Remigration Summit 2026 : grand entretien avec Martin Sellner

Remigration Summit 2026 : entretien avec Martin Sellner

Le Remigration Summit 2026 se tiendra le samedi 30 mai 2026 à Porto. Rendez-vous paneuropéen consacré aux questions migratoires, identitaires et de souveraineté, l’événement réunira militants, essayistes, juristes, responsables politiques et créateurs de contenu favorables à une politique de rupture avec l’immigration de masse.

Le terme de « remigration », placé au centre des discussions, renvoie à l’idée d’un renversement des dynamiques migratoires actuelles par le retour des étrangers en situation irrégulière, des déboutés du droit d’asile, ainsi que, selon les sensibilités représentées, d’autres catégories jugées incompatibles avec les intérêts ou la cohésion des nations européennes. Comme lors des précédentes éditions, le sommet fait déjà l’objet d’une mobilisation hostile de plusieurs réseaux militants et politiques, signe que le sujet s’est imposé au centre du débat politique européen.

Parmi les intervenants les plus attendus figure Martin Sellner, militant autrichien né en 1989, essayiste et stratège politique connu pour avoir dirigé le mouvement identitaire en Autriche et pour son rôle intellectuel dans la diffusion du concept de remigration dans l’espace germanophone. Habitué des polémiques, des interdictions de conférences et des affrontements médiatiques, Sellner s’est imposé comme l’un des visages les plus connus de cette mouvance en Europe.

À l’heure où plusieurs pays européens durcissent leur politique migratoire sans remettre en cause les cadres qui l’ont produite, la question de la remigration quitte les marges pour entrer dans le débat public. Objectifs réels, faisabilité juridique, rapports de force politiques, liberté d’expression. nous avons interrogé Martin Sellner sur les ambitions du Remigration Summit 2026 et sur la recomposition idéologique en cours en Europe.

La remigration est le terme générique qui désigne et englobe un ensemble de politiques fiscales, culturelles, économiques, sociales, politiques et logistiques dont l'objectif est de prévenir le remplacement de la population par l'inversion des flux migratoires, restaurant ainsi la souveraineté, l'indépendance et l'identité des pays, par la défense de leur spécificité ethnoculturelle. - ReSum 2026

Entretien

Le Remigration Summit 2026 se tient à un moment où la question migratoire domine désormais une large part du débat européen. Quel objectif politique concret assignez-vous à cette édition ?

L’objectif central de l’édition 2026 du sommet ne se limite pas à des résultats politiques immédiats. Il s’agit avant tout d’un déplacement stratégique plus large dans le débat public. Nous menons un travail de long terme visant à normaliser le concept de « remigration » et à l’inscrire dans le débat politique courant.

Le sommet constitue un instrument métapolitique : un espace destiné à consolider notre vocabulaire, à rassembler des acteurs venus de différents pays et à donner une représentation professionnelle de notre mouvement. Nous voulons dépasser les débats nationaux isolés pour faire émerger un cadre européen commun autour de la remigration.

Le terme de « remigration » s’est largement diffusé ces derniers mois, tout en demeurant flou pour beaucoup. Quelle définition précise lui donnez-vous aujourd’hui ?

La remigration est un concept englobant qui dépasse largement la seule question des expulsions. Nous la définissons comme une inversion des flux migratoires destinée à préserver la continuité ethnoculturelle de l’Europe.

Cela comprend le retour des migrants en situation irrégulière et des déboutés du droit d’asile, mais aussi la réforme du droit d’asile et des règles de naturalisation, des incitations au retour volontaire accompagnées de programmes de réintégration, ainsi que la fin des naturalisations de masse.

Plutôt que de gérer ou d’intégrer une immigration continue, nous voulons un changement complet de système.

Visez-vous principalement le retour des clandestins et des déboutés du droit d’asile, ou un projet beaucoup plus large de réorientation démographique ?

Si les migrants en situation irrégulière constituent l’enjeu le plus immédiat, nous parlons également des résidents étrangers et même de sociétés parallèles non assimilées. L’immigration légale de remplacement doit également cesser.

