lundi 15 juin 2026
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Pas de Suisse à 10 millions : une intervention exclusive de Christoph Blocher

Nous avons demandé à Monsieur l’ancien conseiller fédéral Christoph Blocher de nous indiquer les cinq principales raisons pour lesquelles les Suisses devraient voter OUI à l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions » le 14 juin 2026. Il a bien voulu répondre à notre sollicitation dans le cadre d’une contribution exclusive accordée aux Observateurs.

Les Observateurs (la rédaction)
4 min de lecture

Vous m’avez deman­dé de vous expo­ser les 4 à 5 rai­sons fon­da­men­tales pour les­quelles la Suisse devrait dire oui, sans condi­tion, à l’initiative « Pas de Suisse à 10 mil­lions d’habitants » :

1. Comme peu d’autres pays, la Suisse a connu une forte immi­gra­tion au cours des vingt der­nières années : la popu­la­tion a aug­men­té de 1,7 mil­lion de per­sonnes. Aujourd’hui, la Suisse compte déjà 9,1 mil­lions d’habitants. La crois­sance démo­gra­phique y a été seize fois plus forte qu’en Alle­magne, par exemple. Les prin­ci­pales causes de cette évo­lu­tion sont, d’une part, la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes avec l’Union euro­péenne et, d’autre part, le fait qu’un grand nombre de per­sonnes admises à titre pro­vi­soire res­tent dura­ble­ment, le plus sou­vent défi­ni­ti­ve­ment, en Suisse.

2. Cette immi­gra­tion affai­blit for­te­ment la Suisse. Presque tous les pro­blèmes, qu’il s’agisse des routes satu­rées, des trains bon­dés, des dif­fi­cul­tés sco­laires ren­con­trées par les enfants, de la hausse de la cri­mi­na­li­té, de la dis­pa­ri­tion des terres agri­coles, de la pres­sion sur les assu­rances sociales ou encore de la perte de niveau de vie pour une par­tie de la popu­la­tion, en sont des consé­quences graves. L’acceptation de l’initiative « Pas de Suisse à 10 mil­lions d’habitants » per­met­trait de chan­ger cette situa­tion.

3. L’initiative demande au Conseil fédé­ral de prendre des mesures afin de stop­per cette crois­sance exces­sive. Car cette crois­sance entraîne un besoin tou­jours plus impor­tant de nou­veaux immi­grés : lorsqu’une ville comme Saint-Gall s’ajoute chaque année à la Suisse en termes de popu­la­tion, il faut davan­tage de méde­cins, d’hôpitaux, de per­son­nel soi­gnant, de poli­ciers, d’enseignants et bien d’autres res­sources encore, ne serait-ce que pour répondre aux besoins des nou­veaux arri­vants. En outre, 80 000 immi­grés sup­plé­men­taires néces­sitent 40 000 voi­tures et 40 000 loge­ments.

4. L’initiative oblige le Conseil fédé­ral à agir dès lors qu’il devient pré­vi­sible que la Suisse dépas­se­ra le seuil des 10 mil­lions d’habitants avant 2050. L’économie suisse n’a pas besoin d’une immi­gra­tion aus­si impor­tante : une crois­sance net­te­ment plus modé­rée suf­fi­rait.

5. L’immigration en Suisse n’est pas un pro­blème en soi. Le pro­blème est plu­tôt qu’il y a trop d’arrivées, et que ce ne sont pas les bonnes per­sonnes qui viennent. L’acceptation de l’initiative « Pas de Suisse à 10 mil­lions d’habitants » per­met­trait de réduire l’immigration tout en conti­nuant à faire venir les spé­cia­listes dont le pays a besoin. Elle offri­rait éga­le­ment l’occasion de cor­ri­ger enfin les dys­fonc­tion­ne­ments du sys­tème d’asile. Si l’initiative est accep­tée, la situa­tion des Suis­sesses et des Suisses pour­rait s’améliorer.

Si elle est reje­tée, les pro­blèmes per­sis­te­ront et la popu­la­tion devra conti­nuer à en sup­por­ter les consé­quences néga­tives et les coûts. C’est pour­quoi l’acceptation de cette ini­tia­tive est impor­tante.

