Coran : aux origines d’un grand bricolage.

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 Par Mireille Vallette

Depuis quelques décennies, des chercheurs utilisent les méthodes modernes pour aborder scientifiquement les origines de l’islam. Epigraphes, philologues, linguistes, historiens ont déjà déblayé un riche terrain. Ils révèlent une réalité bien éloignée des récits religieux.

Encore une belle histoire qui s’effondre. Celle de lettres descendues des nuées comme autant de petites étoiles tombant sur l’ange Gabriel et illuminant Mahomet dans sa grotte. Sans intervention humaine. En fait, seuls les tenants de la magie divine en seront étonnés: les humains coran-mireille2ont tout fait. Le Coran n’est ni incréé, ni parfait. Et ses versions ont beaucoup évolué au fil du temps.

Sur ses origines, décrites par les chercheurs, je ne donnerai ici que quelques exemples destinés à ouvrir l’appétit des amis du savoir. Ils trouveront des liens susceptibles d’approfondir leurs connaissances en bas d’article. Dison d’emblée que le site capucins.net fait un remarquable résumé de l’avancée actuelle. Je lui ai beaucoup emprunté. Des divergences existent encore sur ces sujets, mais l’histoire, la vraie, est en marche.

Premiers textes, premiers corans

Selon la tradition, les révélations de Mahomet (censé être mort en 632, date à retenir pour ce qui va suivre) ont été notées sur des pierres plates, des omoplates de chameaux, des nervures de feuilles de palmier et... dans la mémoire de ses disciples. Etrange, alors que le parchemin existait depuis plusieurs centaines d’années. Et qu’à propos de La Mecque, «les spécialistes s’accordent sur le fait qu’en ce lieu, à cette époque, personne ne savait écrire». (capucins.net)Toujours selon les traditionnistes musulmans, le livre a d’abord été constitué de fragments, des codex (ensembles de feuilles cousues en cahier). La recherche et le recueil de ces textes auraient commencé vers 650. Les premières versions ne contiennent pas de voyelles courtes, ni de points diacritiques permettant de distinguer les consonnes. Dans cette écriture, un mot peut avoir jusqu’à 30 sens différents. Ces textes sont illisibles pour les non-spécialistes.

Une trouvaille extraordinaire a été faite à Sanaa (Yémen) en 1972 : des milliers de manuscrits coraniques qui datent des VIIe et VIIIe siècles et dont la majeure partie doit encore être étudiée. Ils confirment déjà que le Coran officiel, censé être intouchable et intouché, a subi bien des retouches.

Selon l’orthodoxie musulmane, c’est le calife Othman qui aurait fait une recension définitive en 656, avec quatre à sept copies envoyées dans les capitales de l’empire, puis aurait fait détruire le matériel. On n’a aucune trace de ce Coran. Les spécialistes historico-critiques estiment que sa formalisation s’est poursuivie environ 200 ans après Othman.

Les premières versions complètes apparaissent aux VIIIe et surtout IXe Abbassides. Des points et des accents ont été ajoutés par des grammairiens perses afin d'éviter une fausse lecture. Ils ont aussi noté de nombreux commentaires qui expliquent les contenus incompréhensibles. C’est au terme de violentes disputes et de versions différentes que le sens final a été décidé.

coran-mireille3La version finale, censée être celle d’Othman, a été fixée au Caire en 1923, 1300 ans après la mort de Mahomet. Mais même avec tous ces rajouts et explications, le saint livre ne se comprend pas aisément. Peut-être est-ce la raison de l’importance de l’apprendre par cœur. C’est tellement plus simple que se demander pourquoi Dieu a créé un livre aussi imparfait.

Les sourates (chapitres) sont classées non pas par ordre chronologique, mais par longueur, des versets en abrogent d’autres, sans mention, et de nombreux passages restent obscurs. On ne sait ni où, ni quand se déroulent de nombreux récits ou allusions, les personnages ne sont pas présentés.

