Rome (Italie) : dans le quartier du Quarticciolo, la guerre entre mafieux italiens liés à la Camorra et à la ’Ndrangheta et dealers tunisiens fait rage

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Deux jeunes Tunisiens ont été secourus hier soir sur le Viale Palmiro Togliatti après avoir, selon leurs dires, été blessés par balle par des individus à bord d’une voiture qui ont ensuite pris la fuite. Un autre jeune homme a été blessé par balle vendredi soir dans un quartier où l’on trafiquait de la drogue.

Des coups de feu pour tuer. L’ombre d’une guerre entre gangs de trafiquants de drogue plane sur Quarticciolo. Trois personnes ont été blessées en quelques jours seulement, dont deux grièvement. Toutes sont originaires d’Afrique du Nord, l’une d’elles est de nationalité italienne. Les deux derniers incidents se sont produits la nuit dernière : un couple d’une trentaine d’années a été hospitalisé après avoir été pris pour cible Viale Palmiro Togliatti.

Les carabiniers enquêtent sur cette double fusillade. L’une des victimes, touchée à l’abdomen, a été admise à l’hôpital polyclinique de Tor Vergata ; son pronostic est réservé. L’autre s’est présentée seule aux urgences de l’hôpital polyclinique de Casilino, blessée par balle au bras. Son rétablissement est prévu dans dix jours.

Les victimes ont déclaré aux enquêteurs des carabiniers avoir été touchées par des balles tirées par des individus à bord d’une voiture, qui ont ensuite pris la fuite à vive allure. Les carabiniers de la caserne de Casilina mènent l’enquête afin de reconstituer les faits et de vérifier la version des deux blessés, notamment grâce à l’analyse des images de vidéosurveillance.

L’hypothèse d’un lien entre ces deux blessures et le redéploiement de réseaux de trafiquants de drogue dans ce quartier n’est pas exclue. Les récentes opérations policières, le projet de réaménagement lié au décret Caivano et la visite du pape Léon XIV le 1er mars pour rencontrer les habitants ont mis en lumière la situation dans l’un des quartiers les plus difficiles de Rome.

Ceci est également confirmé par la fusillade survenue vendredi soir dernier via Ostuni, au cours de laquelle un autre Italo-Tunisien de 23 ans a été hospitalisé dans un état critique après avoir été touché par balle. Cette attaque, qui semble relever du règlement de comptes mafieux, fait l’objet d’une analyse conjointe avec les événements de la nuit précédente.

Corriere

L’hypothèse d’une embuscade est la plus probable concernant les blessures par balle infligées à deux ressortissants tunisiens sur le Viale Palmiro Togliatti, dans le quartier de Centocelle. Cet incident rappelle étrangement ce qui s’est passé vendredi soir dernier à Quarticciolo, non loin de là, où un Italien d’origine tunisienne de 23 ans a été blessé par balle . Les enquêteurs s’efforcent désormais de déterminer si cette série de violences est liée à un règlement de comptes dans la banlieue romaine.

L’incident s’est produit vers 0h30 lorsqu’un Tunisien de 40 ans a été blessé par balle à la poitrine et à la jambe au numéro 737 du Viale Palmiro Togliatti. Secouru par une patrouille de carabiniers, il a été transporté en ambulance à l’hôpital San Giovanni, où son pronostic vital n’est pas engagé. La victime a déclaré avoir été percutée par une voiture.

Peu après, vers 1 h du matin, les ambulanciers de l’hôpital de Casilino ont alerté les carabiniers car un deuxième Tunisien de 35 ans s’était présenté aux urgences, blessé par balle au bras. Sorti de l’hôpital avec un pronostic de dix jours, il a donné une version vague des faits, affirmant avoir été touché par des inconnus à quelques mètres de l’endroit où le premier homme avait été blessé.

Les carabiniers de la caserne de Rome Casilina mènent une enquête, notamment en exploitant les images des systèmes de vidéosurveillance locaux afin d’établir les circonstances de l’incident, d’identifier les auteurs et, surtout, de déterminer si les deux blessures sont liées. Les enquêteurs de la 7e section technique et scientifique de l’unité d’enquête de Rome se sont également rendus sur les lieux et ont procédé à une inspection.

Bien que cela reste une hypothèse, les deux embuscades survenues dans le quartier de Quarticciolo pourraient s’inscrire dans une guerre criminelle pour le contrôle des plaques tournantes du trafic de drogue. Les embuscades, les blessures et les fusillades ne sont pas rares dans l’est de Rome, l’un des centres névralgiques du trafic de drogue de la capitale. Depuis des années, une sorte de jeu d’échecs se joue ici, opposant les criminels romains – liés à la Camorra et à la ‘Ndrangheta – impliqués dans le trafic de drogue aux Nord-Africains, traditionnellement impliqués dans le trafic au détail de rue.

Ces jeunes arabes, certains mêmes italiens de deuxième génération, sont pour la plupart le dernier maillon de la chaîne, et aspirent à une ascension sociale fulgurante. Leurs ambitions sont alimentées par de nombreuses arrestations et enquêtes policières qui, ces dernières années, ont permis de démanteler de véritables organisations criminelles contrôlant les plaques tournantes du trafic de drogue du Quarticciolo. Ces jeunes tunisiens, égyptiens, marocains et algériens, se heurtent presque toujours à de violentes représailles. En effet, plusieurs incidents sanglants ont été rapportés ces dernières années, opposant des Italiens à des Nord-Africains. Malgré des mois d’impasse, les embuscades et les représailles persistent dans le quartier. Les trois blessés de ces dernières heures pourraient être liés à cette dynamique criminelle.

Roma Today

(Merci à Titus)

 

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