La droite emprunte depuis longtemps ses mots à la gauche : la peur de ne pas paraître assez à gauche est sa maladie honteuse. Un jeune parlementaire, saluant le « nouveau Sarkozy », se réjouit qu’il n’apparaisse plus comme l’homme d’une « droite conservatrice et réactionnaire » : la droite injurie souvent sa droite ; la gauche s’épargne cette maladresse avec sa gauche. “Exclusion”, “discrimination”, “phobies”, “sans-papiers”, “mariage pour tous”, tout est bon, à gauche, pour incarner le progrès, jeter l’anathème, interdire, forcément, “tout retour en arrière”. Sommes-nous condamnés à changer de langue, comme dans un pays occupé ? Un syllogisme donne le la : la gauche, c’est le progrès, le progrès c’est bon, donc la gauche est notre horizon collectif. Cessons de jouer les assesseurs au tribunal de l’inquisition morale !
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