Le texte comprend par ailleurs de très nombreuses fautes linguistiques et stylistiques, des expressions ambigües et des mots au sens multiple (voir cet entretien avec Sami Aldeeb maître incontesté du sujet). Les ambiguïtés représentent 20 à 25% de l’ensemble du texte. Certains passages restent incompréhensibles. D’autres font l’objet d’interprétations contredites par l’histoire. C’est le cas du «voyage nocturne» de Mahomet censé avoir été, en rêve, porté par une jument vers «la Mosquée sacrée» ou «Mosquée très éloignée», que les musulmans situent à Jérusalem. Or, il n’y avait pas de mosquée à Jérusalem à l’époque du prophète. La «mosquée al-Aqsa», dont le nom reprend la désignation coranique, a été construite plus tard.

L’origine religieuse

L’élaboration du Coran primitif s’est déroulée dans un contexte judéo-chrétien tourmenté comprenant une foule de sectes et de courants. Les recherches actuelles penchent pour une origine nazaréenne de l’islam, une tendance qui faisait une synthèse du judaïsme et du christianisme dans une optique messianique. Elle considère Jésus comme un prophète. Cette secte s’opposait vivement aux juifs traditionnels, ce qui explique la hargne antijuive du coran. Une hypothèse se précise: les premiers manuscrits coraniques seraient des brouillons de prédicateurs nazaréens qui voulaient convertir les Arabes.

De nombreux emprunts sont faits à des religions préislamiques, par exemple le manichéisme(«Sceau des prophètes », Bible falsifiée, révélations d’un ange dans une grotte, jeûne type ramadan, etc.) ainsi qu’aux légendes et écrits chrétiens et juifs, la Bible en particulier. Ces récits sont souvent déformés.

Pas de Mahomet à La Mecque

De très nombreuses indications du Coran et des autres textes majeurs (sunna, sirah) rendent peu plausible, voire impossible, que Mahomet ait eu ses premières révélations à La Mecque. L’un des plus récents ouvrages, celui de Dan Gibson, est particulièrement convaincant. Alain Jean-Mairet a relaté ici ses découvertes majeures. Les descriptions climatiques, géologiques, géographiques et topographiques ne correspondent pas à La Mecque, mais parfaitement à Pétra en Jordanie. D’autres chercheurs estiment que c’est en Syrie que les événements décrits se sont déroulés et que les premières sourates ont été écrites.

La Mecque était au mieux un village. Il ne se situait pas sur la route des caravanes, alors que cet élément joue un grand rôle dans les récits islamiques. Les premiers vestiges archéologiques et la mention de ce lieu sur une carte géographique datent de 900. On ne trouve pas non plus trace dans cette ville des trois déesses citées dans plusieurs versets, contrairement à leur présence attestée en Jordanie, en Syrie actuelle et dans le nord-ouest de l’Arabie saoudite.

Selon Patricia Crone, on ne trouve de La Mecque «aucune mention, que ce soit en grec, en latin, en syriaque, en araméen, en copte, ou en une autre littérature composée en dehors de l’Arabie avant l’époque des conquêtes ».

Autre bizarrerie: quelle idée d’interdire la consommation de porc au VIIe siècle dans les révélations mecquoises, alors que le porc n’existait pas dans la région ? Les chercheurs en déduisent que ces sourates ont été écrites plus au nord, en Palestine ou en Jordanie, où cette espèce était présente.

Enfin, La Mecque n’est mentionnée que deux fois dans le Coran.

Mahomet prophète post mortem

Le mot Mahomet n’apparaît que quatre fois dans le Coran, et ce n’est probablement pas un prénom, mais un titre. Et même ces quatre mentions auraient été des ajouts. Pour compenser ce manque, l’orthodoxie considère que les termes de « prophète, annonciateur, avertisseur,apôtre, etc. », présents 405 fois dans le Coran, sont des mentions indirectes de Mahomet. Selon certains spécialistes, ce serait plutôt à Moïse que ces termes s’appliquent, un nom mentionné 150 fois.

Le terme de musulman est apparu vers 720, près d’un siècle après la mort du prophète. Sur le plan numismatique, la croix figure sur les pièces de monnaie califales jusqu’en 696. C’est avec le calife Abd al-Malik vers 700 que commence le processus de disparition du symbole chrétien.

L’empreinte de l’araméen

L’écriture arabe a été créée par des moines chrétiens à partir du nabatéen, du syriaque et de l’araméen vers l’an 400, près de Bagdad. La langue était parlée par les tribus arabes. Les toutes premières et rares inscriptions en arabe dans le Hedjaz, région de La Mecque, datent de 652, soit 20 ans après la mort de Mahomet. Elles ne se multiplieront qu’un bon siècle plus tard. C’est une raison de plus pour exclure que le prophète ait vécu à La Mecque au temps de ses premières révélations.

