Médias.Nouvelles des campagnes pour et contre «No Billag»

Cenator : Alors que la campagne contre l’initiative « No Billag » bat son plein à l’unisson dans tous les médias romands, une lueur d’espoir vient de la Suisse alémanique :

24 heures, 19.12.2017 : « Le feu «No Billag» s'étend en Suisse alémanique »

Des sénateurs inquiets interpellent le Conseil fédéral sur la SSR. Cette dernière est passée au lance-flammes dans la NZZ.

« Un champ de ruines.» Voilà ce que craint Beat Vonlanthen le 4 mars quand les Suisses se prononceront sur l’initiative «No Billag». Le conseiller aux États (PDC/FR) est un opposant résolu à ce texte qui veut supprimer la redevance obligatoire en faveur des radios-TV publiques (SSR) et de stations privées. Mais il juge la situation actuelle explosive. Il vient de déposer une interpellation, cosignée avec des sénateurs de tous bords politiques, où il tire la sonnette d’alarme. «Il faut que le Conseil fédéral agisse maintenant, sinon on court à la catastrophe. Il n’y a pas de plan B si l’initiative passe.» Quel est le problème selon lui? Il voit trois foyers d’opposition principaux en Suisse alémanique: les jeunes qui ne veulent pas d’une redevance obligatoire et forfaitaire, l’USAM qui relaie le mécontentement des entreprises, dont certaines seront davantage taxées, et les éditeurs qui critiquent fortement l’emprise de la SSR sur Internet et sur le marché publicitaire.

[...]

«Ce n’est pas parce que la Suisse médiatique provoque des maux de tête en raison de la proéminence de la SSR qu’il faut la décapiter.»

[...] De l’autre côté de la Sarine, pourtant, l’incendie «No Billag» s’étend. Samedi dernier, c’est le rédacteur en chef de la NZZ, Eric Gujer, qui passait au lance-flammes la SSR. Le titre de son édito claque à la une: «La Suisse n’a pas besoin de médias d’État.» Il dépeint la SSR en «dinosaure» de la guerre froide, qui essaie de nous persuader que l’évolution n’existe pas. Il s’en prend ensuite à la gauche et à Doris Leuthard qui veulent prendre le contrôle des médias privés en les subventionnant, tout en assurant une place disproportionnée à la SSR et à ses satellites.

L’article a provoqué une déflagration sur les réseaux sociaux. Et ce n’est pas tout. Le directeur de la SSR, Gilles Marchand, avait été épargné jusque-là. [...]

https://www.24heures.ch/suisse/feu-no-billag-s-etend-suisse-alemanique/story/28592346

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Pendant ce temps, dans le courrier des lecteurs de 24 heures, les avis publiés sont tous contre l’initiative.

Lundi 18 décembre, sous le titre « Curieuse logique » c’est l’illogisme de Nicolas Jutzet qui est épinglé. Le peuple suisse a bien rejeté l’initiative « Vache à lait » par solidarité entre la route et le rail, alors la solidarité est aussi indispensable pour la redevance, estime le lecteur. « C’est le prix abordable de la liberté d’une cohésion nationale indispensable [...] » Signé Martial Chevalley, Grange (Veveyse).

Deuxième supporteur de la redevance, signé Marcel Gyger de Lausanne. « Naïf ou cynique ? » [...] « Ce que « No Billag » veut, c’est la privatisation d’un bien commun et l’accès à nos comportements privés, rien de plus, rien de moins. » [...]

Le troisième militant, Florenzo Lori, PDC, Prilly : « Non à l’uniformisation de l’information » (Cenator vous laisse deviner le contenu de la missive en donnant un petit indice : c’est un cas grave.)

La 4e lettre défendant le Non à cette initiative s’intitule : « Une suppression catastrophique », de Jean Lugrin, Les Diablerets.

Monsieur Lugrin n’est pas un cas irrécupérable. Il se dit libéral convaincu, « mais on a vu le résultat avec la Poste, fief pourtant socialiste ».Nos PTT étaient considérés comme les meilleurs du monde. On voit ce que c’est devenu. Une organisation mercantile antisociale. » [...]

