Elections du Conseil fédéral 11.12.2019. Feu rouge pour les Verts.

Yvan Perrin
Ancien Conseiller national

Feu rouge pour les Verts

C'est râpé. Les Verts n'entreront pas au Conseil fédéral cette année. De la vague écologiste tant vantée par les médias, il ne reste qu'un peu d'écume sous la Coupole. Enhardis par un succès dépassant très largement les prévisions les plus optimistes, les Verts ont cru leur heure venue. Ils se sont trompés. Les arguments qui leur ont été servis ces derniers jours sont rigoureusement les mêmes que ceux que les écolos nous proposaient lorsqu'il était question de refuser le deuxième siège à l'UDC en 2003. A cette époque, les tournesols estimaient que l'UDC devait encore faire ses preuves, que son succès n'était pas un si grand succès que cela, qu'il fallait confirmer, qu'on verrait en 2007, que l'entier du Conseil fédéral se représentait et qu'il fallait donc réélire le cénacle en bloc. Manifestement, la pensé a mûri durant les quatre législatures écoulées. Aujourd'hui, le moindre frémissement électoral devrait être traduit dans l'heure au Conseil fédéral.

Fort heureusement, la majorité de l'Assemblée fédérale a su garder la tête froide et a choisi la stabilité, réélisant le gouvernement en bloc, offrant même à Ignazio Cassis, celui dont les Verts convoitaient le siège, une meilleure élection que lors de son entrée au Conseil fédéral.

Le résultat du jour est aussi une baffe pour Christian Levrat. L'homme n'avait pas non plus vu venir les Verts qui lui ont taillé bien des croupières. Son arrogance envers ce parti qu'il a toujours considéré comme un junior partner en a pris un coup. Le président du PS s'est alors érigé en porte-parole des écolos tandis que ceux-ci font de leur mieux pour quitter leur rôle de supplétifs socialistes et vivre leur propre destin. Il fallait récupérer d'urgence une partie de leur succès en s'y associant, réclamant à corps et à cris un siège pour ces petits Verts bien remuants. Il a tenté la menace avec le PDC, déclarant que soutenir les Verts constituait leur unique chance de garder leur siège au Conseil fédéral. Manifestement, les démocrates-chrétiens n'ont pas été sensibles aux arguments du Sieur Levrat, faisant savoir qu'ils soutiendraient les candidats en place. Echec également pour le Parti socialiste dont nombre de membres attendent avec une impatience de moins en moins dissimulée le départ du très dirigiste grand leader.

La question d'un siège vert au Conseil fédéral reste néanmoins ouverte. Si la formation confirme en 2023, il faudra admettre que la population lui a renouvelé sa confiance, ce qui devra être traduit au niveau gouvernemental. Dans le cas contraire, force sera de constater que le choix d'aujourd'hui aura été fort judicieux face à un feu de paille verte. Nous aurons bien vite une petite idée avec les référendums qui ne manqueront pas d'être lancés contre les velléités liberticides et confiscatoires des Verts. Le passage de l'écologie théorique à l'écologie pratique risque de rebuter nombre de soutiens qui verront concrètement les effets des argument qui les ont touchés au cœur sur leur porte-monnaie.

Yvan Perrin, 11.12.2019

5 commentaires

  1. Posté par Mandon Jack le

    Alors soyons clair. il est normal que les écologistes soient vantés par les médias crétins, entre faussaires on se soutient. Les vrais écologistes sont les paysans archaïques, germains ou scandinaves qui se répandirent abondamment en Europe au terme de l’empire romains. Un véritable écolo connait la terre, la matière aussi bien que Gaïa. La terre se vit dans les tripes pas dans les livres. Ecologie-Economie une adéquation capitaliste. Encore une.

  2. Posté par Dominique le

    C’est justifié. D’abord il faut attendre de voir ce que ces verts font de bien pour le peuple Souverain suisse. Pour le moment je ne les ai vus que s’activer pour leur carrière personnelle et leur hypocrite sainteté.

  3. Posté par Aristocle le

    Et pourtant, la RTSocialiste a mis le paquet depuis 1 mois pour promouvoir l’extrêmiste pastèque Regula Rytz.

  4. Posté par Freddy le

    Encore une excellente analyse d’Yvan Perrin. Vivement un référendum pour que le peuple puisse montrer à ces verts qu’ils sont de doux mais dangereux rêveurs. En Valais ils ont pendant des années exigé la fermeture de l’aérodrome de Sion en disant clairement que les emplois perdus étaient insignifiants pour la région, les plus virulents étaient évidemment la Volpi-Fournier, le Cristophe Clivaz. Enseignant au niveau secondaire et percevant des salaires supérieurs à 10’000 frs par mois financés par nos impôts, ces gens ont fait preuve d’un égoïsme sans limite et tant pis pour les familles concernées. Je remercie ici encore Yvan Perrin qui était venu au restaurant de l’aérodrome de Sion défendre la présence de l’armée à Sion lors d’une émission radiophonique. Notre nouveau conseiller national cité plus haut qui réclame d’énormes hausses des taxes carburant n’hésite pas à aller passer ses vacances à l’île Maurice… Il s’y est bien sûr rendu à vélo.
    Excellentes fêtes

  5. Posté par antoine le

     »Le passage de l’écologie théorique à l’écologie pratique risque de rebuter nombre de soutiens qui verront concrètement les effets des argument qui les ont touchés au cœur sur leur porte-monnaie. »
    Bien vu et bien dit M. Perrin !
    Dès qu’on parle de gros sous, cela va vite chanter et certains vont déchanter !
    Dès que la dictature des Verts est en place, les impôts sont revus à la hausse et les taxes commencent à pleuvoir (exemple de Genève).
    https://lesobservateurs.ch/2019/12/11/geneve-la-gauche-veut-des-hausses-dimpots-pour-combler-le-deficit/
    https://lesobservateurs.ch/2019/11/07/geneve-la-circulation-differenciee-sera-instauree-le-15-janvier-lamende-sera-de-500-francs/

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