Sion : encore une armurerie cambriolée, vaste traque en cours
La loi des séries continue pour les armureries valaisannes. Dans la nuit de vendredi à samedi, peu avant minuit, des malfaiteurs ont fracturé la porte principale de l’armurerie sédunoise « Les Dix » avant de s’emparer du butin et de prendre la fuite à bord d’un véhicule immatriculé en France.
Un important dispositif de recherches a immédiatement été déployé : polices cantonales valaisanne et vaudoise, polices municipales de Monthey et Martigny, Police Régionale des Villes du Centre, gardes-frontière, brigades cynophiles, ainsi que des drones et un hélicoptère Super Puma de l’armée équipé de vision nocturne et de détection thermique. Les recherches se concentrent actuellement dans la région de Saint-Maurice.
La police appelle la population à la plus grande prudence : ne pas intervenir ni tenter d’entrer en contact avec les fuyards, mais composer immédiatement le 117 en cas d’élément suspect. Le Ministère public a ouvert une instruction. Sur place, les réparations ont déjà été effectuées, mais le magasin reste fermé pour la journée, a indiqué le propriétaire à Rhône FM.
Ce vol s’ajoute à une série désormais impossible à qualifier de coïncidence : l’armurerie Dayer, à Sion, cambriolée à l’explosif le 18 juin dernier après un premier casse en octobre 2025, Evionnaz en juillet 2025, sans compter les cas vaudois. Un schéma récurrent, documenté par fedpol : des réseaux organisés externalisent ces délits à de très jeunes exécutants − souvent mineurs, majoritairement de nationalité française − recrutés via les réseaux sociaux et interchangeables. L’ancrage est transfrontalier : un réseau basé dans le pays de Gex, près de Genève, auquel douze cambriolages ou tentatives étaient imputés entre juillet et octobre 2025 dans toute la Suisse, a été démantelé en décembre dernier, avec cinq interpellations en France, selon la police neuchâteloise. Dès 2021 déjà, des gangs lyonnais ciblaient les armureries valaisannes.
Six mois après ce démantèlement, les casses continuent et c’est bien là le problème − le vivier d’exécutants se renouvelle plus vite que les enquêtes ne le tarissent. Et le paradoxe devient gênant : des centaines de milliers de fusils dorment dans les armoires des citoyens-soldats, pendant que les magasins qui les vendent se font ouvrir à l’explosif. Personne ne réclame le tir à vue pour l’instant, mais entre l’autodéfense et l’impuissance, il existe un espace qui s’appelle la politique. Il serait temps que quelqu’un l’occupe.