Après Eva Vlaardingerbroek, Dries Van Langenhove se voit à son tour refuser l’entrée au Royaume-Uni
Cette affaire met en lumière une contradiction de plus en plus visible dans la politique britannique. Les autorités affirment ne pas disposer des moyens nécessaires pour maîtriser des flux migratoires illégaux qui se comptent par dizaines de milliers de personnes chaque année. En revanche, elles semblent parfaitement capables d'identifier, d'intercepter et d'exclure du territoire des conférenciers européens invités à participer à des débats privés sur l'immigration ou la liberté d'expression.
Le militant nationaliste flamand Dries Van Langenhove affirme avoir été empêché d’entrer sur le territoire britannique alors qu’il devait participer à Londres à un forum consacré à la liberté d’expression.
Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, il explique avoir été intercepté par les services britanniques de contrôle frontalier dans la zone Eurostar de Paris, quelques heures après une intervention au Parlement européen à Strasbourg consacrée à la législation européenne sur les discours de haine. Selon son témoignage, il a été retenu à plusieurs reprises, interrogé par les autorités britanniques puis finalement informé que son entrée au Royaume-Uni était refusée au motif que sa présence ne serait « pas conforme à l’intérêt public ».
L’incident intervient dans un contexte plus large de restrictions visant plusieurs personnalités critiques des politiques migratoires ou des législations encadrant la parole publique. Quelques semaines auparavant, la commentatrice néerlandaise Eva Vlaardingerbroek avait elle aussi dénoncé des difficultés d’entrée sur le territoire britannique et annoncé son intention d’engager une procédure judiciaire contre cette décision.
Dries Van Langenhove devait participer à un événement organisé par Michael Shellenberger, consacré aux questions de liberté d’expression et tenu sous la règle de Chatham House. Le militant flamand souligne l’ironie qu’il voit dans le fait d’être empêché d’assister à une rencontre portant précisément sur ce thème.
Ancien député fédéral belge et figure du mouvement nationaliste flamand, Dries Van Langenhove est depuis plusieurs années la cible de poursuites judiciaires et de campagnes médiatiques ciblées liées à ses activités militantes. En 2024, il a été condamné en première instance dans l’affaire dite de « Schild & Vrienden », portant notamment sur des contenus échangés au sein de groupes privés de discussion. Il conteste cette condamnation, qu’il considère comme une atteinte à la liberté d’expression, et a fait appel.
Reste désormais à savoir s’il suivra la même voie qu’Eva Vlaardingerbroek en contestant juridiquement la décision britannique. L’intéressé n’a pour l’heure pas annoncé de recours, mais a indiqué qu’il devait s’exprimer la semaine prochaine devant le Conseil de l’Europe.
Après Tommy Robinson, Eva Vlaardingerbroek et désormais Dries Van Langenhove, c’est une même logique qui paraît se dessiner : la frontière britannique ne fonctionne pas seulement comme un outil de contrôle migratoire, mais de plus en plus comme un instrument de sélection idéologique. Le paradoxe est frappant : un État qui peine à empêcher l’entrée de migrants clandestins traversant la Manche par milliers parvient sans difficulté à bloquer l’accès à son territoire à des personnalités politiques dûment identifiées, voyageant légalement et invitées à prendre la parole lors d’événements publics ou privés.