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« Qui paiera nos retraites ? » L’argument paresseux d’une gauche à court d’idées

À chaque débat sur l'immigration, la gauche dégaine la même question, l'air grave : « Qui paiera nos retraites ? » Derrière la solennité se cache une équation d'une pauvreté confondante, qui confond des têtes avec des francs. Et un mécanisme qui ne tient qu'en recrutant sans fin de nouveaux entrants : un Ponzi démographique.

Dimitri Fontana
7 juin 2026
3 min de lecture

Il y a un moment, dans chaque débat sur l’im­mi­gra­tion, où le centre et la gauche sortent leur der­nière car­touche, l’air grave : « Et qui paie­ra nos retraites ? » Le ton se veut res­pon­sable. Or, il est l’a­veu d’une faillite. Car der­rière la solen­ni­té dort une équa­tion d’une pau­vre­té confon­dante : plus d’ha­bi­tants égale plus de coti­sa­tions, donc impor­tons des habi­tants. On confond des têtes avec des francs !

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Car le pro­cé­dé est gros­sier : l’AVS ne se nour­rit pas de popu­la­tion, mais de salaires coti­sés sur une vie entière. Et c’est là que le châ­teau de cartes s’ef­fondre : la moi­tié des immi­grés ne tra­vaille pas, zéro coti­sa­tion. L’autre moi­tié, sou­vent employée à bas salaire, ouvri­ra plus tard des droits à la rente sans avoir coti­sé assez d’an­nées − d’où les pres­ta­tions com­plé­men­taires, à la charge du contri­buable. Ce que la gauche pré­sente comme le sau­veur de nos retraites en est, pour une large part, un coût net. On ne ren­floue pas une caisse en y fai­sant entrer des gens qui en sor­ti­ront plus qu’ils n’y auront mis.

Mais admet­tons leur logique, et allons jus­qu’au bout, là où ils n’osent jamais regar­der. Si l’im­mi­gra­tion finance les retraites des Suisses vieillis­sants, alors quel­qu’un devra, demain, finan­cer celles de ces immi­grés-là, car ils vieilli­ront aus­si. Qui ? Une vague plus nom­breuse encore. Puis une autre pour finan­cer celle-ci. À ce compte, l’ob­jec­tif n’est plus 10 mil­lions : c’est 12, puis 15, à per­pé­tui­té. Le ter­ri­toire, lui, ne s’a­gran­dit pas. Les loge­ments ne se décrètent pas. Les trains ne s’al­longent pas à l’in­fi­ni. Nous avons don­né un nom à ce sys­tème : un “Pon­zi démo­gra­phique”, qui ne tient qu’aus­si long­temps qu’af­fluent de nou­veaux entrants et s’é­croule dès que le flux fai­blit.

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Voi­là le vice : ceux qui bran­dissent l’ar­gu­ment des retraites n’ont aucune réponse à la ques­tion qu’il sou­lève aus­si­tôt. Ils traitent l’im­mi­gra­tion de masse comme un hori­zon indé­pas­sable, une don­née de la nature. Ce n’en est pas un : c’est un report d’é­chéance, qu’on refile à la géné­ra­tion sui­vante, alour­di des inté­rêts.

Et il y a, dans cette désin­vol­ture, un par­fum d’« après nous le déluge ». Ceux qui agitent l’ar­gu­ment aujourd’­hui sont sou­vent ceux qui tou­che­ront leur rente sans encombre. Le sys­tème tien­dra juste assez long­temps pour eux ; la fac­ture, elle, est adres­sée à ceux qui ont vingt ou trente ans, et qui héri­te­ront d’un pays plus dense, plus cher, plus satu­ré, avec la même pro­messe inte­nable à finan­cer. À gauche, on ne lègue pas une solu­tion à ses enfants : on leur lègue une dette.

La vraie réponse n’a jamais été d’im­por­ter tou­jours plus de monde. Elle tient dans le tra­vail, la pro­duc­ti­vi­té, des car­rières plus longues, la for­ma­tion de ceux qui sont déjà là − pen­dant que plus de 230 000 per­sonnes cherchent un emploi dans ce pays. Une socié­té qui, pour payer ses vieux, croit devoir gon­fler sa popu­la­tion sans fin n’a pas trou­vé de solu­tion : elle a renon­cé à en cher­cher une.

Le 14 juin : un grand OUI !

Dimi­tri Fon­ta­na

Dimitri Fontana
Dimitri Fontana

Dimitri Fontana est un observateur des grands enjeux contemporains. Il s’intéresse particulièrement aux questions de société, aux mutations politiques européennes et aux dynamiques géopolitiques à l’œuvre en Europe de l’Est. Ses travaux portent sur les rapports de force culturels, identitaires et stratégiques qui traversent le continent.

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