Manifestations contre le G7 à Genève : manifestations violentes, criminalité, droit du sol, décivilisation… Grand entretien avec Uli Windisch

Uli Windisch
Rédacteur en chef
Manifestations contre le G7 à Genève : manifestations violentes, criminalité, droit du sol, décivilisation… Grand entretien avec Uli Windisch

La mi-juin verra Genève accueillir le G7, et avec lui le retour de la grande question : celle des manifestations et du risque de violences. À dix jours de l'échéance, retour avec Uli Windisch sur ce qui se joue, bien au-delà du seul tracé du cortège.

Entretien

Professeur Windisch, vous avez mené une étude très importante avec une équipe de chercheurs de l'Université de Genève, déjà en 1998, à la suite de manifestations très violentes contre l'OMC. Quelles leçons en tirez-vous ? Comment voyez-vous les manifestations qui vont se produire à Genève à la mi-juin ?

D'abord, dans une situation comme celle-là, il y a toujours une phase d'incertitude. On ignore ce que ça va donner exactement. Et le rôle des autorités est bien sûr de prévoir le pire et d'organiser les choses.

Maintenant, première chose qui me frappe, c'est l'attitude du gouvernement. La responsable gouvernementale de Justice et police est, il faut le rappeler, une ancienne universitaire gauchiste des sciences sociales, qui a sans doute dû s'adapter à la fonction gouvernementale. Mais j'ai été frappé de voir qu'en gros, elle défendait l'idée que la liberté de manifestation était quelque chose de fondamental, d’intangible et de constitutif de la démocratie. Certes, mais… D’autres membres du gouvernement ne sont sans doute pas inconditionnellement et sans nuance d'accord. Donc il y a dû y avoir discussion, négociation. Mais pour quel résultat ?

Ce que je trouve également assez étonnant, voire incroyable, c'est que les organisateurs semblent dicter l'agenda. On négocie le parcours, on veut éviter les endroits où il y a le plus de commerces, mais les organisateurs de la manifestation veulent, par exemple, passer par le pont du Mont-Blanc, un lieu stratégique avec le jet d'eau, connu internationalement. Les manifestants viennent pour manifester ! Pour qu'on les voie un maximum, attirer l’attention du monde entier, avec des méthodes « variées ». Ils manifestent aussi et surtout pour les médias. Leurs actions, toujours multiples et souvent gardées secrètes, doivent être retransmises dans le monde entier. Être spectaculaires, faites-leur confiance. Donc, le pont du Mont-Blanc est superbement emblématique.

Faites-vous une comparaison avec ce qui s'est passé en France, où 22 000 policiers ont été mobilisés, dont 8 000 à Paris ?

Oui. C'est une première chose capitale. Il est totalement anormal, de mon point de vue, que lors de manifestations, il y ait une mobilisation si massive de policiers. Imaginez le coût. Et c'est tout à fait contraire à la démocratie. On sent bien que ceux qui déboulent armés de manière variable ne sont pas là pour défendre une cause pacifiquement !

Les choses, il faut le dire, ont énormément changé. Exemple de la France, où vous aviez pendant des décennies des manifestations énormes des syndicats, des partis de gauche qui avaient leur propre service d'ordre, et personne n'aurait osé perturber ces manifestations. Ça veut dire quoi ? Qu'il faut aujourd'hui responsabiliser les organisateurs et qu'il faudra peut-être changer certaines lois. C'est insupportable pour les citoyens de voir des casses énormes, scandaleuses, des commerces pillés lors des manifestations. Des abrutis, des barbares, toutes sortes de termes bien sûr sont utilisés, qui, maintenant, commencent à entrer dans les maisons, bientôt dans les appartements, armés ou non. C'est un désordre total, un immense danger. Et un responsable politique gouvernemental a osé dire qu'il contrôlait la situation et qu'il n'y avait pas beaucoup de problèmes. Pas de mort ! Est-ce le seul critère ?