L’influence de l’araméen éclaire beaucoup les premiers écrits coraniques, dont les manuscrits de Sanaa. Un grand nombre de termes sont issus de cette langue comme «islam», «musulman», «ramadan». Mais l’arabe est considéré dans la doxa musulmane comme la langue qu’Allah parle avec les anges depuis avant la fondation du monde. Et le Coran est censé être écrit en «arabe pur».

Un linguiste allemand, Christoph Luxenberg, a montré que de nombreuses obscurités et non-sens du Coran s’éclairent si l’on recherche le sens des mots et des tournures grammaticales non pas dans la langue arabe, mais dans l’araméen parlé en Syrie. Les fragments de Sana comportent des «aramaïsmes» en très grand nombre. Des mots et des formes ont été ôtés des versions ultérieures afin de garder l’idée de «l’arabe pur».

Le grand nombre de termes et de formes venus du syro-araméen présents dans le Coran indique que son origine se trouve plutôt à Médine ou plus au nord, dans le cœur du territoire syro-araméen. Mais pas à la Mecque qui se trouvait en dehors de cette aire linguistique. Un exemple de ces recherches linguistiques: les versets sur les houris, ces jeunes vierges peuplant le paradis. Ils sont particulièrement difficiles à comprendre. En fait, nous apprend Christoph Luxenberg, le mot houri du Coran dérive de la racine araméenne hur, qui signifie grappe de raisin. Par quelles contorsions sémantiques les auteurs du Coran l’ont-ils traduit par jeunes vierges et comment ont-ils bricolé les versets qui s’y rapportent? Je vous invite à lire le résumé de la brillante démonstration de Luxenberg, résumé qui se conclut ainsi: «Retenons que sa recherche dans la grammaire et le vocabulaire araméen résout tous les problèmes de ces versets de façon simple, sans avoir à imaginer des interprétations par des allégories, ou par des hypothèses ad hoc sur ce qu’aurait pu être le dialecte de La Mecque ou l’arabe du paradis, ou encore par des explications qui prétendent que blanc signifie noir, ou par des sous-entendus qui conduisent à dire que blanc signifie jeune fille et gonflée adolescente. (...) ce choix était probablement fondé (...) sur la volonté d’occulter la présence des nazaréens, de leur langue et de la valeur symbolique qu’ils attachaient au vin et à la vigne. »

http://www.islamisation.fr/archive/2014/08/19/les-3-visages-du-coran-origines-construction-
et-remaniements-5430770.html   Une interview d’une heure de Leila Qadr, auteure de «Les 3 visages du Coran», à laquelle sont joints une douzaine d’exemples d’emprunts du Coran à des textes préexistants.

http://ripostelaique.com/briser-les-mythes-de-lislam-le-coran.html

http://ripostelaique.com/briser-les-mythes-de-lislam-la-mecque.html

21 commentaires

  1. Posté par Peter le

    C’est extrêment mauvais… Et dire que la France était connus pour ses études orientales… Pensez vous que nos grands orientalistes auraient une franche rigolade avec ses avis d’experts?.. LA France d’aujourd’hui c’est simple sur tous les plateaux télévisés nous avons des spécialistes de l’Islam et presque jamais les musulmans eux-mêmes? Mise à part le pauvre Chalgoumi, l’analphabéte qui avait sa femme qui portait encore une bourqua quand ils l’ont selectioné pour représenter l’Islam et les musulmans.. Dites moi pourquoi un convertis à l’Islam, professeur d’université comme il en existe ne serais pas plus pertinent pour décoder pour vous une religion dont de nombreux occidentaux ne trouve rie à redire (Si ça n’est expliquer ce qu’es l’orthodoxie par rapport aux dérives sectaires de notre alié l’Arabie des Saoudistes)… Pauvre France.

  2. Posté par Antoine le

    Le coran est la démonstration même que des esprits brillants peuvent tomber plus bas encore que la médiocrité s’ils baignent dans la bassesse. Platon a déjà dit a peu près la même chose. Cette religion ( plutôt secte ) n’est pas défendable et sa culpabilité la pousse a la violence.

