Asinus asinum fricat
Dans le Temps du jour, le très européiste journaliste Michel Guillaume sert la soupe au très européiste politologue François Chérix. Ce dernier vient de commettre un ouvrage intitulé « Éloge funèbre de Guillaume Tell. » On y apprend que par suite de la fin des négociations relatives à l’accord-cadre, « la Suisse est tétanisée dans son coin. » Oui, par sa décision, le Conseil fédéral a ruiné le crédit de notre pays en Europe. Tout le contraire du héros Guillaume Tell qui préfigurait selon François Chérix « la justice, la citoyenneté et les droits de l’homme que porte aujourd’hui l’Union européenne face aux dictatures. »
Faire de Guillaume Tell un symbole des valeurs de l’Union européenne, il faut bien être eurolâtre à fond pour y parvenir. Mais ça tombe bien, le journaliste et son interlocuteur le sont. François Chérix ne s’arrête pas en si bon chemin, qui constate qu’« aujourd’hui, la démocratie directe domine la scène politique. » Vous voyez, lorsqu’un politologue nous explique les choses, on comprend. La démocratie directe domine la scène politique et c’est manifestement regrettable puisqu’elle nous a conduits dans cette situation que nos deux compères déplorent.
Sans doute faudrait-il remplacer cette fâcheuse démocratie directe par un système représentatif qui permettrait, comme l’a fait la France, de ratifier les traités européens en passant outre l’opposition de la population. C’est vrai, ces citoyens incompétents qui veulent sans arrêt donner leur avis, c’est d'un pesant. Ce qu’il faudrait, vieux rêve socialiste, c’est veiller à ce que seule une élite autorisée puisse conduire les affaires de notre pays. Le peuple ne dispose pas des outils intellectuels adaptés aux enjeux, il devrait donc se taire et confier son destin à ceux qui savent, comme Michel Guillaume et François Chérix.
Toujours est-il, n’en déplaise à notre tandem et au Temps, que l’Union européenne ne fait plus rêver, notamment et surtout chez les jeunes. Ils ont compris que l’Union européenne version von der Leyen n’est qu’une construction visant à servir les intérêts d’une Allemagne pilotée par les Etats-Unis. Ils ont compris que l’Union européenne se prend pour l’autorité suprême, se permettant de menacer les pays membres en fonction de leurs résultats électoraux comme la Suède ou l’Italie. Ils ont compris que contrairement à la lecture qu’en fait François Chérix, Guillaume Tell a choisi la liberté chez lui plutôt que la servitude dans un grand ensemble.
Ce pourquoi l’UDC s’engage.
Yvan Perrin
Secrétaire général

Et vous, qu'en pensez vous ?