"Imprégnée par les racines chrétiennes de notre pays, je suis très sensible à la liturgie, aux homélies, aux chants religieux.
Les carmélites ont contribué à ma réussite scolaire, et cette réussite a été accompagnée par les récits bibliques. Au-delà des manifestations de la foi, il y a la place que je donne à Dieu, et donc au Fils de Dieu. Je pense même que Dieu est une nécessité pour l’homme, c’est le rappel constant que nous ne sommes pas tout-puissants, c’est le rappel d’un impératif moral d’aimer son prochain, de l’accueillir, de lui venir en secours.
Jésus, c’est le mystère de Dieu fait Homme, que nous célébrons à Noël. C’est le pardon sur la Croix, avec cette promesse merveilleuse au brigand mourant mais repentant près de lui."
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À Contresort! Évidement que je fanfaronne. En plus je claironne! Je joue de la trompette quand je fais un geste charitable. Mieux encore, je fais le pitre. Exemple? À Pak Kret, près de Bangkok, près d’un temple, un bâtiment abrite des WC. Un moine se tient à quatre mètres d’un « tronc » destiné à recevoir l’obole des utilisateurs. Avant d’y glisser ma contribution j’en signale la petitesse au moine avec le pouce et l’index. Je mime la chute de la pièce. Et un grand bruit quand elle arrivé à destination! Coluche aurait fait ça mieux que moi! Mais le moine à ri, et moi aussi. Ça fait du bien! Mais vous avez compris que non seulement j’ai tué des mouches, mais j’ai parfois gravement offensé des gens! Ce faisant j’ai aussi perdu la face. Que faire? Se confondre en plates excuses, se justifier? Oui dire « oui, c’est moi », et faire confiance à Cet autre, Ce tout Autre en nous et au-dessus de nous qui seul peut restaurer. Oui, Rachida met à juste titre l’humilité en évidence. Et j’aimerai bien partager mes mots avec elle.
Poufpoufpouf, vous n’avez jamais tué une mouche ? Fanfaron, va.
Rachida Dati me surprend, en bien. Et m’inspire quelque réflexion. Et une précision. Brossons le tableau. Il y a trois croix. Le juste est pendu à celle du centre. Sur les deux autres deux brigands. L’un d’eux revendique, injurieux: « si tu es fils de Dieu sauve toi et sauve nous! ». Notez qu’il dit « nous! » L’autre le fustige en disant « ne crains-tu pas Dieu? toi qui subis la même condamnation? Pour nous c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes… Puis, à Jésus, souviens-toi de moi quand tu sera dans ton règne. » Luc 23:39-42 Dans les autre évangiles l’accent est mis sur le peuple et les notables qui insultent et raillent. Tous sont mouillés!
Le pardon… Facile à demander! Ce gars pourtant ne demande rien, ne plaide ni ne tergiverse. Pour nous c’est justice! Et il est face à la mort certaine. Ça ne se fabrique pas! C’est toujours après un tel moment de vérité que l’on sait, jamais avant!
La réponse que reçoit cet homme de Jésus est étonnante. D’une manière que je viens seulement de remarquer. » Aujourd’hui tu seras… Avec moi dans le paradis ». Aujourd’hui, pas demain, tu seras! Et non « tu es ». Je reviendrais, le moment venu et s’il vient, sur cette subtilité.
Quelque chose me chiffonne dans cette « histoire »! Le fait que je ne puisse pas me reconnaître en ce brigand, moi qui n’a jamais tué une mouche. Étais-je du peuple, ou membre du sanhédrin?