  3. Posté par La vérité rend libre le

    Merci à Jean K pour son éclairage!

  4. Posté par KHEDDOUMA le

    Bonjour,
    Je pense qu’il y a exagération quand même , pour critiquer le Coran , qui à mon avis est très simple à lire et à comprendre, par contre, c’est libre à tout un chacun d’y croire ou pas. Mais de la , à raconter des critiques basées sur des préjugés, je trouve ça aberrant.
    Merci

  5. Posté par jubile le

    Le(s) dieu(x) ont insufflé les textes « sacrés » aux prophètes restent de l’ordre de la probabilité. Mais ces textes ont bien été écrits de la main de l’homme. Cela en est une certitude.

  6. Posté par jubile le

    L’auteure de ce texte n’a pas besoin de signaler que la bible ou le talmud ne sont qu’une bibliothèque réunissant des centaines de livres sur des mythes antiques connus dans tout le moyen orient. Depuis l’étude et la critique de ces textes par Spinoza et le siècle des Lumières, le moindre humain instruit sait que ces livres n’ont rien d’historique. Idem pour le Coran qui n’est qu’un assemblage ésotérique de textes judeo-chrétiens réécrits dans un style le plus hermétique pour ce jeune peuple de bédouins fraîchement sortis du désert et qui n’avaient pas encore d’écriture établie. Facile de convertir des pauvres analphabètes. D’ailleurs, c’est la seule religion qui fait des ravages dans les pays les moins instruits et les plus pauvres de la planète, à savoir l’Afrique, dont les conversions se font par la violence et la menace. Et dans les pays modernes, cette religion touche en majorité les couches sociales les plus basses, les paumés qui cherchent leur salut dans l’obscurantisme de ces religions.

  7. Posté par la vérité le

    Sourate 25 . 4 . les mécréant disent . tout ceci n’est qu’un mensonge qu’il (Muhammad) a inventé ,et ou d’autres gens l’on aidé. Or ,ils commettent la une injustice et un mensonge 5. et ils disent : ce sont des contes d’anciens qu’il se fait écrire ! On les dicte matin et soir! 6 Dit: l’a fait descendre celui qui connait les secrets dans les cieux et la terre. Et il est le pardonner et miséricordieux.

  8. Posté par Pehem Veyh le

    @ Jean K. : merci pour cet éclairage extraordinaire. J’aimerais lire plus d’analyses telles que la vôtre de pertinence et d’éclairage. Merci.
    @ Said Omar: par contre, les écrits comme les vôtres sont barbants, cons et lassants. Vous vous contentez d’asséner des pis-aller que vous avez entendu dans vos cercles de faux poètes malheureusement pas disparus. Cessez de déblatérer et restez prostré dans votre mosquée à ourdir du mal aux autres. Beurk !

  9. Posté par Moi le

    Bonjour à tous et à Mireille Valette a qui je m’adresse , je tenais juste à vous faire un petit rappel si réellement vous aviez lu le coran vous vous seriez rendue compte que la Mecque n’y est nulle part et qu’elle est seulement rajouté entre parenthèse dans la traduction ,il s’agit de BEcca et non mecca nul par dans les versets du coran il y’a marquer la Mecque

  10. Posté par Said Omar le

    Cette femme a une fascination-répulsion pour l’islam comme l’a dit si bien Mr john Simpson! (excellente description) ! Que des mensonges et des absurdités balancés en vrac ! Elle poussera pas mal de gens non initiés a étudier d eux mm cette grande religion qu est l islam (seule religion en progression constante dans le monde) ! Merci a toute cette haine de la part de cette femme aveugle qui guidera les gens vers la lumiere!

  11. Posté par Kwaz Alain le

    c’est vraiment prendre les gens pour des cons il existe des livres en arabes, chinois, anglais, hebreux, allemands qui en francais donnent le meme message, blanche neige ecrit en arabe ou en francais tout le monde le comprend, le fait que c’est en arabe que peut etre lu le coran est un propos grotesque et un pretexte inconcevable.