C'est comme la tradition des voitures brûlées au Nouvel An : on considère que c'est normal qu'il y ait eu, je donne un chiffre au hasard, 900 voitures brûlées plutôt que 1 000 une année auparavant. Mais il faut réaliser ce que cela suppose pour les personnes lésées qui ont besoin de leur voiture, dont on attaque les biens les plus essentiels, qu'ils ont mis un temps énorme à acquérir. C'est d'une gravité extrême. Dire que tout est sous contrôle est évidemment une vaste plaisanterie. Hypocrisie, lâcheté − le plus grand mal de nos temps −, démagogie, calcul politique, etc.

Une responsabilisation des organisateurs ? Cela veut dire qu'ils payent les casses. Et le deuxième aspect : que pensez-vous de la justice ?

Partout on voit un laxisme inadmissible et qui révulse la population. Des personnes qui commettent des dégâts graves, qui s'attaquent à la police. Vous avez des dizaines, des centaines de policiers blessés par les manifestants. Il faut absolument prendre des mesures radicales. Ça fait longtemps que ça dure et qu'on ne fait rien de déterminant. On dit chaque fois qu'on va être très durs, très très durs, et peu se fait.

Donc on crée un climat inacceptable. Certains parlent de pré-guerre civile, ils n'ont peut-être pas tort. À Genève, on devrait responsabiliser les organisateurs et ne pas obéir à leurs diktats, qui veulent imposer leur parcours, où, quand, comment. Il est clair − on ne le dit pas − que nombreux sont ceux qui viendront non pas pour une cause politique, mais évidemment pour casser, pour affronter la police, piller, voler. Et là, vous voyez l'attitude de la gauche, qui semble toujours penser que ce sont des victimes de toutes sortes d’injustices et « comprennent » les actions, quitte à se déresponsabiliser ensuite si ça tourne mal.

Et les agresseurs, ce sont les grandes organisations économiques en l'occurrence ?

Vous voyez : le politique, le G7, l'OMC. Et n'oubliez pas non plus l'armée, qui a fait l’objet de manifestations très violentes, aussi à Genève. Pas ces jours-ci, mais il n'est pas exclu que ça revienne également. L’armée n’avait pas le droit de défiler pour le public.

Le laxisme de la justice est tout simplement ahurissant. Il y a un professeur universitaire de droit pénal, qui enseigne même dans plusieurs universités suisses, et qui prétend que nous sommes dans une période où il y a moins de violence qu'autrefois, qu'on va vers une société plus pacifique, harmonieuse, etc. Ce décalage complet entre une partie du monde enseignant et intellectuel et la réalité brutale vécue par les vraies victimes devient un phénomène inquiétant.

Vous avez dit aussi que certains professeurs d'université allaient très loin et encourageaient la violence.

Oui. Vous avez maintenant des auteurs qui défendent la thèse suivante, très simple : on ne change rien sans violence. Manifester pacifiquement pour une cause avec des pancartes ne sert à rien. Seule la casse paye. Vous avez un dévoiement incroyable chez certains dans les universités, un gauchisme non seulement intellectuel, mais qui incite à l'action. Les noms seront pour une autre fois, mais les exemples concrets ne manquent pas, surtout en France. Quand l’enseignement n’est plus que militantisme politique, devinez dans quel sens ?

Après les manifestations, il y a les interprétations par les “spécialistes” des sciences sociales. En 1998, après les manifestations à Genève, on a créé des groupes d'analyse, le niveau était ahurissant. Certains disaient : « Mais enfin, les jeunes ont besoin de casser, c'est la police qui est fautive. » En gros, on justifiait les manifestations et même les casses. Cela crée un fossé incroyable et une révolte dangereuse.

Il faut que les gens se rendent compte qu'ils vivent les manifestations surtout par la télévision et les médias, alors qu'ils devraient les vivre et les subir concrètement pour bien comprendre. Les chaînes de télévision montrent les actes inadmissibles, mais les voir est une chose et les vivre et en subir les conséquences une autre.

À Genève, on doit prévoir qu'il y aura des manifestations violentes. Et si elles n'ont pas lieu lors du parcours, il faut savoir que les manifestants peuvent très bien agir ailleurs, dans d’autres endroits symboliques, s'ils voient que c'est impossible dans le parcours défini et autorisé… Des centaines de personnes vont venir non pas pour une cause parfaitement valable ; certains ne savent même pas pourquoi ils viennent. Ils n'attendent que le moment de casser, de s'attaquer à la police, de voler, etc. Oui, ça se fait !

