Un député dévoile l'horreur des « grooming gangs »
Ces récits particulièrement éprouvants décrivent des agressions sexuelles, des viols collectifs et des actes de torture infligés à des adolescentes parfois âgées de seulement douze ans.
L'une des victimes raconte avoir subi des violences d'une extrême brutalité alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Une autre affirme que plusieurs hommes l'ont violée à tour de rôle avant de la frapper et de la menacer de mort. Une troisième explique que des hommes l'ont exploitée sexuellement pendant trois ans et estime que 600 ou 700 hommes différents l'ont violée.
Face à ces témoignages, Rupert Lowe a dénoncé un scandale d'une ampleur exceptionnelle.
« Je veux que le monde entende ce que nous avons entendu au cours des deux semaines d'audiences de notre enquête indépendante sur les gangs de violeurs », a-t-il déclaré.
« J'ai été violée par probablement environ 600 ou 700 hommes différents en trois ans. »
« Je me souviens d'un homme ouvrant l'arrière d'une camionnette, et j'ai vu 15, 20 filles enfermées dans des cages à chien. »
« Il y avait des hommes autour de moi, ni horrifiés, ni… https://t.co/nALAT3Cmjp pic.twitter.com/3Vb8sfONYD
— Toad vous épie 🔳 ☢️💸 (@ToadVousEpie) June 2, 2026
Des milliers de victimes
Ces affaires concernent plusieurs réseaux criminels démantelés depuis le début des années 2000, notamment dans les villes de Rotherham, Rochdale, Telford ou encore Oxford.
Des milliers de jeunes filles vulnérables ont été victimes de violences sexuelles pendant de nombreuses années. Les auteurs approchaient généralement leurs victimes à travers des cadeaux, de l'alcool, de la drogue ou de fausses relations amoureuses avant de les soumettre à des abus.
La question du profil des agresseurs
L'un des aspects les plus controversés de cette affaire concerne le profil de nombreux auteurs condamnés dans plusieurs dossiers emblématiques.
Dans les témoignages présentés devant le Parlement, plusieurs victimes affirment que les agresseurs les ont ciblées en raison de leur origine ethnique ou de leur religion. Certaines expliquent que les auteurs considéraient les jeunes filles blanches comme ayant moins de valeur morale que les jeunes filles musulmanes. D'autres relatent avoir subi des insultes visant leur foi chrétienne ou leur identité britannique.
Une victime affirme ainsi que « la race a joué un rôle » dans la sélection des victimes, tandis qu'une autre rapporte que les violences s'accompagnaient régulièrement de remarques dégradantes sur sa religion.
Les autorités accusées d'avoir fermé les yeux
La gestion de ces affaires par les autorités britanniques constitue l'un des principaux sujets de controverse.
En 2015, un rapport d'inspection sur le conseil métropolitain de Rotherham concluait que les autorités avaient ignoré de nombreuses victimes ou les avaient insuffisamment protégées. Le document relevait également que certains responsables locaux hésitaient à évoquer l'origine ethnique des suspects, par crainte d'être accusés de racisme.
Ces conclusions ont alimenté un débat national sur les défaillances institutionnelles ayant permis à ces réseaux de prospérer durant de nombreuses années.
Une affaire qui continue de secouer le Royaume-Uni
Les nouvelles auditions organisées ont ravivé les critiques contre les institutions et relancé les appels à établir l'ensemble des responsabilités.
Les défenseurs des victimes réclament désormais justice pour celles qui n'ont jamais été entendues. Il s'agit également de comprendre comment des crimes d'une telle ampleur ont pu perdurer pendant si longtemps.
Plus de vingt ans après les premières alertes, le scandale des « grooming gangs » demeure l'une des affaires criminelles les plus sensibles du Royaume-Uni.

Et vous, qu'en pensez vous ?