  12. Posté par Jean K. le

    Bonjour à tous,
    Je voudrais juste revenir à ce qui a été dit par rapport à la Bible,
    histoire d’enrichir le débat dans un sens constructif. Tout d’abord commençons par le début: les chrétiens qui n’ont pas lu la Bible doivent probablement être chrétien « de culture » (même si historiquement et moralement nous le sommes tous, quoiqu’on nous apprenne que la France est née spontanément en 1789 après .. 20 siècles de gouffre historique depuis la démocratie athénienne…), cependant ce n’est le cas que de français moyens qui la plupart ne croient pas non plus en Dieu. Bref ils n’en n’en ont pas grand chose à faire à part faire une pause entre le foi gras et la bûche la veille de Noël. Tout comme ces abrutis qui sont présentés à la télé justifiant l’interdiction de la construction de mosquée sous prétexte qu’on est un pays de culture catholique, alors que si on leur demandait « qui est Jésus ? » ils hésiteraient entre un candidat de secret story ou un acteur porno..
    Lors de la messe des extraits de l’ancien et du nouveau testament sont lus. (le schéma classique: un texte de l’ancien, une lecture des actes des apôtres ou des premières Eglises, puis un texte relatant la vie et les propos de Jésus). Pour les chrétiens que je connais, pour ceux qui pratiquent réellement une démarche de Foi, ils ont la Bible et se renseignent.
    Le second point est par rapport à l’écriture de la Bible. La grosse différence d’avec le Coran (il n’y a pas de « religions du livre ») est que la Bible n’est pas écrite ni même dictée par Dieu. C’est un ensemble de livres, composé de récits historiques concrets (captivité des Hébreux à Babylone,les rois, l’Egypte, etc..), de « mythes » qui délivrent un enseignement (La Genèse), ou de contes ( Job, Jonas), mais aussi de poèmes (les psaumes), de proverbes, etc. La Bible n’est donc pas « un » conte ou « un » récit historique, comme lorsque vous allez dans une bibliothèque il y a différents genres littéraires. (Lorsque nous parlons de la Bible dans cette partie, nous parlons particulièrement de l’ancien testament, ou héritage, témoignage, si vous voulez). Les textes de cet ouvrage ont été définitivement reconnus peu de temps avant la naissance de Jésus (peu de temps à l’échelle historique..). Mais la Bible ne prétends pas que la Genèse a été écrite il y a 4,5 Ga, ce sont des récits pour la plupart, donc écrits après en ce qui concerne les textes historiques. A propos de la Genèse il s’agirait d’un mythe adopté par Israël lors de la captivité à Babylone. –> La Bible raconte le rapport des hommes à Dieu.
    Parlons maintenant du nouveau testament. Celui-ci se décompose entre autre par: la vie de Jésus (sa mort et sa résurrection), racontée par 4 auteurs (et non par Dieu lui-même), entre 20 ans et un siècle après la mort du Christ, les actes des apôtres qui décrit leur vie, la construction des premières églises et les premiers martyrs, puis les différentes lettres dont celles de Saint Paul, et enfin l’Apocalypse de Jean (pas celui qui a écrit l’évangile). Historiquement parlant: on entend parler de Jésus dans des écrits romains de l’époque (qui ne le considèrent pas plus qu’un anarchiste, même si ses propos remettent en cause la divinité impériale). Les évangélistes n’étaient pas un groupe d’écrivains, ils ne se fréquentaient pas, ils n’ont pas vécu à la même période. Bien évidemment que leurs propos ne sont pas identiques, car il y à la vérité et l’interprétation. Par exemple Luc insiste beaucoup sur le messianisme du Christ car son Evangile est destiné aux Juifs, pour leur faire ouvrir les yeux somme toute. Mais ces quatre sont unanimes dans le sens où malgré qu’ils aient écris des textes à différents moments et séparément, on ne relève qu’une seule « erreur », qu’une seule contradiction, qui est minime (si en plus on tient compte de la traduction). Pour les chrétiens ont dit qu’ils ont été « inspirés » (et non dictés!!). Dans les 4 évangélistes seul Matthieu à vraiment connu Jésus.

