structurante |
| 2023 | p. 150 | « Sicherheitspolitische Allianzen » | « Alliances de sécurité » | Structuration en blocs |
| 2024 | p. 143 | « Konkrete Annäherungsformen » | « formes concrètes de rapprochement » | Passage au concret |
| 2025 | p. 149 | « Bereitschaft zu […] internationaler Kooperation » | « disposition à la coopération internationale » | Normalisation |
| 2026 | p. 114 | « Fokus […] auf […] Kooperation mit der NATO » | « Accent sur la coopération avec l’OTAN » | Centralité stratégique |

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