Contre la démocratie dirigée par les médias

Contre la démocratie dirigée par les médias

Robert Nef, Oct. 2021

Lorsque les entreprises publiques de services ont besoin d’une « information client » permanente en tant que « service public », l’information gouvernementale se rapproche de la propagande d’État. La citoyenne et les citoyens sont « accompagnés de manière communicative », si possible du berceau à la tombe, d’une armée de responsables de la communication bien formés et bien connectés aux médias à Berne. Les personnes financées par les contribuables ont pour mission de les informer en tant que citoyens de manière à ce qu’ils partagent finalement l’opinion majoritaire au sein du gouvernement. On annonce alors de manière triomphale que l’opinion du Conseil fédéral ou du Conseil de gouvernement s’est une fois de plus imposée, précisément parce qu’elle incarne la seule chose raisonnable.

Les divergences d’opinion sont, le plus souvent massivement réduites, repoussées dans les rubriques lettres de lecteurs, dans des produits de niche de la publication où les dissidents s’agitent, et la distinction entre les contributions sérieuses et les faux devient de plus en plus difficile. Heureusement, dans une démocratie directe, il y a encore des exceptions. Il arrive qu’un « peuple têtu » refuse l’allégeance au gouvernement et à ses porte-parole médiatiques. Du côté du gouvernement, on dit alors que l’on a communiqué trop peu ou insuffisamment et que la propagande des opposants au gouvernement a été menée avec trop d’efforts financiers et populistes-propagandistes.

Les médias ne sont pas un « service public », mais un élément essentiel d’une société civile fondée sur les principes d’ouverture, de diversité et d’autonomie privée. La liberté des médias n’est garantie que si les médias sont également financièrement indépendants du Trésor public et de l’État en tant qu’employeurs. Pour les magazines autofinancés, il est difficile d’observer que d’autres magazines, par exemple par des offices fédéraux ou des universités, sont édités par des employés de l’État (pendant les heures de travail), puis recours à des fonds publics et même, dans certains cas, à un grand distributeur de non-abonnés sans port.

L’État libéral démocratique ne devrait pas avoir une influence institutionnalisée dans le domaine de l’information, ni par le biais de monopoles, ni de quasi-monopoles, ni de compétences en matière de subventions. Le corporatisme, c’est-à-dire l’interaction organisée entre l’État et l’économie, conduit à une prééminence du système politique, notamment dans le domaine des médias et de la culture. L’État est également perçu dans les médias comme un « ami et un assistant », comme un éducateur, comme un promoteur et comme un sauveur dans le besoin. C’est particulièrement dangereux pour les entreprises des médias en difficulté économique. Il en résulte une sorte de partialité qui porte atteinte à la critique permanente du pouvoir de l’État, indispensable à une société libre ouverte.

 

Robert Nef, lic. iur. est publiciste et vit à Saint-Gall. Il a dirigé le Liberales Institut pendant 25 ans et a été rédacteur en chef du "Schweizer Monatshefte". Il a présidé la Fondation pour l'éthique et la culture occidentales jusqu'en 2016. Pendant 20 ans, il a été président honoraire de la fondation "Ostschweizer Kinderspital". Il a reçu des prix de diverses organisations pour son engagement en faveur des valeurs libérales.

 

 

 

4 commentaires

  1. Posté par Jandur le

    Mot-clé: discrimination.
    A ajouter en clair, en creux ou manquant dans mon commentaire précédent:
    ce « Grand-Genève » permet la discrimination institutionnalisée du citoyen Helvète,
    et autorise l’ostracisme (emploi + salaires) du contribuable résidant en Suisse qui doit financer les ressources (obligations d’emploi et de libre circulation) et développement (cf. transports: CEVA, Leman Express, & Cie) de ces départements frontaliers Français, qui d’ex-agricoles aux rares emplois en petites entreprises, sont devenus les dpts les plus riches de France, au taux de chômage le plus bas – paramètres qui en font des aspirateurs à dépendants sociaux (cf dealers, toxicos, voleurs, faux réfugiés, faux mineurs, violences de jeunes délinquants), qui se déversent (tram Annemasse-centre-Perrier, financé par la CH et GE) à Genève.

