« Ils ne veulent pas de médias alternatifs pour 2027 » : Martial Bild raconte la guerre silencieuse menée contre TV Libertés
Comptes bancaires fermés du jour au lendemain, invisibilisation sur Google, menaces anonymes : dans un grand entretien accordé à Régis Le Sommier sur OMERTA, Martial Bild, cofondateur et directeur de la stratégie de TV Libertés, décrit méthodiquement l'entreprise d'étouffement dont sont victimes les médias alternatifs français. Avec, en ligne de mire, une échéance : la présidentielle de 2027.
Ils sont deux à savoir de quoi ils parlent. Régis Le Sommier, dont le média OMERTA a lui-même subi des déboires bancaires, reçoit Martial Bild, pionnier des médias alternatifs en France, qui a dirigé TV Libertés pendant treize ans. L’échange dépasse largement le simple récit d’anciens combattants : c’est une radiographie des méthodes – souvent invisibles, parfois « mortelles » – employées pour faire taire les voix dissidentes.
En treize ans d’existence, TV Libertés dit avoir « fait la totale » : chaînes coupées sur YouTube « de manière absolument autoritaire et infamante », émissions supprimées, déréférencement… Martial Bild en donne un exemple parlant : lorsque Patrick Sébastien passe sur le plateau de TVL puis, quelques jours plus tard, sur M6, seule sa prestation sur M6 apparaît dans les résultats de Google Actualités. « Jamais celle de TV Libertés. Jamais. Nous n’existons pas. »
Mais l’attaque la plus redoutable est venue d’ailleurs. Après douze ans de relation sans le moindre incident – « pas de dette, pas de factures impayées » –, la banque de la chaîne a fermé l’ensemble de ses comptes du jour au lendemain, sans explication. Une attaque « sournoise », résume Bild :
« Elle ne fait pas mal, je n’ai pas de bleu, mais par contre elle est mortelle. »
Et d’accuser :
« Ils ont cherché à faire crever TVL par des moyens bancaires et financiers. Ils ne sont pas loin d’y arriver. »
La suite est édifiante. Huit banques françaises ont refusé d’ouvrir un compte à la chaîne, « marquée » d’un signe distinctif. Celle qui a fini par accepter la traite, selon Bild, en paria : plafonds au rabais, démarches interdites, emprunt refusé malgré une situation saine.
« Je pense que quelqu’un qui est en prison et qui a un compte bancaire a plus de droits que nous. »
Coût de l’opération pour ce média qui ne vit que des dons de son public : quelque 450 000 euros de pertes, un trou que la chaîne peine toujours à combler. TVL a porté plainte pour identifier ces « petits hommes gris » qui, affirme son fondateur, ont soufflé la décision au directeur régional de la banque.
Pourquoi cet acharnement, et pourquoi maintenant ? Pour Martial Bild, la réponse tient en une date :
« Tout le but de l’opération, c’est d’empêcher les médias alternatifs d’être là en 2027. »
À l’approche de la présidentielle, le « bloc central » – appuyé par ses « supplétifs » d’extrême gauche – aurait « intérêt à réduire les voix dissidentes, et il faut le faire vite et fort ».
Face à cela, TVL refuse de se victimiser et prépare au contraire sa rentrée : nouvelles émissions, nouveaux concepts, et une ambition intacte, celle de devenir « une chaîne alternative d’ampleur nationale ». Avec plus d’un million d’abonnés sur YouTube et une indépendance revendiquée envers tous les pouvoirs – « nous ne cherchons pas à comprendre le monde à travers des ordres qui nous seraient fournis, que ce soit de Londres, de Berlin, de Moscou, de Washington ou de Tel-Aviv » –, la « machine » entend bien être au rendez-vous de 2027.
On en découvrira beaucoup plus dans l’entretien intégral ci-dessous : les origines du terme « médias alternatifs », les coulisses du lancement de TVL en 2013, cette proposition de loi sur la transparence bancaire votée au Sénat puis mystérieusement enterrée, ou encore le fameux « Fox News à la française » qui colle à la peau de Martial Bild depuis treize ans.