Bulgarie : le président Radev refuse de soutenir des sanctions européennes contraires aux intérêts du pays
À l’approche du Conseil européen de Bruxelles, le président bulgare Rumen Radev a affirmé que la Bulgarie ne soutiendrait aucune nouvelle sanction contre la Russie susceptible de nuire à son économie ou à son secteur énergétique.
Interrogé sur le 21e paquet de sanctions actuellement discuté par l’Union européenne, il a remis en cause leur efficacité, demandant quels résultats concrets elles avaient produits pour mettre fin à la guerre en Ukraine ou favoriser un processus de paix.
Selon lui, le conflit dépasse désormais largement le cadre militaire. « Cette guerre a depuis longtemps quitté les tranchées pour s’étendre à l’économie, à l’énergie, au sport, à la culture et commence maintenant à toucher les religions. Je pense que le temps des croisades est révolu », a‑t-il déclaré.
Rumen Radev a également exprimé son inquiétude face à l’extension des sanctions au domaine religieux. « Quel message envoyons-nous lorsque nous étendons les sanctions et la guerre à la religion ? Réalisons-nous où cela nous mène ? », a‑t-il interrogé, précisant que sa préoccupation portait avant tout sur les millions de fidèles de l’Église orthodoxe russe, et non sur la personne du patriarche.
Le chef de l’État bulgare a rappelé que Sofia avait déjà, par le passé, bloqué certaines mesures européennes afin de préserver son secteur nucléaire et a réaffirmé que les intérêts économiques nationaux demeuraient la priorité de la Bulgarie. Il a toutefois indiqué que la position définitive du pays serait arrêtée après les consultations avec les autres États membres.
En marge de ces déclarations, Rumen Radev a également qualifié de « fragile » le récent mémorandum conclu entre les États-Unis et l’Iran, appelant à un accord de paix plus global. Il s’est enfin montré très critique envers les autorités de Macédoine du Nord, qu’il accuse d’entraver leur propre processus d’adhésion à l’Union européenne en ne respectant pas les engagements pris et les principes de l’État de droit.