Ce n’est pas un phénomène nouveau : Genève est depuis longtemps connue pour être un haut lieu de la consommation de stupéfiants. Déjà en 2016, une étude européenne sur la consommation de cocaïne plaçait la ville au septième rang parmi 50 villes issues de 18 pays européens.
Depuis, le sujet revient régulièrement dans le débat public. En 2024, une nouvelle étude révélait que la consommation de cocaïne y avait plus que doublé en près de dix ans. Quant au cannabis, Genève était devenue la ville la plus consommatrice de Suisse et l’une des principales d’Europe, se classant huitième.
Moins de drogue à Genève ?
Dernièrement, le bilan policier semblait toutefois montrer une certaine diminution du trafic et se voulait rassurant, sans pour autant tomber dans un optimisme naïf.
« En 2025, 1 693 opérations ont été menées contre le deal de rue, aboutissant à 2 930 interpellations, 745 arrestations et 556 contraventions », détaillait ainsi le chef de la police judiciaire, Richard Boldrini, en mars dernier.
Le bilan apparaissait globalement positif : les infractions liées aux stupéfiants ont reculé de 11 %, passant de 4 527 à 4 016 en un an. Le trafic aurait diminué de 15 %, la consommation de 10 % et les infractions de rue de 10,4 %.
Un chiffre inquiétant
Mais le rapport d’activité 2025 de la police municipale, publié cette semaine, semble offrir une autre lecture de la situation.
En effet, alors même que le rapport indique une baisse de 28 % des contraventions dans le domaine de la sécurité publique par rapport à 2024, les contraventions liées aux stupéfiants ont bondi de 43 % en un an.
Un chiffre qui peut être interprété de deux façons, d’ailleurs complémentaires : il témoigne à la fois de l’efficacité accrue des agents dans la lutte contre ce fléau, mais aussi de l’ampleur persistante de la diffusion du trafic au sein de la population.
Le travail qui attend les forces de l’ordre et la justice reste donc immense.

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