  2. Posté par Jandur le

    Quid du « GRAND-GENEVE »? De sa « création » & du rôle politique intrusif du média Tribune de Genève.
    Participation déterminante à l’existence-même de ce GG, rôle politique, influenceur, électoraliste, de la Tribune de Genève / média orienté exclusif pro-74 pro frontaliers :

    – Organisation à répétition de tribunes tenues par la TdG, à Annemasse, à Gaillard, à l’unige; séries d’éditoriaux, d’interview de personnalités politiques, suites d’articles aux commentaires opposés censurés, sous l’aune de l’unique objectif affiché de Tamedia: le soutien exclusif de ce Grand-Genève pro-frontaliers,

    2021, entre autres conséquences auxquelle a contribué ce média, aux actionnaires majoritaires Français, imposé aux Genevois et électeurs Romands durant les phases des bilatérales 2002-2004-2006:

    – le nombre de frontaliers à triplé ces dernières années; les détenteurs de passport français résidant à Genève sont devenus le groupe d’étrangers le plus important de notre Canton-République; Canton où
    – le nombre d’actifs quincas qualifiés licenciés/ renvoyés en emploi précaire contraint, a explosé,
    – la dette a explosé,
    – les services sociaux ont explosé leurs budgets, sont débordés de demandeurs aux besoins financiers incontrôlés, et les délibérations municipales volent /pardon votent à tour de bras de nouveaux financements, dont issus de donations dédiées à rentiers Genevois nécessiteux;

    – tandis que l’afflux de populations diverses via ce Grand-Genève n’a produit que manques, qui s’accumulent et s’aggravent en tous domaines: salaires, logement, places de stages, d’écoles, de crèches, difficultés d’accès à l’emploi des jeunes et des quadras licenciés, etc, la liste est trop brève,
    dans l’exposé du remplacement actuellement effectif de la populationn d’indigènes Suisses, dans les DRH, au sein de nos institutions, dans notre corpus d’élus.

    Tandis que ce « grand-Genève » est:
    – pour les Français, une entité juridique, en phase 3 de consolidation, de droit Européen (sur quoi se basent les assoces Françaises « trans-frontalières » d’abonnés);

    – alors que pour moi comme pour je l’espère, les quelques derniers de mes concitoyens Helvètes, ce grand-Genève n’est qu’ une création hors-sol car jamais entérinée démocratiquement par le peuple Suisse (selon nos 2 Constitutions),

    n’est essentiellement qu’un organe d’entente entre élus (org. subventionné par l’UE) au service d’entreprises privées, qui avant trop tard (phase 4) doit urgemment faire l’objet d’une votation cantonale.
    Ce qui parait improbable, au vu des intérêts défendus par ces médias règnant en Suisse romande.

  3. Posté par miranda le

    aujourd’hui, on peut constater que dans les médias, il n’ y a plus aucun, mais aucun tabou et que jeter de l’huile sur le feu devient pratique courante.

    Exemple : Jean Quatremer quand-même journaliste de haut niveau, qui va au delà du délire :
    https://vk.com/jacob44?z=video464130704_456240911%2Fc0bbc0d3540d0b171e%2Fpl_wall_464130704

    Que se passe-il soudain chez ces journalistes très compétents, tels Quatremer, la hussarde Caroline Fourest pour se fourvoyer à ce point ? Sont-ils devenus des valets rampants?

    En leur temps certains artistes d’Hollywood s’étaient associés et avaient crée leur propre compagnie. Comment nos meilleurs journalistes ont-ils pu oublier qu’on peut être indépendants si on le veut.

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