Après les élections en France et en Allemagne, l’UE va relancer (sous un autre nom) le projet de quotas de migrants obligatoires

Les bureaucrates de Bruxelles semblent être certains d’un glissement électoral vers la gauche dans les plus grands États membres européens, après quoi il sera temps de remettre sur la table les quotas obligatoires de migrants.

23 septembre 2021 - Daniel Deme - Remix News

Le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a révélé que les Etats membres devaient parvenir à un accord final concernant le Pacte européen pour l’immigration et l’asile dévoilé il y a un an. Il a déclaré: «Nous sommes très proches des élections allemandes, et peu après, nous aurons un processus de plusieurs mois pour former un gouvernement qui coïncidera essentiellement avec la campagne électorale pour l’élection présidentielle française.»

Le commissaire estime qu’«immédiatement après les élections françaises, nous entrerons dans un processus très rapide de convergence et d’accord final.» Selon lui, «le moment, l’élan politique pour cet accord, c’est maintenant.»

Schinas qualifie d’«europhobes» tous ceux qui pourraient s’opposer à l’accord, affirmant que les partis d’extrême droite ne veulent que des frontières et que les partis de gauche ne veulent pas de frontières du tout. En substance, le commissaire considère le pacte sur les migrations comme une solution intermédiaire raisonnable pour lutter contre le franchissement illégal des frontières, avec «le bon dosage entre contrôle et protection des frontières d’une part, mais aussi humanité et asile d’autre».

Mais est-ce vraiment le cas?

Le Danemark a récemment introduit une nouvelle législationqui oblige les migrants à soumettre leur demande d’asile soit dans le premier pays sûr qu’ils atteignent, soit dans leur pays d’origine. Le Danemark prévoit également d’introduire des centres d’asile dans des pays tiers, où tous les requérants seront placés en attendant la réponse de l’État danois. Étonnamment, la législation a été proposée par les sociaux-démocrates danois de gauche, et leur principal argument était très similaire à celui du commissaire, à savoir des contrôles adéquats aux frontières et une approche humaine des personnes ayant besoin de protection. Pourtant, lorsqu’on l’a interrogé sur la loi danoise, M. Schinas l’a rejetée en déclarant que l’Europe ne pouvait «sous-traiter ses problèmes à d’autres».

La Première ministre danoise Mette Frederiksen dirige un gouvernement de gauche axé sur une politique anti-immigration stricte, mais son objectif d'avoir « zéro demandeur d'asile » au Danemark ne serait sans aucun doute jamais atteint si le Pacte européen pour les migrants devenait la politique officielle de l'UE. (John Thys/AP)

Dès lors, comment la Commission et le gouvernement danois - deux entités qui prétendent lutter pour des frontières sûres tout en offrant une prise en charge adéquate aux personnes dans le besoin - ont-ils pu proposer une solution aussi diamétralement opposée?

Le pacte sur les migrations proposé par M. Schinas traiterait toutes les demandes d’asile à l’intérieur des frontières de l’UE et répartirait les demandeurs entre les États membres pendant qu’ils attendent une décision. Et même si, dans le cadre du système d’asile libéral de l’UE, certains verront sans doute leur demande rejetée, il n’existe actuellement aucun mécanisme efficace ni aucun système juridique viable en Europe pour contraindre les demandeurs d’asile déboutés et les migrants économiques à retourner dans leur pays d’origine. Le nombre de migrants illégaux renvoyés après le rejet de leur demande est négligeable, un échec qui n’est pas limité aux pays de l’UE. La Grande-Bretagne, par exemple, n’a pas réussi à renvoyer un seul «migrant de la Manche» depuis que les traversées illégales depuis la France ont commencé il y a quelques années.