On veut éviter cela. Ce que je trouve absolument anormal : vous aurez des centaines, des milliers de policiers, l’armée. On fait appel aux autres cantons, à la Confédération. Manifester devrait être autre chose.

La manifestation est effectivement constitutive de la démocratie, mais on devrait arriver à une démocratie active, vivante, participative, oui. Les manifestations devraient être pacifiques, et les gens devraient comprendre les vraies causes des manifestations. Mais on est passé à un tout autre niveau, comparé aux grandes manifestations syndicales que personne n'aurait osé attaquer. Ne parlons pas de la police : il n'était même pas question de la contester, de l'attaquer. Aujourd'hui, c'est une des cibles principales. J’ai rappelé souvent que certains groupes de manifestants sont ultrapréparés, font des séminaires « pratiques » avec des textes de Lénine à l’appui. J’ai trouvé les textes en question passés au stabilo à l’Université. À disposition.

Il ne serait nullement scandaleux d'interdire parfois des manifestations. De responsabiliser, même financièrement, certains organisateurs. Des mesures doivent être prises pour arrêter ce cercle infernal. Je crois que c'est vraiment capital.

Dans une situation comme celle qui se produit actuellement en France, c'est plus spectaculaire, mais c'est dans un autre pays. Tout est lié ?

Tout est lié, par des éléments politiques de nature très différente. Quand vous voyez débouler des centaines de manifestants, dont une partie sont étrangers − prenons l'exemple de la France −, ce sont des voyous qui vivent parfois effectivement du trafic de drogue, du pillage, du vol, ou qui n'attendent que cette occasion. Là, on parle enfin de décivilisation. C’est pire encore.

Il faut savoir que dans nos sociétés démocratiques avancées et tant enviées, la civilisation, l'éducation des jeunes s'est faite sur plusieurs générations. Dans les familles, les enfants vont à l'école, veulent faire le maximum pour réussir. Et tout à coup, vous avez des gens qui arrivent d’autres civilisations, d’autres cultures, d’autres religions, qui ont d’autres valeurs, parfois totalement contraires aux nôtres, qui ont un niveau culturel souvent très limité, pour qui c'est un autre univers, qu'ils n'arrivent pas et souvent ne veulent pas à assimiler. Pas tous bien sûr, de nombreux cas exemplaires montrent le contraire et contribuent de manière très importante à nos sociétés. Mais d’autres contestent même agressivement, voire violemment nos fondements.  Parfois on leur a même appris dès le plus jeune âge à nous détester, voire davantage. Voyez la situation dans une classe d'école : il suffit parfois d'un perturbateur, d’un élève qui conteste nos valeurs, voire, dans les cas extrêmes, menace de mort un enseignant, pour perturber toute la classe, la société entière.

En France, par exemple, le droit du sol est évidemment devenu une aberration. Aujourd'hui, quand vous avez une immigration massive − c'est surtout ça, une immigration de masse —, il n'est pas possible que tout le monde puisse s'intégrer et s'assimiler. Donc le droit du sol devrait être immédiatement supprimé. Pas question évidemment de l’introduire en Suisse, même si, comme toujours, certains le voudraient bien. Devinez encore une fois lesquels ?

En Suisse, qu'est-ce que cela signifie ?

Eh bien, voyez-vous, la présidence des Verts suisses, par exemple, propose maintenant une naturalisation encore davantage facilitée. Le décalage est complet. Bien de ces militants n'ont jamais vraiment été au contact du monde du travail et des travailleurs. Ce sont des pseudo-intellectuels qui ont fait peut-être une petite licence, qui ensuite ont milité dans un groupement local − l'écologie dans le quartier − puis sont devenus responsables politiques au niveau local, communal, cantonal, et finalement atterrissent au Parlement fédéral, et rêvent de devenir parlementaires, voire davantage encore. Univers abstrait, hors sol, purement idéologique, qui vire facilement au fanatisme.