Chris­toph Blo­cher

La ver­sion ori­gi­nale alle­mande du texte de Mon­sieur Blo­cher est éga­le­ment repro­duite ci-des­sous.

Sie haben mich gebe­ten Ihnen die 4 – 5 fun­da­men­ta­len Gründe mit­zu­tei­len, weshalb die Schweiz zu die­ser « Keine 10-Mil­lio­nen-Schweiz Ini­tia­tive » bedin­gung­slos ja sagen sollte :

1. Wie kaum ein anderes Land hat die Schweiz in den letz­ten 20 Jah­ren eine starke Zuwan­de­rung erlebt – die Bevöl­ke­rung ist um 1.7 Mil­lio­nen gewach­sen. Heute hat die Schweiz bereits 9.1 Mil­lio­nen Ein­woh­ner. Die Schweiz ist 16-mal stär­ker gewach­sen als bei­spiels­weise Deut­schland. Haupt­gründe für dieses Wachs­tum ist einer­seits die Per­so­nen­freizü­gig­keit mit der Europäi­schen Union und ande­rer­seits – die Tat­sache, dass viele vorläu­fig auf­ge­nom­mene Per­so­nen lang­fris­tig (meist für immer) in der Schweiz blei­ben.

2. Diese Zuwan­de­rung schwächt die Schweiz enorm. Fast alle Pro­bleme wie vers­topfte Stras­sen, überfüllte Züge, Schul­pro­bleme bei den Kin­dern, stei­gende Kri­mi­na­lität, Kul­tur­land­ver­lust, die Belas­tung der Sozial­werke sowie der Wohl­stand­sver­lust ein­zel­ner Bür­ger sind schwer­wie­gende Fol­gen davon. Das ändert sich, wenn die Ini­tia­tive « Keine 10-Mil­lio­nen-Schweiz » ange­nom­men wird.

3. Die Ini­tia­tive ver­langt, dass der Bun­des­rat Mass­nah­men ergreift, damit dieses übermäs­sige Wachs­tum ges­toppt wird. Denn dieses exzes­sive Wachs­tum führt dazu, dass immer mehr neue Zuwan­de­rer benö­tig wer­den : Wenn jedes Jahr eine Stadt wie St. Gal­len zur Schweiz hin­zu­kommt, braucht es zusätz­liche Ärzte, Spitä­ler, Pfle­ge­per­so­nal, Poli­zis­ten, Leh­rer und vieles mehr, um nur die neu Zuge­wan­der­ten zu ver­sor­gen. Zudem benö­ti­gen 80’000 zusätz­liche Zuwan­de­rer 40’000 Autos und 40’000 Woh­nun­gen.

4. Die Ini­tia­tive verp­flich­tet den Bun­des­rat dazu, Mass­nah­men zu ergrei­fen, sobald abseh­bar ist, dass die Schweiz vor dem Jahr 2050 die Grenze von 10 Mil­lio­nen Ein­woh­nern über­schrei­ten wird. Die Schwei­zer Wirt­schaft braucht keine derart starke Zuwan­de­rung – auch ein deut­lich gerin­geres Wachs­tum genügt.

5. Ein­wan­de­rung in die Schweiz ist grund­sätz­lich nicht das Pro­blem. Das Pro­blem ist viel­mehr, dass zu viele kom­men und die Fal­schen. Die Annahme der Ini­tia­tive « Keine 10-Mil­lio­nen-Schweiz » würde die Zuwan­de­rung redu­zie­ren, glei­ch­zei­tig aber wei­te­rhin die benö­tig­ten Fach­kräfte ermö­gli­chen. Zudem würde sie die Chance bie­ten, Missstände im Asyl­we­sen end­lich zu behe­ben. Wird die Ini­tia­tive ange­nom­men, könnte es den Schwei­ze­rin­nen und Schwei­zern bes­ser gehen.

Wird sie abge­lehnt, dauern die Pro­bleme an, und die Bevöl­ke­rung muss wei­te­rhin die nega­ti­ven Fol­gen tra­gen und bezah­len. Deshalb ist die Annahme der Ini­tia­tive wich­tig.

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