Cenator : Ceci mérite quelques commentaires. La Poste n’est pas « mercantile antisociale » parce qu’elle est privatisée. Ce sont plutôt d’autres facteurs qui donnent ce résultat, comme le manque de concurrence. De plus, les PTT ne sont pas un organe de propagande, ils n’infestent pas le cerveau de la population. Il n’y a donc pas de comparaison possible.

Le 19 décembre, toujours dans le courrier des lecteurs de 24 heures, deux lettres sont consacrées à combattre l’initiative contre la redevance :

« Erreur et « Fake News » », par Isabelle Graesslé. La majorité des radios et TV de l’UE sont financées par l’argent public. La BBC est financée à hauteur de 80% par les fonds publics. Et tralala sur la cohésion nationale.

Courrier suivi par « Avec « No Billag »,  une télé moins suisse et plus américanisée ». Signé Werner Blum d’Échelles. « Soyons honnêtes, une éventuelle victoire de « No Billag » ne va pas faire disparaître la RTS. Seulement elle devrait renoncer à produire une partie de ses émissions propres et avoir davantage recours à des séries étrangères » [...] Il est curieux de constater que ceux qui s’autoproclament volontiers défenseurs exclusifs de l’identité suisse militent en faveur de cette dégradation du paysage culturel typiquement helvétique. Mais tout cela n’est finalement qu’une histoire de gros sous. » [...]

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Quant aux socialistes, ils mettent les bouchées doubles pour sauver leur principal organe de propagande, un organe de propagande qui ne leur coûte pas un sou.

17 décembre : Oui à «No Billag»: c’est tous les médias qu’on assassine!

par Géraldine Savary, conseillère aux États (PS/VD)

[...] Quel gâchis, si nous en arrivions là! En premier lieu pour la SSR bien sûr, condamnée à disparaître. Pour les chaînes et radios privés, à qui on tirerait brutalement la prise. Mais aussi pour tous les médias dont le modèle économique est en bout de course qui souhaitent continuer à faire de l’information de qualité! Car le débat sur l’initiative «No Billag» arrive justement au moment même où le Conseil fédéral et le Parlement réfléchissent à un nouveau système de financement des médias. Enfin! Qui prévoit une aide directe, par le biais d’une redevance sur les médias, à des journaux, radios et télévisions offrant des contenus de qualité, assurant diversité, innovation, représentation des régions linguistiques. Il est donc probable que dans le futur, la redevance serve non seulement à faire vivre les acteurs médiatiques tels que la SSR et les trente-cinq radios et télévisions privées mais aussi tout canal d’information soucieux de faire vivre la diversité des opinions, des cultures et des régions.

Dans ce débat sur l’initiative «No Billag» on se focalise sur la SSR. C’est facile. [...]

http://lecercle.bleublog.lematin.ch/archive/2017/12/17/oui-a-no-billag-c-est-tous-les-medias-qu-on-assassine-1256110.html

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Puis le 20 décembre, nous avons un petit avant-goût ce que cuisinent le Conseil fédéral et le Parlement sur un nouveau système de financement des médias.

Berne – Le cadre de la SSR discuté

L’autorisation de diffuser à la SSR doit être renouvelée pour 2019-2022. Un projet vient d’être mis en consultation.

Doris Leuthard lance sa proposition de nouvelle concession. Le texte renforce les bases du mandat du service public de la SSR dans tous les domaines, [...].

Les dépenses consacrées à l’information devraient se monter à au moins 50% des recettes provenant de la redevance. [...]

Les nouvelles technologies devraient aussi permettre à la SSR de rajeunir son public, les jeunes délaissent les médias classiques au profit du web.[...]

Source : 20 minutes, 20décembre 2017, ATS

Sur cette proposition de nouvelle concession, voir aussi :

https://www.24heures.ch/suisse/no-billag-coule-missions-ssr/story/31518789

8 commentaires

  1. Posté par Antoine le

    La désinformation de la RTS (Radio TV Socialiste) continue !
    Hier soir (27.12) lors de la revue des événements de l’année 2017, Martina Chyba nous parle de la votation du 4 mars prochain concernant no billag. Elle nous montre un écran  »neigeux » !
    Que cela fait du bien ! Plus de désinformation et de la propagande bolchévik ! Ouf !

