lundi 15 juin 2026
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Pas de Suisse à 10 millions. Christoph Blocher : « Il en vient trop et les mauvais ! »

Dans un entretien accordé au SonntagsBlick, Christoph Blocher met en garde contre un rapprochement accru avec l’Union européenne et contre la perspective d’une « Suisse à 10 millions d’habitants ».

Les Observateurs (la rédaction)
3 min de lecture

Dans un entre­tien accor­dé au Sonn­tag­sBlick, Chris­toph Blo­cher met en garde contre un rap­pro­che­ment accru avec l’Union euro­péenne et contre la pers­pec­tive d’une « Suisse à 10 mil­lions d’habitants ». L’ancien conseiller fédé­ral juge les accords actuel­le­ment envi­sa­gés « encore plus pour­ris que l’accord sur l’EEE » de 1992 et évoque un conflit d’intérêts pro­fond entre la « classe poli­tique » et la popu­la­tion.

Sur la ques­tion migra­toire, Blo­cher cible direc­te­ment la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes. « Il en vient trop et les mau­vais », affirme-t-il. Selon lui, l’immigration en tant que telle n’est pas en cause, mais bien « l’immigration exces­sive », qu’il asso­cie à un « stress de den­si­té », à une hausse des coûts, à des ten­sions dans le sys­tème sco­laire ain­si qu’à une pres­sion accrue sur les infra­struc­tures et l’État social. À terme, la Suisse ris­que­rait d’y perdre « pros­pé­ri­té, liber­té et sécu­ri­té ». L’initiative contre une « Suisse à 10 mil­lions d’habitants » vise, dans cette optique, à contraindre le Conseil fédé­ral à reprendre le contrôle des flux migra­toires, les moda­li­tés concrètes devant ensuite être défi­nies par le gou­ver­ne­ment.

L’ancien diri­geant de l’UDC s’en prend éga­le­ment fron­ta­le­ment au Conseil fédé­ral et aux défen­seurs des nou­veaux accords avec l’UE. Il qua­li­fie l’expression « Bila­té­rales III » de « lan­gage d’escrocs », esti­mant qu’elle masque en réa­li­té une inté­gra­tion ins­ti­tu­tion­nelle ren­for­cée. Il cri­tique en par­ti­cu­lier la reprise dyna­mique du droit euro­péen et les méca­nismes de sanc­tions en cas de dif­fé­rend, qui revien­draient, selon lui, à sou­mettre le droit suisse à la Cour de jus­tice de l’Union euro­péenne. Dans ce sché­ma, « les poli­ti­ciens seraient ren­for­cés, les citoyens affai­blis ».

Pour Blo­cher, les enjeux liés à l’immigration, à la neu­tra­li­té et aux rela­tions avec l’UE sont indis­so­ciables. Tous ren­voient, selon lui, à une même ques­tion cen­trale : celle de l’indépendance du pays. Il estime par ailleurs que l’opposition aux pro­jets euro­péens est aujourd’hui plus large qu’en 1992, évo­quant l’émergence de nou­velles struc­tures comme Auto­no­mie­suisse ain­si que l’engagement de figures issues de l’économie et des classes moyennes.

Enfin, Blo­cher s’en prend à l’industrie phar­ma­ceu­tique, dans un contexte de dis­cus­sions sur les prix des médi­ca­ments et de pres­sions pos­sibles des États-Unis sous Donald Trump. Il rejette toute hausse admi­nis­trée des prix au béné­fice des groupes bâlois et plaide au contraire pour une libé­ra­li­sa­tion com­plète. « Je trouve absurde que les Suisses doivent payer plus cher leurs médi­ca­ments pour que la chi­mie bâloise béné­fi­cie de meilleures condi­tions aux États-Unis », déclare-t-il.

À 85 ans, Chris­toph Blo­cher laisse entendre que le com­bat autour des rela­tions avec l’Union euro­péenne pour­rait consti­tuer son ultime grande bataille poli­tique. « Je l’espère », conclut-il.

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