Ce qui me frappe aujourd'hui, je pense que les Verts sont devenus plus dangereux que la gauche, et les gauchistes. Parce que l'environnement, la défense de l'environnement, cause noble, peut devenir une couverture, un cache-sexe d'une attitude parfois encore plus radicale et destructrice de nos sociétés.

Vous avez des gens qui sont depuis longtemps en milieu agricole par exemple, qui font tout ce qu'ils peuvent pour faire vivre la nature, qui en ont l'habitude depuis des siècles, et vous avez des petits abrutis qui viennent leur donner des leçons : il faut cesser d'emmerder les Suisses ! de la part notamment des Verts, avec des mesures de plus en plus gênantes, contraignantes. Remarquez qu’en plus, telle dirigeante Verte, se donne un air de supériorité ; est haineuse, vraiment méprisante dans les débats, interrompt et agresse les opposants, insupportable, et ça en dit long.

Ces gens-là devraient travailler vraiment, créer par exemple une entreprise avant de faire de la politique. Voilà ce qu'il nous faudrait.

Rendre plus facile encore la naturalisation est évidemment une aberration. On dit : « Ils sont là, ils ne peuvent pas voter. » Eh bien oui, le vote, c'est quelque chose qui s'acquiert, qui se construit de génération en génération. Une formation politique dans une démocratie directe, ce n'est pas venir dans le pays et avoir immédiatement le droit de vote. Pour ces activistes, Verts par exemple, l’attachement profond, réel, concret et quotidien au pays n’existe pas, ils n’en parlent jamais. Tout est dicté par l’idéologie et l’on sait les capacités destructrices quand l’idéologie devient fanatique.

En plus ces gens-là ont l'appui des médias. Ils disent une ou deux choses qui paraissent attirantes, pour certains du moins, et tout de suite les médias leur donnent la parole, tandis qu'on méprisera l'UDC et autres patriotes à longueur de journée. Les sévices publics que nous infligent les médias dits du service public.

Ce que je veux dire aussi, c'est que des réalités différentes sont liées. Il est clair que quelqu'un qui devient français ou suisse pour un oui ou pour un non ne se sentira pas très attaché, ni affectivement ni émotivement, ni autrement, à un pays pourtant largement envié. Au contraire, ça créera des frustrations, qui se manifesteront − c'est le cas de le dire − de différentes manières. Il faut absolument éviter, en Suisse, en France, et ailleurs, qu'on en arrive à une situation où des centaines, des milliers, voire des millions de personnes venues de cultures profondément différentes, souvent contradictoires avec la nôtre au niveau des valeurs les plus essentielles, puissent devenir citoyen et être naturalisées quasi automatiquement. On ne se rend pas encore vraiment compte des conséquences d’une telle politique quand l’immigration devient un phénomène de masse. D’où l’aspect totalement hors sol et en fait menaçant et destructeur des propositions obsessionnelles de faciliter constamment la naturalisation. Ces militants ignorent ce qu’est en réalité une société vivable et durable. Enfin, on commence à le réaliser quelque peu.

Retour aux Verts : il a fallu dix, quinze, vingt ans pour montrer le côté destructeur de ce qu'on appelle les Verts, l'écologisme. En Allemagne, les socialistes se sont alliés avec les Verts pour prendre le pouvoir et ont ainsi fait des dégâts économiques et sociaux énormes : fin du nucléaire, réouverture des centrales au charbon, effondrement économique. Il faut le dire et le souligner. Les Verts ont une responsabilité énorme. Heureusement, ils sont à la baisse. Dans d'autres pays aussi. Ils proposent des mesures qu’ils voudraient vitales, mais se fichent complètement que les gens aient des difficultés à vivre avec ces mesures. Il faut faire souffrir les gens pour leur bien ! Il faut montrer concrètement certains effets destructeurs du fanatisme vert. Capital, au risque de poursuivre la descente aux… Bien sûr que l’environnement doit être une préoccupation majeure, mais pas dictée par des fanatiques hors sol et irresponsables.

Quelles mesures plus concrètes proposez-vous en matière de délinquance des jeunes ?

