Football junior : quand la violence s’invite sur le terrain… et aux alentours
Un match de juniors entre Concordia Lausanne et La Tour-de-Peilz a viré à la bagarre générale, puis aux affrontements hors du terrain. Deux clubs aux ancrages sociaux très différents et un incident qui est loin d’être isolé.
Dimanche 4 octobre, un match de Youth League A entre le FC Concordia Lausanne et le CS La Tour-de-Peilz a été interrompu après un accrochage à la 75e minute, qui a tourné à la bagarre générale. Le Matin ajoute que les violences se sont ensuite prolongées hors du terrain, où des joueurs auraient été pris en embuscade.
Selon un témoignage recueilli par nos confrères,
« il y avait déjà une certaine tension en première mi-temps, nous raconte Malick Gehri, le responsable technique du FC Concordia Lausanne. En deuxième mi-temps, un de nos joueurs s’est pris la tête avec un adversaire et les choses ont dégénéré. Un joueur de La Tour-de-Peilz a couru pour donner un coup de genou dans la tête de l’un des nôtres. Une bagarre générale a suivi. »
Le profil social des deux clubs est contrasté. Concordia assume une forte vocation populaire. Dans un projet présenté à la Ville de Lausanne, le club se décrit comme une « extension de la vie » des familles de Borde, Entre-Bois, Blécherette et Praz-Séchaud, des quartiers « souvent composés de familles aux revenus modestes ». En face, La Tour-de-Peilz vient d’une commune de la Riviera dont le revenu fiscal standardisé atteint 115 % de la moyenne vaudoise en 2026.
Si la bagarre lausannoise résiste donc assez bien à l’explication par les « quartiers sensibles », elle rejoint en revanche une série d’incidents préoccupants. En mars 2025, à Bernex, une agression à la hache avait suivi un match de juniors ; une femme qui tentait de s’interposer avait été légèrement blessée. En septembre dernier, un match de Coupe valaisanne des juniors B entre Naters et l’Olympique du Salentin avait également été interrompu après des violences, le FC Naters reconnaissant lui-même des « comportements incontrôlés ».
Le phénomène reste cependant minoritaire : le canton de Vaud recensait environ 11 000 matches par saison pour une quinzaine de cas de violence sérieux en 2022-2023, dont trois ou quatre particulièrement graves, ce qui n’enlève rien au problème : que des rencontres de mineurs finissent en bagarre générale, parfois jusque sur les parkings, en dit long sur l’état d’une certaine jeunesse.
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