Débat biaisé sur No Billag à Lausanne

Mardi 27.2.2018: vote sur « No Billag », débat à la Maison de quartier de Chailly, 19h, témoignage*

Sur les recommandations de votre site (qui est un soutien important de ma santé mentale), je me suis rendue au débat susmentionné à Lausanne. J’ai reconnu, parmi la trentaine de participants, quelques personnes âgées du quartier, et quelques élus de gauche, des chefs d’associations pro-migrants.

Mais le pire venait du fait que les animateurs du débat se composaient de trois gauchistes partisans du NON à No Billag opposés à deux partisans du OUI à No Billag.

Les invités partisans du OUI à No Billag :

-Nicolas  Jutzet, président romand du comité No Billag,

-Valentin Christe, conseiller communal à Lausanne, Parti libéral-conservateur,

 

Les invités partisans du NON à No Billag : 

- Roger Nordmann, conseiller national vaudois et président du groupe socialiste,

- Marc Oran, membre du comité NON à No Billag, président de la SRT Vaud, ancien député (socialiste puis Popiste puis Solidarités).

- Olivier Voirol, sociologue des médias, Université de Lausanne (homme de gauche, chacun de ses mots reflétait l’idéologie de gauche, ouvertement opposé à l’initiative No Billag, défend le service public bec et ongles).

L’argumentation des deux représentants du camp du OUI et leurs réponses au public sont impeccables mais rapidement on se rend compte que le débat est orienté.
Une première fois, Jutzet répond à une question en disant que M. Blocher n’est pas intéressé à racheter la RTS… mais le sujet revient, comme s’il n’avait rien dit.

Les deux modérateurs se montraient très soucieux concernant une répartition équitable du temps de parole accordé à chaque invité. Ils sont intervenus plusieurs fois en rappelant à l’ordre Nordmann et Oran qui dépassaient souvent leur temps de parole. Ces rappels à l’ordre ont donné l’illusion que le débat était équitable, alors qu’à la base, le débat était faussé puisqu’il y avait trois partisans du NON et deux partisans du OUI.

Les trois partisans du NON ont pu avancer des mensonges insupportables sans que le public ne bronche.

Petit extraits de ce soi-disant « débat » :

Olivier Voirol, enseignant en sociologie :

Il y a une droite populiste qui est en faveur de l’initiative No Billag… les mêmes qui sont contre les étrangers. Il y a une droite libérale qui est attachée au marché et une gauche qui est attachée aux institutions. La droite populiste s’en prend à la SSR alors que la SSR est la garante de la cohésion nationale et tient compte des intérêts de la diversité de la Suisse. Qu’est-ce qu’il y a de plus suisse que la cohésion nationale avec la diversité des régions ? Et la droite populiste attaque la cohésion nationale ! Le public suisse n’est pas qu’un consommateur, cette initiative tend à réduire chaque citoyen au rang de consommateur. Car payer ce qu’on consomme réduit les citoyens en consommateurs. La Suisse est faite de citoyens qui doivent formuler des opinions. Et pour ce faire, il faut être informé, disposer des bonnes informations. Le service public est un intermédiaire entre le public et le privé (?). Un public, c’est une sorte de scène. C’est le récit du monde qui est raconté. On paye tous un franc pour cela. Et la droite s’en prend à présent à cette institution ! La mondialisation prend le dessus.

Si cette scène est livrée aux principes du marché, il y aura une dégradation de l’information. On assiste déjà avec la disparition de l’Hebdo à une homogénéisation de l’information. La SSR est la garantie de la diversité de l’information, de la culture.

Quatre principes régissent la diversité de la SSR. Si le OUI passe, le premier principe, qui est le principe de la culture sera supprimé (?).

Le deuxième principe, la formation d’opinion, le troisième est la fidélité de l’information et le quatrième principe est la diversité. Tout cela est mis en danger par l’initiative No Billag.

 

Marc Oran a parlé de l’appauvrissement de la diversité des médias. Les gens seraient obligés de s’abonner à des TV privées. Cela va coûter au minimum 1300 fr., J-F Rime a bien dit devoir payer 300 fr. par année rien que pour le hockey, ça va être très, très cher et on aura moins de choix.

« Monsieur Nordmann est bien venu en vélo pour ce débat (il fait –8°C à Lausanne et le vent souffle). M. Nordmann n’a pas de voiture par conviction. Refuse-t-il pour autant le financement des autoroutes ? »

Et patati et patata les difficultés de la presse romande, si nous rajoutons à cela la RTS, il ne nous restera plus rien pour nous renseigner. La cohésion nationale serait en danger.

Ce seront les milliardaires, comme Blocher ou comme Berlusconi, qui pourront s’offrir les actions si la RTS est mise aux enchères. L’argent de Blocher n’a pas d’odeur ! Ces gens aiment avoir la presse dans leur poche pour pouvoir imposer leurs idées. Là, alors, la démocratie foutra le camp. Le choix des médias sera manipulé et subjectif.

(Les arguments faits d’amalgames déments et de catastrophisme fusaient et ce sont ces gauchistes qui accusent de populisme ceux qui sont en faveur de l’initiative!)

Et finalement, Oran donne une leçon de civisme à l’audience : de toute façon quand on parle de démocratie directe, c’est la Landsgemeinde. On est dans une démocratie semi-directe, et ce sont des personnes élues par le peuple qui donnent le mandat à la SSR.

Lorsqu’Oran parle des économies à venir (20% de recettes en moins par la redevance dès 2019), il dit que ce sera très difficile car le coût de la production en France est égal au coût de la Suisse. – (Et la redevance est quatre fois plus chère...)

