Après la Hongrie, puis la Pologne, la Slovénie attaquée depuis Bruxelles

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Le 18 février, le porte-parole de la Commission européenne condamnait les « attaques » du Premier ministre slovène Janez Jansa contre les journalistes. « Nous n’accepterons pas et nous condamnons les commentaires insultants à l’égard des journalistes, y compris dans ce cas », prévenait-il. Le même jour, Frans Timmermans, commissaire européen à l’action pour le climat et ancien premier vice-président de la Commission Juncker chargé de l’état de droit (c’est lui qui menait les attaques contre la Hongrie et la Pologne jusqu’en 2019), écrivait : « Il n’y a pas d’obligation d’aimer ce qui est écrit dans les médias. Mais il y a une obligation de respecter la liberté des médias. Diffamer, menacer ou attaquer les journalistes est une attaque directe contre les médias libres. »

« Des médias libres et indépendants sont essentiels pour la démocratie […]. Contact pris avec la Slovénie pour discuter de la situation », avait déjà écrit Vera Jourova sur son compte Twitter le 24 avril 2020. Elle ne perdait pas son temps ! Cela faisait seulement un mois que la Slovénie était gouvernée par une coalition de droite et du centre, avec à sa tête un Premier ministre conservateur, un ancien dissident de l’époque communiste, dont le parcours et les idées le rapprochent tout naturellement du Hongrois Viktor Orbán. Depuis trente ans que le communisme était tombé et que la Slovénie avait quitté la Yougoslavie, la droite n’avait gouverné jusqu’ici qu’un peu plus de sept ans. Pour le reste, ce sont les héritiers de l’ancien régime qui étaient aux commandes. De ce fait, la gauche et l’extrême gauche contrôlent entre autres l’enseignement public, les ONG et la plupart des médias, dont les médias publics et l’agence de presse nationale.

Dans les mois qui avaient suivi la chute du gouvernement de gauche et la formation du gouvernement Jansa, des manifestations encouragées par Bruxelles et les réseaux Soros habituels avaient tenté sans succès de fausser le jeu démocratique et l’on y avait vu des gens arborer l’étoile rouge communiste ou l’uniforme des milices antifas, avec aussi quelques appels au meurtre du Premier ministre conservateur.

Ce que les pontes bruxellois appellent aujourd’hui des « menaces », des « insultes » et des « attaques », c’est la critique faite par le Premier ministre slovène contre un long article à charge publié le 16 février dans le média européiste Politico. Une critique à l’encontre de l’auteur de l’article et du média formulée en ces termes : « Lili Bayer a reçu pour instruction de ne pas dire la vérité, elle a donc surtout cité des sources “inconnues” de l’extrême gauche et a volontairement négligé les sources nominatives et intègres. C’est @POLITICOEurope malheureusement. Mentir comme moyen de gagner sa vie. »

Ainsi, un dirigeant politique n’aurait pas le droit de critiquer un article de presse le critiquant et de qualifier ses auteurs de menteurs ? Le problème pour les eurocrates bruxellois, c’est sans doute plutôt que Jansa est perçu comme un « populiste », et qu’il apprécie Trump et Orbán. Une proximité qui inquiète aussi au Parlement européen. Le 25 novembre dernier, les eurodéputés débattaient, après le rachat par des groupes médiatiques hongrois de quelques médias de taille plutôt modeste dans les Balkans, de « l’ingérence de la Hongrie dans les médias en Slovénie et en Macédoine du Nord ».

Dans une lettre ouverte à Vera Jourova, deux journalistes conservateurs slovènes Joze Biscak, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Demokracija, et Vinko Vasle, ancien journaliste de la radio publique Radio Slovenija, ont résumé ainsi le point de vue bruxellois : « Pour vous, et aussi malheureusement pour une majorité de fonctionnaires bruxellois, le mieux serait d’avoir une unanimité libérale-démocrate. Mais vous avez tort. Le conservatisme est une idéologie qui ne vaut pas moins et qui n’est pas moins juste […]. Le SDS [Parti démocratique slovène, le parti du Premier ministre Janez Jansa, NDLR] a été déclaré vainqueur des élections par les électeurs qui ont voté pour lui. Refusez-vous aux électeurs le droit de prendre leurs propres décisions et de penser par eux-mêmes ? Il semble que ce soit le cas. » •

 

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