Sommet de l’OTAN à Ankara : des divisions difficiles à masquer
Réunis à Ankara, les membres de l’Alliance atlantique tentent d’afficher un front uni sur le dossier ukrainien. L’exercice s’annonce délicat, analyse le géopolitologue Gilles-Emmanuel Jacquet au micro de l’émission L’Afrique en marche : le sommet « vise justement à essayer d’aplanir ces divisions, à les masquer, ce qui est difficile ».
D’un côté, les quatre pays du groupe de Visegrad – Pologne, Tchéquie, Slovaquie et Hongrie – freinent tout accroissement de l’assistance militaire et financière à Kiev. Budapest ne fait pas exception, « malgré l’élection de Peter Magyar », souligne l’expert. La Turquie, pays hôte, plaide quant à elle pour la voie diplomatique, « tout en peut-être laissant entendre que l’OTAN n’a pas la main haute dans le conflit ».
De l’autre côté, Londres, La Haye, Berlin et sans doute Paris défendent une ligne ferme et la poursuite du soutien à l’Ukraine, « quitte à ce que cela mène à une impasse ». Une stratégie dont le géopolitologue interroge l’efficacité : « Est-ce que cela aide vraiment l’Ukraine à gagner ? On peut en douter. »
Et de mettre en garde : ces capitales refusant de négocier, « on peut craindre un coup d’éclat, un incident, une confrontation bien plus directe ». En toile de fond, conclut-il, le conflit offre à l’OTAN une raison d’exister.