mercredi 22 juillet 2026
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France : menacé de mort par la DZ Mafia, le maire d’Alès exfiltré de chez lui par le RAID

Le maire Les Républicains d'Alès (Gard, 46 000 habitants), Christophe Rivenq, a été exfiltré de son domicile par les policiers du RAID dans la nuit de lundi à mardi. L'opération fait suite à de nouvelles menaces de mort attribuées à la DZ Mafia et à une suspicion de voiture piégée.

Les Observateurs (la rédaction)
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L’é­lu était déjà visé depuis plu­sieurs jours. Le 16 juillet, son épouse avait décou­vert dans la boîte aux lettres du domi­cile fami­lial une enve­loppe conte­nant deux balles de calibre 9 mm, signée « DZ Mafia », tan­dis que des ins­crip­tions mena­çantes avaient été taguées sur les murs de la clô­ture. « Je n’a­vais jamais reçu des menaces de ce niveau », avait alors confié le maire à l’AFP, y voyant la preuve que « les actions que nous por­tons contre la DZ et le tra­fic de stu­pé­fiants portent leurs fruits ». Et d’a­jou­ter : « Je conti­nue­rai à faire mon tra­vail et je ne me lais­se­rai pas inti­mi­der. » Une enquête pour menaces de mort et inti­mi­da­tion a été ouverte par le pro­cu­reur d’A­lès, Abdel­krim Gri­ni.

La DZ Mafia – « DZ » pour Dzaïr, « Algé­rie » en arabe, reven­di­ca­tion eth­ni­co-iden­ti­taire ins­crite jusque dans son nom – est une orga­ni­sa­tion cri­mi­nelle née à Mar­seille, deve­nue en deux ans la pre­mière fran­chise du nar­co­tra­fic fran­çais. Elle s’est implan­tée à Alès à l’é­té 2025 pour y sup­plan­ter les réseaux locaux ; début juin, un jeune homme de 18 ans y a été abat­tu dans le quar­tier des Prés-Saint-Jean. En avril, le patron de la police judi­ciaire Chris­tian Sainte chif­frait à « six à huit têtes » la direc­tion du groupe, pré­sent « sur plus d’une dizaine de dépar­te­ments », avec « plu­sieurs cen­taines » de sol­dats recru­tés à la tâche via les réseaux sociaux – 2 000 à 5 000 euros le règle­ment de comptes. En deux ans, plus de 900 per­sonnes ont été inter­pel­lées et 550 écrouées. Le groupe est éga­le­ment soup­çon­né d’a­voir orches­tré la vague d’at­taques contre les pri­sons fran­çaises du prin­temps 2025.

La classe poli­tique a réagi dans la jour­née. Marine Le Pen a appor­té « tout [son] sou­tien » à l’é­lu : « Le nar­co­tra­fic et la grande cri­mi­na­li­té ne menacent plus seule­ment la sécu­ri­té et la tran­quilli­té des Fran­çais : ils consti­tuent aujourd’­hui plus que jamais une menace pour notre démo­cra­tie. L’É­tat doit réaf­fir­mer son auto­ri­té, et réta­blir la loi et l’ordre sur l’en­semble du ter­ri­toire natio­nal. » Même tona­li­té chez Éric Ciot­ti : « Les maires sont en pre­mière ligne face aux nar­co­tra­fics et ses cri­mi­nels qui empoi­sonnent la France. Leur pro­gres­sion est une défaite poli­tique du macro­nisme. La Répu­blique ne peut plus recu­ler ! »

« La Répu­blique ne peut plus recu­ler » : on aime­rait par­ta­ger cet opti­misme gram­ma­ti­cal. Car enfin, qu’un élu doive être éva­cué de son propre domi­cile, dans la soi­rée, par une uni­té d’é­lite, sous la menace d’un car­tel – voi­là qui res­semble plu­tôt à un régime qui, à force d’a­voir recu­lé, découvre qu’il est au bord du pré­ci­pice. Reste à savoir si l’ex­fil­tra­tion du maire d’A­lès sera le sur­saut – ou sim­ple­ment le recul de plus.

Vu de Suisse, enfin, ce nau­frage n’est pas un spec­tacle loin­tain. Le nar­co­ban­di­tisme qui défie la France ne s’ar­rête pas aux postes-fron­tière – que l’es­pace Schen­gen a pré­ci­sé­ment désar­més et la Confé­dé­ra­tion en subit déjà les retom­bées. Quand la mai­son du voi­sin brûle et que la porte mitoyenne doit, par trai­té, res­ter ouverte, il ne faut pas s’é­ton­ner que la fumée passe.

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