    (En parlant des traductions il en existe énormément, il n’y en a pas qu’une, le texte original étant en hébreux ou en araméen avec des passages de Grec au premier siècle. Ainsi certaines sources citeront des passages de la Bible, mais qui ne reflètent pas forcément le sens exact de l’original, et qu’on ne lira pas de la même façon dans un autre texte). Historiquement parlant la Bible est correcte (invasion des romains, les hébreux en Egypte, l’attente messianique pour se rebeller contre l’Empire, etc.. ), géographiquement aussi (sauf quelques ambiguïtés de lieux peu précis car peu importants comme celui des témoins d’Emmaüs, mais qui n’est qu’un lieu ordinaire). Les lieux, les montagnes, les mers, les mœurs, la nourriture, le système politique de l’époque: tout est historiquement correct au niveau du cadre. La Bible n’est pas un simple bouquin ou une autre théorie raélienne chiée entre deux collines. D’ailleurs ce sont les représentants des Eglises qui au début du premier millénaire ont sélectionné les textes et éliminé ceux qui étaient douteux comme les apocryphes. Ce sont aussi eux qui ont choisis d’intégrer « les Macchabées » à la Bible, non reconnu par les Hébreux.
    Au niveau de l’enseignement il est purement et simplement l’origine directe de droits de l’homme que nous connaissons, (quoiqu’il soit plus tendance de nos jours de se faire labourer le cerveau à coup de troisième république, fondatrice de toute morale..)
    Et non la Bible ne prône pas la mort des infidèles, le voile pour les femmes, le djihad, la vengeance, l’insulte. L’ancien testament est une marche : les sacrifices humains sont interdits (cf Abraham), il ne doit pas y avoir de vengeance disproportionnée (le talion), avoir un roi n’est pas forcément une bonne idée, le roi n’est pas un dieu, les femmes ont leur place dans la société (Rachel), puis s’ensuivent les prophètes qui critiquent le despotisme des rois, les mœurs d’un peuple qui oublie la morale, etc.. Elle instaure des règles morales basiques : citons les dix commandements. Plus que cela, dans le nouveau testament, Jésus n’abroge pas ces « lois » : il les surpasse. « On vous a dit œil pour œil, dent pour dent, moi je vous dit si quelqu’un frappe sur votre joue droite tendez lui votre joue gauche », « si quelqu’un vous demande un pan de votre manteau, donnez-lui votre tunique », « heureux les assoiffés de Justice, car ils seront rassasiés », etc. C’est le fondement de l’éthique. « Montrez-vous compatissants, comme votre Père est compatissant. » ou encore « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, bénissez ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui diffament ». Où est la haine de l’autre ? Y a t’il un appel de haine envers l’autre ?
    Le christianisme autorise l’exégèse, c’est d’ailleurs ce que nous venons de faire.
    Ceci étant pour Martial Gottraux .
    Il n’ y a pas un panier où on met toutes les religions (cf « AUCUN »), c’est stupide et ça aboutit à la crise identitaire actuelle. Si un enfant aux yeux marron part du postulat que ces parents ne doivent pas avoir des yeux marrons, et qu’il cherche une vérité autre, comment y arrivera-t-il ? Est-ce si dur d’admettre que le christianisme est à l’origine de nos civilisations basées sur le droit de l’homme ? A moins que cela ne soit trop dangereux car ça supposerait que l’Etat n’est pas roi, mais seulement une assemblée d’hommes et de femmes en théorie au service du peuple qui les a choisis… Un culte de l’Etat marxiste, des valeurs « républicaine », du « culte démocratique » ( oui un système politique devient religion d’Etat, comme au temps des romains et des sociétés païennes ..), permet en effet de justifier une administration qui prend de plus en plus de pouvoir, puis surtout alors qu’un Dieu n’est pas de ce monde, eux ça leur permet de garder leur pouvoir.. Prêtez l’oreille à ceux qui vous parlent, combien sont cultivés ? Combien ont une idée réfléchie sortant delà pensée commune ? Même les gens intelligents deviennent intelligents à être bêtes. Le problème ne vient pas du fin fond de l’Afrique, ni de l’Asie ou d’une Amérique surpuissante : il vient de la France, de notre système qui fait une jolie crise d’adolescence, rejetant le modèle des parents… jusqu’au moment où il aura besoin de ses « parents », si il ne s’effondre pas avant dans une régression historique.

    Non Leb les chrétiens ou les Juifs (les croyants, je ne parle pas de l’Etat d’Israël) ne « sont pas logés à la même enseigne », mais pour le découvrir il faut lire, il faut réfléchir. La plupart des athées lambdas que je connais sont dans un état pire : fanatiques de tout ce qui leur passe sous la main, incultes, en tout cas en dehors du système scolaire, recrachant les à priori qu’on leur lance dans les médiats. Personnellement je suis révolté, nous sommes en plein 1984..