  2. Posté par OFF le

    NO-BILLAG A UN ATOUT A FAIRE JOUER SUR GENEVE. Vous savez que Segond (ne soyez pas homophobe!) a imposé le câble obligatoire dans tous les immeubles collectifs de Genève. Tout ceci étant une conspiration associée du parti radical avec les milieux de l’immobilier qui se sucrent au passage pour une ponction d’environ 400.- par année incorporée de force dans les loyers. Donc pour faire boucher la prise il fallait casquer de 300.- et la réutiliser c’était le même tarif ce que quasi personne n’a fait. . Il doit y avoir des dizaine de millier de genevois qui casquent indument, sans le savoir alors qu’ils utilisent d’autre fournisseurs TV. Qui s’est approprié de ce GIGANTESQUE TRÉSOR DU CÂBLE ET DE SES PAIEMENTS INDUS ET FORCES, COMME POUR BILLAG…. Est-ce la Salerno, qui a revendu Naxoo et les restes de son cadavre doré à UPC ? https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/naxoo-puni-abuse-position-dominante/story/19950044 https://www.lecourrier.ch/155227/naxoo_sanctionne_par_la_comco

  3. Posté par toyet le

    Je n’ai plus besoin de Darius, télé liberté, RT France me suffisent.
    No billag

  4. Posté par P. le

    Tout juste Daniel. Je pense que NO BILLAG sera peut-être accepté par une majorité des votants (vu que les suisses-allemands sont plus nombreux). Mais elle n’aura pas la majorité des cantons, les petits cantons ruraux se joignant très certainement aux cantons romands qui refuseront NO BILLAG.

    Je ne suis pas foncièrement contre la SSR, mais après avoir senti le vent du boulet en 2015, ils continuent comme si de rien n’était. Comme si leur (toute) petite victoire valait toutes les reconnaissances.

  5. Posté par Daniel le

    Comme les jeunes votent très peu souvent je pense qu’ils seront insignifiants dans cette votation. Les personnes âgées terrorisées à l’idée de ne plus voir les nouvelles le soir et Top Model voteront « NON » à No Billag en disant « mais on ne peut quand même pas leur faire ça » ou quelque chose de de cul cul la praline comme cela. De plus, il faut la double majorité pour ces votations et alors là c’est franchement pas gagné du tout. Je connais qu’une seule personne dans mon entourage qui votera oui à no billag… c’est une suisse allemande. Les romans que je connais voteront NO. Et malheureusement ce forum n’est en rien représentatif puisque nous avons les mêmes idées… en général 🙂

  6. Posté par Jacques le

    La Leuthard veut encore plus d’information, ce qui veut dire encore plus de bourrage de crâne gauchiste. Merci de nous avoir averti, cela renforcera encore le camp du OUI !

  7. Posté par Antoine le

    Je voterai OUI à no billag !
    Ce n’est pas Mme Doris Leuthard qui lance sa proposition de nouvelle concession qui me fera changer d’avis, encore moins si la redevance ne coûterait plus  »que » 365.– Frs/an.
    – Les dinosaures ont disparu car ils ne se sont pas adaptés. C’est pareil pour la RTS (Radio TV Socialiste).
    – Les journaleux avec une tendance très marquée à gôche, ne font que de la propagande pour le PS ou des partis proches de la gôche … Jolie tribune gratuite pour ces partis… très mauvais lorsqu’on se rend compte de la supercherie et de la manigance !
    – La cohésion nationale ne dépend pas ni de la radio, ni de la TV ! La Suisse existe bien AVANT l’invention de ces moyens de communication. La cohésion nationale dépend de la mentalité et de la compréhension.
    C’est étonnant que certaines personnes sont en train d’être en mode PANIQUE !
    Découverte : il n’y a pas de plan B … il n’y a pas eu d’alternative proposée à  »No billag ».
    Cela veut dire qu’au moment du dépôt de l’initiative, tous les responsables politiques ou de la RTS étaient sûr à 100% que l’initiative allait être refusée.
    Maintenant que les premiers sondages ont été publié et que l’initiative no billage risque de passer, ils en font des cauchemars …

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