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Pour Amnesty International, c’est toujours la faute de la police !

Yvan Perrin
30 mars 2026
3 min de lecture

La police ber­noise pour­suit son enquête visant à iden­ti­fier les abru­tis qui ont mis la capi­tale à sac le 11 octobre der­nier dans le cadre d’une énième mani­fes­ta­tion pour Gaza.

Comme à chaque fois, ce fut l’oc­ca­sion pour tout ce que la Suisse compte comme cas­seurs de don­ner libre cours à leurs pul­sions des­truc­trices. Ain­si, la police envi­sage de rendre publics les cli­chés immor­ta­li­sant les cra­pules qui res­tent encore ano­nymes si elles ne s’annoncent pas spon­ta­né­ment. Cela fait hur­ler la porte-parole d’Amnesty Inter­na­tio­nal qui s’épanche dans le Matin Dimanche.

La dame fus­tige la police qui « n’a pas réus­si à empê­cher les dégâts cau­sés par un groupe d’individus – 18 poli­ciers bles­sés et quelque 600 000 francs de dom­mages – tout en com­met­tant de graves erreurs contre des mani­fes­tant-e-x‑s paci­fiques. » Euh… 18 poli­ciers bles­sés, 600 000 francs de dégâts et mani­fes­tant-e-x‑s paci­fiques, y a pas une légère contra­dic­tion dans les termes ?

La police ne devrait pas pro­cé­der ain­si, selon la porte-parole, car « la dif­fu­sion publique du visage d’une per­sonne consti­tue une ingé­rence grave dans sa vie pri­vée, en par­ti­cu­lier lorsqu’elle l’expose ou la stig­ma­tise dura­ble­ment. » Certes, voir sa gueule à la une en train de cas­ser voire de bou­ter le feu à un éta­blis­se­ment public dont le per­son­nel est encore à l’intérieur peut contra­rier. Mais il existe un moyen très simple de se pré­mu­nir contre des désa­gré­ments de ce type. Res­pec­ter la loi, le bien d’autrui, mani­fes­ter sans tout détruire le long du cor­tège. Mais le res­pect de la loi, du bien d’autrui, entrave le droit à mani­fes­ter.

À Berne, le 11 mars der­nier, une motion est pas­sée devant le Conseil natio­nal deman­dant que les orga­ni­sa­teurs de mani­fes­ta­tions soient tenus d’assumer les frais que l’événement a engen­drés. Les Verts s’y sont oppo­sés avec une remar­quable una­ni­mi­té tan­dis qu’au Par­ti socia­liste, seuls deux cou­ra­geux ont sou­te­nu le texte. Pour la gauche, à deux excep­tions près, per­sonne n’est res­pon­sable d’une mani­fes­ta­tion qui dégé­nère, les dégâts sont à la charge de la socié­té puisque de toute façon, c’est la faute de la police.

Autre perle déni­chée dans Le Matin Dimanche, un article consa­cré au car­na­val anti­fas­ciste d’hier à Lau­sanne, auto­ri­sé par la muni­ci­pa­li­té sans même que les orga­ni­sa­teurs cou­ra­geu­se­ment ano­nymes aient eu à faire de demande.

« Le car­na­val a en effet créé la sur­prise en ne sui­vant pas l’itinéraire approu­vé et annon­cé par la police. »

Il n’y a bien qu’une jour­na­liste du Matin Dimanche pour être sur­prise que les anti­fas n’aient pas sui­vi les consignes de la police. Le res­pect de la loi, c’est fas­ciste, comme tout le monde le sait.

Yvan Perrin
Yvan Perrin

Ancien Conseiller national.

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