Les naturalisations massives ont créé d’importantes sociétés parallèles. Nous voulons répondre à cela par des pressions économiques et culturelles, ainsi que par des politiques de retour volontaire.

Plusieurs gouvernements européens (Royaume-Uni, Allemagne, Suède, Italie, Danemark...) annoncent un durcissement migratoire tout en maintenant des niveaux d’entrées élevés. Y voyez-vous un véritable tournant ou un simple ajustement de communication ?

Je suis profondément sceptique face aux annonces actuelles des gouvernements concernant des politiques prétendument plus fermes. À mes yeux, beaucoup d’États européens adoptent un discours plus strict sans modifier réellement les lois.

Les moteurs structurels, le cadre juridique et les incitations économiques demeurent pour l’essentiel inchangés. De plus, ils ne parlent que d’immigration illégale, jamais d’immigration légale. C’est pourquoi des institutions comme Resum sont nécessaires, comme correctif neutre et indépendant.

Quels pays européens vous paraissent aujourd’hui les plus avancés vers une politique compatible avec vos idées ?

Au Danemark, au Royaume-Uni, en Pologne, en Suède et en Hongrie, nous observons déjà plusieurs exemples de politiques allant dans ce sens. Si l’on regarde l’Europe occidentale, je citerais surtout le Danemark et l’Italie, même si ces pays restent encore très éloignés de ce que nous jugeons nécessaire.

Le principal obstacle à la remigration est-il juridique, économique, moral ou simplement psychologique ?

Je pense que les principaux obstacles sont psychologiques et culturels. Le frein essentiel n’est ni l’argent, ni la logistique, ni le droit, mais l’absence de volonté des élites et l’impuissance politique des peuples européens.

Les contraintes juridiques et économiques sont secondaires. Elles n’ont d’ailleurs pas empêché des millions de personnes d’entrer illégalement et de rester sans droit au séjour. La remigration doit d’abord gagner la bataille des idées pour devenir une politique.

Vos opposants jugent vos propositions irréalistes à grande échelle. Quelle serait, selon vous, une première étape crédible applicable dès demain ?

La remigration n’est pas irréaliste. Ce qui s’est révélé irréaliste, c’est le multiculturalisme, qui a échoué dans les faits. Nos propositions n’ont jamais été réellement mises en œuvre, et il faudrait au moins les essayer.

Nous demandons d’abord une application cohérente et renforcée des lois existantes, puis une adaptation logique de ces lois à la situation actuelle.

Beaucoup d’Européens constatent les tensions liées à l’immigration, mais hésitent encore devant la radicalité du mot remigration. Comment les convaincre ?

Je pense que la réalité est notre meilleur allié pour convaincre ces personnes. Chaque jour, elles constatent l’échec de l’ancien système. Le fait que la remigration ait été présentée comme une alternative radicale joue en réalité en notre faveur. De plus en plus de gens souhaitent quelque chose de radicalement différent.

Nous accélérons la normalisation du terme en expliquant notre projet et en transformant la diabolisation menée contre nous en publicité involontaire.

Où placez-vous la frontière entre assimilation réussie et échec durable de l’intégration ? Une personne née en Europe, légalement citoyenne, issue d’une immigration récente, entre-t-elle ou non dans votre cadre politique ?

À mes yeux, l’assimilation doit être l’objectif de toute naturalisation : la personne qui obtient la citoyenneté doit opérer un changement profond, en alignant son identité et son mode de vie sur la continuité ethnoculturelle de la société qu’elle choisit comme nouvelle patrie. Cela peut fonctionner si les cultures sont compatibles et si l’immigration n’est ni trop rapide ni trop massive.

En revanche, les millions de personnes arrivées pour des raisons économiques et rapidement naturalisées ne sont, selon moi, pas assimilées. Tous les citoyens sont égaux devant la loi, cela est clair. Mais il faut des politiques culturelles et économiques favorisant l’assimilation ou incitant à la remigration. Il faut d’abord mettre fin aux naturalisations de masse.

Le traitement médiatique dont vous avez fait l’objet a-t-il limité votre influence ou, au contraire, renforcé votre audience ?

