Quand certaines idéologies universitaires veulent abolir jusqu’à la différence homme-femme
À travers les théories du « lesbianisme politique » et du féminisme matérialiste, je vois se développer dans certains milieux universitaires une radicalité idéologique qui ne cherche plus seulement à contester les rapports sociaux, mais à déconstruire les catégories mêmes du réel.
Nous connaissons déjà les effets du wokisme et des différentes formes de déconstructionnisme qui se sont développées ces dernières années dans le monde universitaire occidental. Leur objectif est clair : déconstruire les catégories traditionnelles de compréhension du monde, qu’il s’agisse de la nation, de la culture, de l’histoire, du langage ou même du sexe biologique.
Mais ce sur quoi je suis tombé récemment, à travers une revue de presse universitaire genevoise, va encore plus loin. Il s’agit cette fois du « lesbianisme politique », présenté dans certains départements d’études genre comme une théorie majeure et novatrice, enseignée dans le cadre de licences, masters et doctorats.
Ce qui frappe immédiatement, c’est le degré de radicalité idéologique de ces théories.
L’hétérosexualité y est présentée comme un « régime politique » de domination des hommes sur les femmes. La simple relation entre hommes et femmes serait donc en elle-même un mécanisme d’oppression. Le lesbianisme politique serait alors un moyen d’échapper à cette domination structurelle.
Mais la logique ne s’arrête pas là.
Dans ces théories inspirées du féminisme matérialiste marxiste, la différence entre hommes et femmes elle-même devient suspecte. Le fait de reconnaître des différences biologiques ou naturelles entre les sexes est considéré comme une construction oppressive qu’il faudrait abolir. On ne cherche plus seulement à transformer les rapports sociaux : on cherche à faire disparaître les catégories mêmes de sexe.
Certaines théoriciennes comme Monique Wittig sont aujourd’hui remises au premier plan dans ces milieux académiques. Leur idée centrale est que les catégories « homme » et « femme » ne seraient pas des réalités naturelles, mais des constructions politiques destinées à maintenir un rapport de domination comparable à celui des classes sociales dans le marxisme.
On retrouve ici un mécanisme classique des idéologies totalitaires : modifier le langage pour modifier la perception du réel. Lorsque l’on affirme qu’il faut abolir jusqu’aux catégories homme-femme dans le langage lui-même, on entre dans une logique où les mots deviennent des instruments de transformation idéologique de la société.
Ce qui me paraît particulièrement inquiétant, c’est la prétention scientifique de ces courants. Parce qu’ils sont enseignés à l’université, parce qu’ils bénéficient d’une reconnaissance académique, beaucoup n’osent plus les critiquer ouvertement. Pourtant, il ne s’agit pas ici de science au sens rigoureux du terme, mais bien de constructions idéologiques extrêmement radicales.
J’ai moi-même connu cette évolution universitaire. Lorsque j’avais participé à la création d’un master en communication et médias, il existait déjà une forme de discrimination positive en faveur des études genre et des études féministes, devenues prioritaires dans certaines institutions académiques.
Pendant ce temps, aux États-Unis, une partie de ces approches est aujourd’hui vivement contestée. Les politiques de discrimination positive et certaines formes de militantisme universitaire wokiste font désormais l’objet d’un rejet croissant. Donald Trump a d’ailleurs mené une offensive politique particulièrement dure contre ces courants idéologiques.
Chez nous, au contraire, le débat reste extrêmement limité. Beaucoup préfèrent se taire par peur d’être immédiatement accusés de réaction, de conservatisme ou d’hostilité envers certaines minorités.
Or les conséquences de ces théories peuvent être très lourdes, notamment pour les jeunes. À un âge où les questions identitaires sont normales et parfois fragiles, certains peuvent être entraînés dans des constructions idéologiques qui présentent toute identité sexuelle comme une oppression ou une illusion sociale.
Je pense qu’il devient urgent de distinguer clairement la recherche scientifique sérieuse des idéologies militantes qui cherchent à s’imposer sous couvert de légitimité académique. Le simple fait qu’une théorie soit enseignée à l’université ne suffit pas à la rendre scientifiquement fondée.
Nous devrions avoir le courage de regarder lucidement ce qui se développe aujourd’hui dans certains milieux universitaires occidentaux, sans intimidation morale et sans autocensure.