L’affaire de Charlie Hebdo a une nouvelle fois rouvert le débat sur l’autorité à l’école. Pourquoi, depuis le temps qu’on évoque le sujet, la situation ne fait-elle que se dégrader ?
Pour cette raison même : on n’a cessé d’évoquer la question, sans jamais tenter d’y répondre. Inutile d’invoquer cette fois les effets pervers de Mai 68, qui fut certes une contestation globale de l’autorité dans ses façons d’être, mais pas dans son principe. Pour avoir vécu ces événements de l’intérieur, lycéen puis étudiant (car Mai 68 a bien duré cinq ou six ans), je peux affirmer qu’un immense respect entourait les enseignants. D’ailleurs, combien d’ex-soixante-huitards se sont eux-mêmes faits enseignants ? Moi-même…
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Pour que personne ne passe à côté de ce trésor de sagesse, je le reproduis ici:
Jean-Paul Brighelli (9.02.2015) L’auteur de “la Fabrique du crétin” et de “Tableau noir” explique comment on a sapé l’autorité à l’école.
[…] Le début de l’apocalypse est bien plus récent : c’est, en 1989, le vote de la loi Jospin. Non seulement parce qu’elle institue le droit à l’expression des élèves — de tous les élèves, à commencer par tous ceux qui n’ont rien à dire —, mais qu’en mettant “l’élève au centre”, elle le réinstitue en petit roi. L’école est un processus a priori d’uniformisation. SI LES ENFANTS PLEURENT PARFOIS EN ENTRANT EN MATERNELLE, C’EST QU’ILS SAVENT QU’ILS VONT CESSER D’ETRE LE CENTRE DU MONDE. Or, la loi Jospin a brisé cette égalité et encouragé l’expression de toutes les opinions — à commencer par la caricature de celle des parents. “C’est votre avis, ce n’est pas le mien” est la phrase que l’on entend aujourd’hui le plus à l’école. On me l’a balancée il y a peu — en classe préparatoire — à propos de Darwin.
LE PROBLEME EST QU’EN METTANT L’ELEVE AU CENTRE, ON OTE LE SAVOIR ET SA TRANSMISSION QUI Y ETAIENT PRECEDEMMENT. DES QUE LE MAITRE N’EST PLUS CELUI QUI SAIT, IL REDEVIENT UN QUIDAM.
[…]