La tentative de diaboliser la remigration à travers ma personne a été un exemple parfait de l’effet Streisand. La diabolisation s’est transformée en promotion. Des millions de personnes ont entendu parler de remigration pour la première fois grâce à cette campagne médiatique hostile.

Lorsqu’elles se sont renseignées par elles-mêmes, elles ont découvert, selon moi, qu’on les avait trompées. Il s’est produit un phénomène comparable durant la période du Covid. Plus ils mentent à notre sujet, plus nous devenons forts.

Vous avez subi interdictions, campagnes hostiles et tentatives d’isolement. Qu’est-ce que cette séquence vous a appris sur l’état des libertés publiques en Europe ?

J’ai été privé de services bancaires, exclu de plateformes, empêché d’entrer dans plusieurs pays. J’ai comparu à de nombreuses reprises devant les tribunaux, subi des perquisitions, et été attaqué par des militants d’extrême gauche.

J’en conclus que les États d’Europe occidentale ne sont pas de véritables démocraties, mais des simulations de démocratie. Vous bénéficiez de libertés tant que vous votez et agissez conformément à l’idéologie dominante.

Si vous défendez une opinion dissidente avec efficacité, vous êtes traité différemment. Il n’existe donc pas, selon moi, de véritable liberté d’opinion en Europe, car la dissidence y a un coût élevé.

Considérez-vous l’Union européenne comme réformable sur ces sujets, ou structurellement engagée dans la logique inverse ?

Il existe certains signes positifs dans l’Union européenne, comme le récent référendum sur les centres de retour. Mais, en l’état, l’UE est dirigée par des élites multiculturalistes et mondialistes de gauche. Selon moi, elles utilisent nos ressources et la puissance des institutions pour imposer leur agenda, influencer les élections et restreindre la liberté d’expression. À terme, nous avons besoin d’une réforme patriotique de l’Europe.

Le nationalisme ancien modèle n’est pas l’avenir. Une coopération à plusieurs niveaux est nécessaire. Reste à savoir si l’Union actuelle peut être réformée ou s’il faudra bâtir autre chose.

Comment jugez-vous l’évolution des partis autrefois qualifiés de populistes lorsqu’ils approchent du pouvoir ?

Puisque nous croyons à la force de la métapolitique, une victoire électorale ne suffit pas à changer les choses. Nous avons vu à de nombreuses reprises que des partis arrivés au pouvoir sans appui solide dans les médias, le militantisme, le lobbying ou les institutions culturelles échouent à exercer réellement leur pouvoir.

Très souvent, les partis populistes oublient leurs idéaux ou renoncent face à ce qu’ils considèrent comme un État profond de gauche entravant chacune de leurs décisions. Seule une force métapolitique puissante, extérieure au parti, peut créer la dynamique nécessaire à un véritable changement politique.

Si rien ne change fondamentalement, à quoi ressemblera l’Europe en 2050 ?

Si rien ne change, l’Europe de 2050 sera un lieu totalement différent. Elle aura davantage changé en quelques décennies qu’au cours des cinq mille années précédentes de son histoire. À la place des États-nations ou d’une Europe puissante et unie, nous aurons, selon moi, un espace post-démocratique dominé par des clans étrangers et contrôlé par des acteurs non européens.

Les Européens autochtones connaîtront le sort des chrétiens du Liban ou des Blancs d’Afrique du Sud. Ils devront lutter chaque jour pour leur survie, tout en étant exploités par un État devenu étranger à leurs intérêts. Seule la remigration permettrait d’éviter ce scénario.

Propos recueillis par Dimitri Fontana, 22/04/2026

Notes

  • Agenda : pour en savoir plus sur le "Remigration Summit 2026" qui se tiendra à Porto (Portugal) le 30 mai prochain, rendez-vous sur remigrationsummit.com
  • Bibliographie : vient de paraître sur le sujet, en langue française, un ouvrage fondamental, sous la plume de Jean-Yves Le Gallou : Remigration. Pour l'Europe de nos enfants. À se procurer sur boutique.institut-iliade.com
  • Ressources : en langue anglaise, l'excelllent "whatis.remigration.eu" qui offre une définition très exhaustive.

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