Plus d’immigration alors que le chômage augmente ?
Le chômage progresse en Suisse romande, et avec lui un malaise de plus en plus visible dans le débat public.
Genève atteint 5,1% de chômage, Vaud 4,8%, le Jura et Neuchâtel suivent la même trajectoire. Dans le canton de Vaud, la hausse dépasse 11% en un an. Et surtout, la tendance ne se limite plus à quelques secteurs : elle s’étend, touche les services, l’informatique, les jeunes diplômés, et s’inscrit dans une dynamique durable plutôt que ponctuelle.
Alors même que le chômage augmente et que les offres d’emploi se raréfient dans plusieurs branches, certains continuent de défendre une augmentation soutenue de l’immigration de travail comme réponse quasi automatique aux besoins économiques.
D’un côté, les entreprises freinent les recrutements, les jeunes diplômés rencontrent davantage de difficultés d’insertion, et l’intelligence artificielle commence à redessiner certaines professions, notamment dans les métiers qualifiés. De l’autre, l’argument selon lequel la Suisse aurait structurellement besoin d’augmenter encore ses flux migratoires reste avancé comme une évidence, sans tenir compte de la conjoncture réelle du marché du travail.
Le chômage en hausse rappelle justement que l’ajustement ne peut pas être unilatéral. Lorsqu’une économie ralentit, lorsque les entreprises recrutent moins, lorsque les jeunes peinent à entrer sur le marché du travail, la question de la régulation des flux migratoires devient une question de cohérence globale, et non un tabou idéologique.
L’initiative pour la durabilité : une réponse politique nécessaire !
L’initiative “Pas de Suisse à 10 millions” s’inscrit dans cette logique de limite et d’équilibre. Elle pose une question que beaucoup préfèrent éviter : la Suisse doit-elle continuer à croître démographiquement sans cap clair, ou doit-elle fixer un cadre soutenable qui tienne compte à la fois de sa capacité économique, sociale et infrastructurelle ?
Notre pays doit reprendre la maîtrise de ses équilibres, au lieu de subir simultanément les tensions du chômage, de la transformation économique et de l’immigration.