Je cite souvent un shérif qui était actif aux États-Unis et qui menait une politique très dure, bien sûr moqué par les démocrates, à savoir les socialistes et la gauche. Il était extrêmement sévère avec les jeunes délinquants les plus endurcis et incorrigibles. Parfois, ils devaient marcher avec des fers aux pieds, avaient un minimum de nourriture, devaient faire des travaux harassants. C'était décrié partout, mais avec des délinquants et des criminels endurcis, ce shérif pensait que seule la dureté et une fermeté exemplaire seraient efficaces.

En effet, ces jeunes-là, il faut les faire suer, leur faire faire des travaux pénibles, parmi les plus difficiles, les obliger à prendre des risques, les épuiser physiquement. On devrait les engager pour les travaux les plus durs physiquement et indispensables pour la société, mais que peu veulent faire. Leur faire payer très cher leur criminalité. Oui, des « travaux forcés » dont la perspective les ferait hésiter à commettre des actes délinquants et criminels. La peur devrait être de leur côté. Oui, de telles mesures devraient être privilégiées par rapport à une rapide audition, répétée 5 à 10 fois, qui ne comprend que quelques heures de travaux faciles, voire aucune sanction. Seules de telles mesures peuvent faire comprendre à ces jeunes criminels, totalement déconnectés et sauvages, ce que sont les dures réalités quotidiennes vécues par la population qui travaille et gagne durement sa vie ; qu'ils comprennent enfin le mal qu'ils ont fait, plutôt que de les laisser se moquer et mépriser ceux qui peinent à simplement vivre normalement. L’extrême dureté de la vie réelle plutôt que la vie avec un sentiment d’impunité sans fin ni vraie condamnation. Mettre fin aux effets pervers généralisés et massifs du laxisme, notamment judiciaire.

Il y a des régions où autrefois les criminels devaient effectivement effectuer les travaux les plus durs et les plus dangereux, de vrais travaux forcés. C’était efficace, à coup.

Bien sûr, il faut oser en plein climat politiquement correct qui transforme les délinquants et autres criminels en victimes de nos horribles sociétés !

Répression, oui, mais pas seulement. Avec ce shérif Arpaio, par exemple, tant détesté par la gauche, ce n'était pas que répression. C'était même très bien étudié et efficace : parallèlement à la dureté du travail quotidien, il leur permettait d'apprendre un métier, d'apprendre à travailler. À la fois répression sévère et travail formateur, avec un objectif d’intégration.

Tout cela est évidemment à cent lieues de ce qu'on fait dans nos sociétés : de plus en plus de mesures sociales, de dépenses publiques : encore des crédits pour ceci, des crédits pour cela, des cours de toutes sortes, cajoler, excuser, etc. Les materner de mille et une manières, dont ils se moquent par ailleurs, n’attendant que le moment de recommencer. Il faut totalement renverser cette logique. Il faut savoir qu'on peut agir contre cette sauvagerie galopante, qui coûte très cher et coûtera de plus en plus cher. Imaginez les policiers, par dizaines de milliers parfois dans certains pays, régulièrement mobilisés, humiliés, blessés, attaqués. Des dégâts gigantesques. Totalement inacceptable. Il faut enfin des mesures dures, radicales, sévères, les annoncer, pour faire peur à ceux qui font peur, et surtout les appliquer.

C’est d’ailleurs ce que veut la très grande majorité de la population qui n’en peut plus. Et qui dénonce lâcheté, promesse, démagogie et calculs politiciens.

Sinon, on verra se développer comme on peut le prévoir des mouvements de plus en plus extrémistes en politique. Et après, ou déjà maintenant, certains diront : il faut combattre l'extrême droite, les fascistes, les néonazis. C'est une absurdité totale. Le débat est hors-sol par rapport aux problèmes réels qui se posent. La suite, tout le monde commence à en parler : l'autodéfense. Les gens vont s'armer, voire utiliser ces armes, si ça continue. Pré-guerre civile ?

Retour à Genève, qui n’en est pas encore là ! Donc, se demander quels parcours les manifestations doivent suivre à Genève à la mi-juin 2026, c'est évidemment en partie quelque chose de dérisoire, même si c'est nécessaire.