    En espérant avoir vaincu des préjugés.
    Jean K.

  13. Posté par Leb le

    J’ai lu le Coran, ma conversion a raté

    Les récentes conversions à l’Islam de nombre de Français, dont entre autres un dirigeant du Front national, m’ont interpellé. J’ai donc voulu savoir quel était le facteur ou le déclencheur qui faisait basculer ces derniers dans le culte d’Allah.
    J’avais retenu que certains de ces nouveaux fervents avaient été amenés à la religion d’amour, de tolérance et de paix à la lecture du Coran. Je décidais donc de m’y plonger à mon tour en espérant découvrir les textes qui sublimeraient mon âme et me transporteraient vers des rivages qui ne seraient que d’amour, de respect et d’ouverture envers mon prochain. Peut-être serais-je également touché par la grâce divine qui m’amènerait alors à une possible conversion.
    Mais j’avais aussi lu, sous la plume de certains contributeurs de Riposte laïque, que le Coran était incompréhensible pour les personnes de culture occidentale et que seuls les arabes pouvaient véritablement l’interpréter. Là, je me suis dit : mais pour qui me prennent-ils, moi qui ai lu des tonnes de livres écrits par des auteurs à l’écriture et au style forcément différents, moi qui ai rédigé une foule d’articles à caractère technique ou historique, moi qui ai écrit un livre vendu en librairie, je me sens, sans être prétentieux, quand même un léger cran au dessus du Français lambda en matière littéraire.
    Je me suis donc attaqué à la lecture de la version française du Coran, sourate après sourate, verset après verset. Ce fut laborieux, même extrêmement laborieux et je fus souvent à deux doigts de jeter l’éponge. Je dus avouer que nos amis de Riposte laîque avaient raison. Le Coran est un horrible fouillis de textes rédigés sous un verbiage qui nous est bien étranger. Les versets n’ont souvent qu’un lointain rapport avec le titre car on y saute du coq à l’âne. On ne décèle aucune chronologie ni d’ailleurs aucune logique. C’est déroutant, on ne sait jamais qui dit quoi, une fois c’est au présent, une autre fois à la troisième personne si ce n’est au pluriel. Ah, ce Dieu qui se glorifie lui-même.
    Mais le pire est à venir. Moi qui croyais trouver des textes transcendants d’amour et de félicité qui porteraient aux nues les lecteurs, je ne découvrais que des ordres, des contraintes, des châtiments, des obligations, de la domination et de l’intimidation, de l’impératif, de la soumission. Et puis, cette constante et répétitive obsession d’Allah qui voue à la damnation la plus absolue et à la punition tous ces mécréants et tous ceux qui ne voudraient pas se fondre dans le moule, n’obéir à ses commandements, à ne reconnaître que lui et son autorité, cette obsession présente du début à la fin et qui vous fait froid dans le dos tellement elle est oppressante.
    Si un certain nombre de passages étaient de lecture facile, le plus gros était un tel galimatias que je n’ai pas compris grand-chose et surtout rien retenu. J’en conclus donc que Mahomet avait écrit (ou plutôt fait écrire) un ouvrage pour les savants. Il est d’ailleurs de notoriété que seuls les savants musulmans ont une bonne connaissance du Coran et qu’il fallait des années, voire des décennies d’études théologiques pour en avoir la maîtrise. Mais enfin, ces milliards de musulmans, d’où tirent-ils donc la substance qui les régit et qui n’est réellement compréhensible que par les savants ?
    Qu’on ne vienne plus me raconter que les convertis ont trouvé la foi à la lecture du Coran. Aucun ne l’a lu ! Qu’on ne vienne non plus me raconter que les musulmans de France, dont seule une petite minorité lit l’arabe et dont beaucoup lisent mal le français trouvent leur inspiration dans le livre sacré, ils doivent être 1 sur 20 000 à avoir lu le Coran.
    Et là, j’ai fait un parallèle avec les chrétiens qui doivent être logés à la même enseigne. De ceux que je connais, aucun n’a lu la bible. Leur connaissance parcellaire vient de leur éducation religieuse et des offices dominicaux (pour les pratiquants) où l’on commente les évangiles, comme le font les musulmans pour l’Islam au sein de leur mosquée sous la houlette de leur imam. A la différence que les prêtres chrétiens ne traitent pas les adeptes d’autres religions de singes et de porcs et n’appellent pas à proclamer, 17 fois par jour, la haine contre les chrétiens et les juifs.
    Quant à une éventuelle conversion, vous pouvez facilement deviner ce que j’en pense !
    Jean-Louis Burtscher
    http://www.islamisme.fr/

