L’ambassadeur de l’Union européenne en Suisse, Michael Matthiessen, a raison de prendre la parole sur notre site Letemps.ch

Yvan Perrin
Ancien Conseiller national

L’ambassadeur de l’Union européenne en Suisse, Michael Matthiessen, a raison de prendre la parole sur notre site Letemps.ch

Voici ce qu'on peut lire dans l'éditorial qui parait en première page du Temps du jour sous la plume de Richard Werly. C'est un pléonasme, toute personne à qui le Temps ouvre ses pages a raison. Si tel n'était pas le cas, elle n'obtiendrait pas pareil honneur. Son Excellence s'exprime donc dans le quotidien de référence pour "lister les actes de solidarité intra-européens enfin à l’œuvre." Il a dû bien chercher, notre ambassadeur, pour trouver "les actes de solidarité intra-européens enfin à l’œuvre", à moins que la Chine, Cuba, l'Albanie ou la Russie ne soient considérées comme "intra-européennes."

Le Temps fustige d'autre part "les défenseurs de l’Union européenne sont aujourd’hui ceux qui, à l’abri du confortable juridisme des traités, justifient l’attentisme sanitaire de Bruxelles par le fait que la santé n’est pas une compétence communautaire. Un tel raisonnement de bureaucrate est incompréhensible pour les citoyens touchés dans leur chair." (…) "La Commission européenne doit se rebeller publiquement contre les Etats membres de l’UE obsédés par un intenable statu quo."

Oui, vous avez bien lu, un raisonnement de bureaucrate et la Commission européenne doit se rebeller. Le Temps nous retourne l'attelage et nous met les bœufs derrière la charrue. C'est bien l'Union européenne qui tente de justifier sa pléthorique bureaucratie en pondant des milliers et des milliers de règlements sur les sujets les plus variés comme la taille des bananes. C'est bien l'Union européenne qui paralyse l'initiative en posant sans cesse de nouvelles barrières à l'innovation. Et c'est maintenant cette Union européenne qui devrait se rebeller contre cette bureaucratie qui constitue sa seule raison d'être. Il faut bien le Temps pour inverser pareillement les causes et les effets. Si les états gèrent le coronavirus à l'aune de leur propre situation, c'est bien parce qu'il n'y a rien à attendre de l'Union. A quoi s'occupe la Commission pour tenter d'exister dans le tumulte ? Elle négocie l'élargissement à l'Albanie et la Macédoine du Nord tandis qu'elle arrose la Tunisie d'euros pour lui permettre de gérer la crise. Et ce serait l'Italie qui, "à l’abri du confortable juridisme des traités," justifierait l’attentisme sanitaire de Bruxelles ?

On l'a bien vu, l'Europe est en faillite mais Monsieur Werly veut croire en un avenir radieux. Il nous informe que la pandémie "parce qu’elle crée des solidarités dans l’urgence, mais aussi parce qu’elle démontre le désintérêt croissant d’autres Etats membres pour toute forme de partage qui ne leur profite pas tout de suite, l’épidémie peut s’avérer, paradoxalement, le formidable accélérateur d’une autre Europe nourrie d’une réelle volonté d’entraide." Oui, on a bien senti la réelle volonté d'entraide de la France et de l'Allemagne qui se réservent le matériel sanitaire promis à d'autres. Oui, on a bien entendu cette Commission européenne se rebeller contre la fermeture des frontières malgré les risques de contagion. Oui, la crise peut être l'accélérateur d'une autre Europe nourrie d'une réelle volonté d'entraide. Encore faudrait-il que cette volonté d'entraide existe. En attendant, en nous dépeignant son Europe utopique, Monsieur Werly confirme que la version actuelle ne fonctionne pas.

Merci à lui.

Yvan Perrin, 30.03.2020

 

5 commentaires

  1. Posté par Socrate@LasVegas le

    macron, merkel, matthiessen, sommaruga, berset, calmy raie, von der leyen, soros,…..: ces gens de l’ancien (im)monde!

    Voici le nouveau:
    https://institutdeslibertes.org/les-consequences-politiques-de-la-crise-du-corona-virus/

    Combien de temps allons-nous encore écouter les « dirigeants » actuels qui n’ont rien prévu et même pire, au nom de leur idéologie totalitaire mondialiste et islamiste, détruit ce que leurs prédécesseurs avaient prévu…
    Ils se sont servi au lieu de servir, infâmes petits lobbyistes irresponsables au seul service de la finance mondialisée…Ils ne méritent plus notre confiance mais notre mépris!

  2. Posté par Chris le

    Quel torchon putassier. Cela me laisse sans voix. La rédaction du Temps doit être le seul endroit en Europe où un représentant de ce truc inutile, faible, sans aucun pouvoir, nuisible et désormais nu soit le bienvenu. Une sorte de maison close de bas fonds où sont accueillis les vérolés en phase terminale. A vomir. Schengen est mort, Maastricht est mort. Il va falloir à en souvenir aux prochaines votations et envoyer la totalité de ces bilatérales à la poubelle. Nous avons besoin de partenaires, d’un nouveau monde. Et certainement pas d’ ordures qui bloquent notre matériel médical en transit. Il faudra s’en souvenir. On ne peut pas perdre la votation à venir avec les scuds que nous avons dans la manche. Cet « ambassadeur de plus rien du tout » doit être expulsé. L’UE est morte. Les bilatérales sont mortes.

  3. Posté par antoine le

     »On l’a bien vu, l’Europe est en faillite mais Monsieur Werly veut croire en un avenir radieux »
    Certain ne veulent rien voir, d’autre rien entendre.
    Bientôt il faudra se boucher le nez à cause des odeurs nauséabondes … il y a tellement de marais à assainir chez NOUS !

  4. Posté par NEURO le

    En tout cas, à l’époque l’URSS fonctionnait mieux que cette fameuse UE non démocratique. L’URSS a été désintégrée, espérons la même chose de l’UE. Quant M. Werly, on apprécie sa prise de position unilatérale partisane mais en tant que journaliste son avis personnel n’intéresse que lui-même…

  5. Posté par G. Vuilliomenet le

    Si les temps sont durs pour les prostituées, apparemment, il ne l’est pas encore pour les putains du système et de l’UErss!

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