On devrait arriver, de nouveau − c'est mon souhait le plus cher − à de vraies manifestations propres aux sociétés démocratiques effectives. Et il y en a. Mais justement, ce sont plutôt des partis patriotes, conservateurs, comme en Angleterre, mais aussi en Suisse. Vous avez des manifestations patriotiques même énormes, complètement pacifiques, joyeuses, avec de vrais patriotes qui aiment leur pays, qui le montrent, et ne cassent pas mais construisent. Il faut les mettre en scène, beaucoup plus, chers médias ; ces manifestations-là, sont populaires, créent du lien social, de la joie de vivre, le bonheur social, une démocratie vivante.

Retour à Genève, qui n’en est pas encore là ! Donc, se demander quels parcours les manifestations doivent suivre à Genève à la mi-juin 2026, c'est évidemment en partie quelque chose de dérisoire, même si c'est nécessaire.

On devrait arriver de nouveau − c'est mon souhait le plus cher − à de vraies manifestations propres aux sociétés démocratiques effectives. Et il y en a. Mais justement, ce sont plutôt des partis patriotes, conservateurs, comme en Angleterre, mais également en Suisse. Vous avez des manifestations patriotiques complètement pacifiques, joyeuses, avec de vrais patriotes qui aiment leur pays, qui le montrent, et ne cassent pas mais construisent. Il faut les mettre en scène, beaucoup plus, chers médias ; ces manifestations-là sont populaires, créent du lien social, de la joie de vivre, le bonheur social, une démocratie vivante.

Les médias. On les accuse souvent, injustement ? Voici une anecdote, bien réelle, survenue lors des manifestations que nous avons étudiées pour le compte du Gouvernement genevois après les manifestations violentes de 1998. Ces manifestations ont eu lieu sur plusieurs jours. Lors d’une accalmie, un responsable des médias du service public avait dit aux journalistes sur place : « Si ça dégénère, on reprend l’antenne. »

On ne peut plus accepter de nouvelles manifestations violentes à Genève avec des dégâts massifs ou même minimes. Imaginez un instant : on prévoit déjà à Genève 6 millions pour d'éventuels dégâts pour les lésés qui pourront se plaindre ! C'est quelque chose de totalement surréaliste. Un état d’esprit défaitiste, certes d’époque. Tout de même. Bien sûr, les commerçants souhaitent être indemnisés, même s'ils préfèrent évidemment éviter tout dégât. Je le répète : c'est possible. Avec une volonté claire et une détermination absolue. Et l’attribution de responsabilités aux organisateurs, même financières. Renvoyer la responsabilité, totale, aux responsables irresponsables.

Terminons en rendant une nouvelle fois hommage aux manifestations populaires pacifiques, patriotiques, joyeuses dont on parle beaucoup moins.  Quand les gens manifestent leur patriotisme, leur attachement de différentes manières au pays, à la démocratie, il faut le montrer davantage.

J'espère que les mesures qui permettent de passer outre à ce dévoiement et dérèglement total de la démocratie seront rapidement mises en pratique. Elles existent !

Mais j'ai l'impression qu'il y a encore très très peu de politiciens qui oseraient assumer une politique vraiment ferme, parce que le politiquement correct, la culpabilisation, l’intimidation, les multiples formes d’accusations de la gauche agissent toujours : « Ah, voilà l'extrême droite, le fascisme… » Très vite, les autorités, les partis, même du centre et de la droite − si elle existe − sont culpabilisés. On les culpabilise d’ailleurs déjà, les organisateurs des manifestations en premier, pour pouvoir faire ce qu'ils veulent. S'il y a des casses, que feront-ils ? « C'est pas nous, c'est pas nous… Nous ne voulions pas cela, nous avons été débordés. » On connaît la chanson…

Eh bien je pense qu'un discours public clair, net et ferme, disant qu'on ne veut plus de manifestations massives violentes, de destructions, d'attaques des institutions, des commerces, de la police et de la démocratie, doit absolument être annoncé clairement et fermement et mis en application.

Propos recueillis par Dimitri Fontana

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