Un navire des forces frontalières prend en charge un groupe de personnes considérées comme des migrants pour les amener dans la ville portuaire de Douvres, en Angleterre, le samedi 8 août 2020. Le gouvernement britannique a déclaré qu'il renforcerait les mesures frontalières alors que le temps calme de l'été semble l'avoir incité un nombre record de personnes à tenter la traversée maritime risquée à bord de petits bateaux, du nord de la France à l'Angleterre. (Photo AP/Kirsty Wigglesworth)

L’autre détail notable de la déclaration de M. Schinas est sa conviction que le moment est venu de lancer le Pacte sur les migrations et qu’il devrait être introduit en avril. Il est clair qu’à ses yeux le résultat des élections en France et en Allemagne est déjà acquis, avec l’arrivée au pouvoir de partis pro-UE et pro-migrants. M. Schinas mise sur la victoire de la gauche aux élections françaises d’avril, mais il pense sans doute aussi qu’avec le départ d’Angela Merkel en Allemagne et l’arrivée au pouvoir d’un chancelier social-démocrate (SPD) d’extrême gauche, aucune force de modération ne pourra plus empêcher la Commission de contraindre les pays d’Europe centrale et orientale, opposés aux quotas de migrants, à accepter le pacte contre leur gré.

Si, en Hongrie, la coalition de gauche et d’extrême droite devait vaincre le gouvernement de Viktor Orbán en avril 2022, la Commission n’aurait plus à traiter qu’avec des opposants moins virulents au pacte.

Schinas semble également bien conscient que l’immigration est un sujet brûlant pour les prochaines élections, notamment en France, où la grande majorité de la populationest opposée à l’accueil de nouveaux migrants. Toute action de l’UE en faveur du pacte européen sur les migrations pourrait être utilisée contre les candidats favoris de l’UE lors des prochaines élections nationales. Par exemple, la Française Marine Le Pen s’est fermement prononcée contre le projet de pacte sur les migrations, le qualifiant de «suicide de l’Europe» qui permettrait à 75 millions de migrants supplémentaires de s’installer sur le continent. Bruxelles attend donc le bon moment pour faire passer le pacte - après les élections - et les citoyens n’auront plus leur mot à dire.

Dans cette photo d'archive du 19 mai 2021, des mineurs non accompagnés xqui sont entrés en Espagne sont assis à l'extérieur d'un entrepôt utilisé comme abri temporaire en attendant d'être testés pour le Covid-19 dans l'enclave espagnole de Ceuta, près de la frontière entre le Maroc et l'Espagne. En vertu du nouveau pacte migratoire de l'UE, les migrants devraient être répartis dans toute l'Europe via des quotas pendant en attendant la décision sur leur demande d'asile. (AP Photo/Bernat Armangue, Dossier)

Pour Viktor Orbán, la Commission européenne a beau tenter de rebaptiser les «quotas de migrants» en un «pacte sur les migrations», il ne s’agit toujours que de quotas, une politique à laquelle le gouvernement hongrois s’oppose avec véhémence.

Source :After elections in France and Germany, EU will introduce ‘repackaged’ compulsory migrant quotas - Remix.news

Traduction libre Albert Coroz pour LesObservateurs.ch

Voir aussi :
Viktor Orbán: « On a beau changer leur nom, les quotas restent les quotas » (24.09.2020)
Le pacte migratoire de nouveau sur la table, le V4 s’y oppose (26.09.2020)
Quelques mots sur le nouveau pacte sur la migration de l’UE (24.02.2021)

 

Un commentaire

  1. Posté par Gub le

    Et pour les migrants pas de sanitärAusweis?
    Nein verboten!!!! Zeulement boue les schweine européens!
    Magnifique.
    Big pharma à fait mieux que le Covid et le vaccin bidon. Ils ont inventé le MOUGEON! Croisement subtil et sublime d’un mouton et d’un pigeon. La nouvelle race d’idiots qu’est devenu l’homme. Un régal pour les vomissures corrompues qui reçoivent des ordres d’en haut et qui croient encore qu’il feront partie du voyage mondialisation. A vomir la gauche!

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