Où en sommes-nous avec l’islam ?

Michel Garroté
Politologue, blogueur

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Par Michel Garroté  -  Ci-dessous, une liste certes incomplète et cependant éclairante sur l'islam aujourd'hui. Il manque la Syrie, l'Irak, l'Arabie saoudite et d'autres pays encore. En revanche, il y a dans cette liste des informations peu ou prou mentionnées par les médias.
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1- Le Liban sous la coupe de l’Iran
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A Beyrouth, au siège du parti Kataëb, Samy Gemayel, son président, disait (voir lien vers source en bas de page) : « L’Iran n’a plus besoin d’ambassade au Liban ; avec le général Aoun, plus que soutenu, complètement tenu par le Hezbollah, il est à la présidence de la République ; il est à la présidence de l’Assemblée nationale avec le chiite Nabi Berry ; il y dispose de la majorité avec ses alliés aounistes.
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Enfin, avec le Hezbollah, qui n’est pas seulement un parti mais est devenu plus qu’une milice, une armée qu’il a puissamment équipée, qu’il encadre et commande, l’Iran domine de fait, insupportablement, notre pays. Face à cela, nous maintenons et défendons coûte que coûte ce qui reste de liberté au Liban dont nous voulons réaffirmer le droit à la souveraineté ».
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Car, après le départ des occupants syriens en avril 2005, leur allié du Hezbollah libanais ne s’était pas volatilisé, au contraire, maintenant fortement ses positions dans la Bekaa et surtout au sud, le long de la frontière avec Israël.
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Le Hezbollah s’est fortement renforcé, recevant notamment des Pasdarans iraniens (« gardiens de la révolution ») une dotation de plusieurs milliers de missiles balistiques constituant un danger pour Israël malgré, jusqu’ici, le très efficace système de défense antimissiles de ce pays, ajoute Samy Gemayel (voir lien vers source en bas de page).
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http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/05/le-liban-toujours-plus-sous-la-coupe-de-liran.html
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2- Le mois du ramadan est le mois du djihad
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La publicité pour le ramadan est omniprésente, tant commerciale que politique. Faut-il s’en inquiéter ? Pour Joachim Véliocas, spécialiste de l'islam, ce marché en pleine croissance (10 à 15% par an) est un marqueur de l’avancée de l’islamisation en France.
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A ce propos, le spécialiste de l'islam Joachim Véliocas déclare notamment : Un des plus gros sites musulmans arabes nommés « islam web » basé au Qatar écrit beaucoup d’articles en anglais et en arabe. Il a publié une série d’articles sur l’axe du ramadan de cette année, l’année 1439 du calendrier occidental, dont certains m’ont été traduits par une amie islamologue. Le titre d’un des articles est "le mois du ramadan, c’est le mois du djihad".
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Ce qui est très inquiétant dans cet article, c’est qu’ils disent clairement que le djihad dans la voie d’Hallah est le devoir de l’islam le plus important, que lorsqu’on fait ce djihad, on gagne une force dans ce monde et dans l’au-delà, que le djihad est un des actes les plus méritoires et enfin que les musulmans ont été humiliés lorsqu’ils ont abandonné le djihad". Ils expliquent la déliquescence de la civilisation islamique au 19e siècle et au début du 20e siècle avec l’effondrement du califat par l’abandon du djihad. Le mois du ramadan est le mois du djihad, insiste Joachim Véliocas.
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http://bvoltaire.com/mois-ramadan-mois-djihad/
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3- Turquie - Derrière le soutien au Hamas, l’offensive d’Erdogan sur le monde musulman
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Alexandre Del Valle : Les raisons qui entrainent l'aversion d'Erdogan pour l'état d'Israël sont multiples :
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Raisons électoralistes, lié à sa politique interne. Car en condamnant Israël, Erdogan souhaite rallier et galvaniser son électorat radical islamiste, qui est anti-juif et anti kurdes, en les fidélisant autour de cet ennemi commun.
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Raison d'ambition personnelle. Erdogan, qui est allié aux frères musulmans (il en est un) souhaite établir comme finalité politique un nouveau califat dont il serait le chef. Il se rêve en "patron de l'islam". Sa politique contre Israël, c'est une politique de promulgation de l'idée ottomane, appelée politique néo-ottomane qu'il mène sur tous les fronts.
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Raison d'intérêts régionaux. Erdogan souhaite séduire les pays arabes voisins afin de redorer l'image des Turcs auprès de ces derniers. En effet, historiquement, les peuples turques ont successivement opprimés les populations arabes. Il cherche donc à redonner du prestige à l'identité turque auprès de ses alliés arabes : c'est une manière de renforcer son leadership régional.
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Erdogan utilise les affrontements réguliers entre les militants du Hamas et Israël (guerre des 33 jours en 2010 ou la flottille de gaza en 2008) qui font beaucoup de morts, étant donné l'asymétrie des moyens des deux forces (lance pierre contre missile) pour sensibiliser de manière virulente la communauté internationale. Celle-ci se rangeant généralement (excepté USA et quelques pays) du côté de la cause palestinienne, cela renforce de fait la voix d'Erdogan sur la scène internationale.
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https://fr.news.yahoo.com/turquie-derri%C3%A8re-boycott-d-isra%C3%ABl-l-offensive-n%C3%A9e-053259225.html
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4- Ne pas tomber dans le piège du Hamas
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Sous couvert de gens pacifiques qui désirent rentrer chez eux, il y a le Hamas, l’organisation islamiste qui règne à Gaza et dont la stratégie vise à détruire Israël. Que l’action du Hamas soit perverse dans ses intentions et tortueuse dans sa mise en œuvre ne fait guère de doute, puisqu’elle consiste à exposer sciemment des martyrs à la blessure ou à la mort, celles-ci étant, paraît-il, tarifées par de généreux donateurs. Si l’idéalisme juridique proclame toujours le souhait de deux États contenus dans les limites d’avant 1967 (ndmg : l'Etat d'Israël et l'Etat de "Palestine"), le réalisme sait que cette solution est aujourd’hui compromise. Il faut faire un peu d’histoire pour s’en rendre compte. D’abord, le cas de la Palestine n’a rien d’exceptionnel. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses populations ont été déplacées.
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Les habitants de Königsberg ne manifestent pas pour rentrer chez eux. La ville de Kant, en Prusse orientale, est maintenant Kaliningrad, capitale d’une enclave russe entre Pologne et Lituanie. Les déplacements de populations en Europe de l’Est ont été gigantesques aux alentours de 1945. De même, lors de la séparation entre l’Inde et le Pakistan, ce sont des millions de personnes qui sont passés d’un pays à l’autre au milieu des massacres. Les victimes de la décolonisation ne sont pas moins à plaindre. Les pieds-noirs avaient toute leur place en Algérie, de même que les harkis. Ils ont été obligés de choisir entre la valise et le cercueil. Si l’on remonte dans le passé, les nombreux Arméniens rescapés du génocide turc de 1915 n’exigent pas, non plus, de regagner la région de l’Empire ottoman où ils étaient majoritaires.
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http://www.bvoltaire.fr/israel-dhistoire-ne-tomber-piege-hamas/
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch
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