Ce jeudi, un islamiste a commis une attaque terroriste près de la gare de Winterthour, faisant trois blessés, dont un grave. Si les motivations djihadistes ne font désormais guère de doute, le profil du terroriste soulève de nombreuses interrogations.
Un terroriste déjà connu des autorités
Âgé de 31 ans et issu d’une famille originaire de Turquie, Nesip Dedeler est né en Suisse et a obtenu la nationalité suisse en 2009, en plus de sa nationalité turque. Depuis, il n’a cessé de démontrer sa dangerosité et son adhésion à l’idéologie islamiste la plus radicale.
Ce qui inquiète particulièrement dans son parcours, c’est qu’il était déjà bien connu des services de police. En 2015, il est accusé de diffuser de la propagande de Daech. La même année, il comparaît devant la justice dans une affaire de rixe et est condamné à dix mois de prison. Avec deux complices, il avait agressé un Allemand de 36 ans. La victime avait subi des blessures à la mâchoire, au nez et à un doigt, ainsi que des lésions oculaires permanentes.
Liens avec la mouvance djihadiste
Nesip figure également parmi les islamistes mis en cause dans une enquête concernant la mosquée An’Nur de Winterthour en 2016. À l’époque, un prédicateur somalien y avait appelé au « meurtre de musulmans non pratiquants », et la mosquée était soupçonnée de servir de point de rencontre à des djihadistes en partance pour la Syrie.
Se définissant comme salafiste, il prônait l’instauration de la charia, y compris en Suisse. Il rejetait l’État suisse, la démocratie en général ainsi que le système judiciaire helvétique.
Un acte d’accusation du parquet fédéral datant du printemps 2023, visant un ancien combattant de l’État islamique déjà condamné, révèle que Nesip aurait été un membre actif d’une cellule djihadiste comptant entre 40 et 50 personnes dans la région de Winterthour et de Zurich pendant plusieurs années.
D’après le ministère public de la Confédération, il participait régulièrement à des réunions clandestines organisées dans des locaux associatifs loués.
Des zones d’ombre sur son suivi
Malgré un profil jugé aussi dangereux, les autorités semblent avoir perdu sa trace ces derniers temps. Selon certaines informations, il aurait même « disparu entre octobre 2024 et mai 2026 ». Le directeur de la sécurité du canton de Zurich, Mario Fehr, a indiqué qu’il était probablement parti en Turquie et qu’il venait tout juste de rentrer.
Des déclarations contredites par plusieurs témoignages affirmant que Nesip se trouvait bien en Suisse et qu’il était régulièrement aperçu par ses voisins.
Un raté pour le moins inquiétant qui soulève une question essentielle : combien de Nesip Dedeler sont aujourd'hui en liberté dans nos rues ?

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