  14. Posté par brunet antoine le

    Quiconque aura lu le Coran attentivement, du début jusqu’à la fin, en prenant des notes (la lecture sans la plume n’est qu’une rêverie, disait Richelieu) ne peut être étonné par ce qui est dit dans cet article. Le Coran, tel qu’il existe en traduction française, est un texte plein de contradictions, bien qu’il affirme qu’une des preuves du fait qu’il ait été dicté par Dieu serait le fait qu’il ne contienne aucune contradiction. Le seul fil conducteur qu’on y trouve est que les « incroyants », c’est à dire les non musulmans, sont promis aux tourments de l’enfer et que le devoir des « croyants » est de les tuer où qu’ils se trouvent. Cette injonction est répétée inlassablement à longueur de sourates. Il ne faut pas s’étonner si elle produit des attentats , des persécutions et des guerres.

  15. Posté par Olaf le

    Beau travail de synthèse !
    Le site capucins.net s’appuie sur le travail d’Edouard Marie Gallez (dont vous signalez le site lemessieetsonprophete.com en lien). Je viens de publier sur internet « le grand secret de l’islam », le fruit d’une collaboration de 2 ans avec lui, visant à vulgariser et compléter ses recherches pour les présenter de façon claire et accessible au grand public. Vous pourrez le lire et télécharger librement à cette adresse : http://legrandsecretdelislam.com/

  16. Posté par Martial Gottraux le

    L’auteure de cet article se serait donnée moins de peine si elle avait tout simplement réalisé qu’AUCUN texte fondateur des idéologies religieuses n’a grande valeur historique, à commencer par la bible, dont les évangiles, pour ne prendre que cet exemple, ont été « bricolées » bien après la mort de Jésus. Il ne reste dès lors qu’une possibilité. Prendre le texte pour un texte, comme n’importe quel autre, et tenter de le comprendre ce qui, bien sûr n’exclut pas la critique. Cette démarche peut être féconde. Ainsi, le fameux « aime ton prochain comme toi-même » est une formule intéressante, assez bien confirmée par les théories actuelles de la formation de l’identité. La théorie coranique de l’omniscience est bien plus plausible que celle qui est proposée par la religion chrétienne, ce que Spinoza, pour ne prendre que cet exemple, avait bien compris, sans pour autant, du reste, avoir bien lu le Coran, ce qui peut permettre de conclure à l’universalité de la pensée, tout au moins pour les personnes qui n’ont pas la rage au coeur. Voir à cet égard les travaux de Youssef Seddick. En conclusion, on peut souhaiter à notre journaliste des nuits plus paisibles et moins chargées de fiel.

  17. Posté par Lafayette le

    C’est digne d’une prophétie, on peut conclure à un doute raisonnable sans pour autant pencher dans l’imposture. Dater un récit avant l’écriture reste pour le moins très libre d’interprétation. Après on peut avoir la même opinion sur la bible sans pour autant remettre en cause le principe fédérateur positif.

  18. Posté par Vautrin le

    Voir aussi la traduction-exégèse des sourates 1 à 5 par Frère Bruno Bonnet-Eymard, travail rigoureux. Il n’y avait pas de raison (nonobstant l’interdit prononcé par ceux qui craignent de voir s’effondrer la croyance) de ne pas soumettre le coran, oeuvre strictement humaine et donc sujette à transformation, à l’exégèse scientifique au même titre que le sont la Bible et les Évangiles.

  19. Posté par JeanDa le

    @john Simpson: La dérision est un succédané pour ceux qui n’ont plus d’arguments,

  20. Posté par john Simpson le

    Valette semble avoir une sorte de fascination-répulsion pour l’Islam. Elle va peut-être finalement se convertir à cette religion à force de la critiquer et de l’étudier en profondeur….

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