Burkini : un hôtel autrichien condamné pour l’avoir interdit à deux clientes
Un tribunal autrichien a donné tort à un hôtel qui avait interdit à deux femmes musulmanes de porter le burkini dans son espace de baignade. La décision, rendue à Salzbourg et confirmée mercredi à l’Agence France-Presse, relance le débat sur la place des signes religieux islamiques dans l’espace public et privé en Autriche.
L’affaire concerne un établissement situé à St. Johann im Pongau, station de ski de l’ouest du pays. Deux Autrichiennes de confession musulmane s’étaient vu refuser l’accès à la piscine de l’hôtel avec leur burkini, un vêtement couvrant porté par certaines femmes musulmanes pour se baigner.
Le directeur de l’établissement avait justifié cette interdiction par des raisons d’hygiène et par le malaise exprimé, selon lui, par d’autres clients. Une altercation avait suivi, avant que les deux femmes ne déposent plainte. Les autorités locales avaient infligé en février une amende de 100 euros à l’hôtel, décision contestée ensuite par son directeur.
Dans son arrêt rendu fin juin, le tribunal de Salzbourg a rejeté son recours. Les juges ont estimé que l’argument sanitaire n’était pas recevable, les burkinis étant fabriqués dans des matériaux comparables à ceux des maillots de bain classiques. Ils ont également relevé que les contrôles réguliers de la qualité de l’eau n’avaient fait apparaître aucune anomalie.