 

Roger Nordmann débute sa plaidoirie pour la SSR en disant que personne n’a le monopole du patriotisme. Nous avons quatre langues nationales, quatre régions ayant chacune ses ondes radio-TV. Nous sommes un petit pays, les recettes de la pub ne cessent de diminuer, tout est absorbé par le web, la redevance représente 3/4 du budget, elle est indispensable à sa survie. Nous avons perdu l’Hebdo, on sait ce que cela représente, 24 heures a fondu par rapport à ce que c’était, le Matin est en difficulté. Il y a un appauvrissement de la diversité des médias à cause de la baisse des recettes publicitaires. La presse n’ira pas mieux si le OUI passe car la pub est absorbée par le Net. Il y aura de toute façon encore une grande évolution, des bouleversements dans le domaine de médias. Actuellement, nous avons une SSR totalement indépendante de la politique. Si les plus riches rachètent la SSR, s’il y a une destruction du service public, il y aura une RTS soviétique !

Ceux qui ont le plus d’argent pour l’acheter, c’est les milliardaires, c’est Blocher. Nous sommes une société. Nous avons besoin de culture. Et c’est bien que les gens se cultivent. La société n’est pas que la consommation. Payer ce qu’on consomme est réducteur. Le vivre-ensemble doit être soigné. Il y a des émissions sur la santé (Nordmann a constaté qu’il y avait beaucoup de vieux dans la salle, ils sont censés être axés sur leurs bobos de l’âge.)

Et Nordmann vient avec l’exemple des USA où les ondes sont privatisées. La catastrophe, vous avez vu ce qui se passe depuis les élections ! Il y a une grande dérive aux USA, on veut arriver à cela ? Il y a une grande dérive lorsqu’il n’y a pas une TV d’Etat. Il faut se méfier du libre marché comme de la peste. Le système actuel est bon. Déjà l’initiative en 2015 sur le financement est passée tout juste, tout juste, à la raclette, il faudra vraiment faire attention pour que l’initiative ne passe pas.

*************

Les questions du public :

Une dame intervient, se présente comme grand-mère. Dit que les jeunes initiants devraient avoir honte de cette initiative, la RTS est indispensable pour la jeunesse, pour le peuple, sa disparition serait une catastrophe, parle de la destruction de la Suisse. Elle n’a pas élevé ses enfants comme ces jeunes initiants…

Une autre dame âgée  dit que chez elle, au Brésil, la TV a été privatisée et c’est une catastrophe, il n’y a plus que l’argent qui compte, qui fait la loi.

Un monsieur âgé félicite les jeunes d’avoir donné un coup de pied dans la fourmilière avec cette initiative car le dialogue était refusé jusqu’alors. La SSR devrait maigrir mais avant cette initiative, ils ont  refusé de mener une réflexion sur ce sujet.

Un jeune homme se dit rentier AI, actuellement il bénéficie de la gratuité de la redevance, comment va-t-il financer les abonnements avec sa rente AI, comment cela sera-t-il à l’avenir si le OUI passe ?

Un autre jeune homme demande quel est le plan de carrière politique de Nicolas Jutzet après les votations. Jutzet exprime son étonnement à ce sujet, on lui pose souvent la question et il répond laconiquement qu’il est responsable des jeunes libéraux de Neuchâtel et va continuer son engagement au sein des jeunes libéraux. Une petite dame âgée lui coupe la parole : « Ce n’est pas le sujet !».

Nicolas Jutzet continue, finit de répondre très poliment à la question.

On donne le micro à cette petite dame âgée qui réclamait la parole depuis l’ouverture de la discussion.

Elle relève que le débat se déroule à trois (partisans du NON) contre deux. Dès ce moment elle sera interrompue à plusieurs reprises. Elle explique que sa dernière TV était une TV noir-blanc cathodique, qu’elle ne regarde pas la TV, ni la SSR, elle ne regarde, via Bluewin, que les débats lors des votations, et qu’elle ne voit pas pourquoi elle devrait payer 365 CHF alors que même les débats sont truqués, à l’image de ce qui se passe ici.
La RTS, c’est comme ici, des argumentations malhonnêtes, en essayant de faire peur.

On agite des clichés, le milliardaire Blocher, Berlusconi, Trump, pour faire peur et diaboliser toute personne pensant différemment. Un modérateur intervient et essaye de dire que le sociologue (Olivier Voirol) est neutre, mais la dame persiste, « il est clairement contre l’initiative ; c’est un débat à  trois contre deux, comme c’est l’habitude à la RTS»  et poursuit sur sa lancée : «80% de la SSR avouent être de gauche et 20% ne se l’avouent pas. »

Dans le brouhaha, soudainement la dame brésilienne accourt au secours de Roger Nordmann mais la dame âgée ne s’en laisse pas compter. « Moi aussi je viens d’un pays où la TV, la presse a été libéralisée. Cela a garanti la diversité d’opinions et, au moins, les gens peuvent choisir… ». Elle sera interrompue, pour abréger on lui demande alors de poser une seule question, et brève. Elle demande : « En quoi l’argent de Monsieur Blocher est sale ? »

Quelqu’un réplique : « On n’a jamais dit que.. »  Elle répète en colère, vous avez dit textuellement: « L’argent de Blocher n’a pas d’odeur, ce qui signifie que son argent est sale. Je répète alors : en quoi l’argent de Monsieur Blocher est sale ? »

Le modérateur répète alors la question « qui veut répondre, est-ce que l’argent de Monsieur  Blocher est sale ? » … et l’autre modérateur parle de dépassement du temps.

Devant tant de mauvaise volonté et de refus d’être réglo, la petite dame se lève et quitte la salle en lançant un « Allez vous faire f…. ».

Ce départ fracassant a jeté un froid dans la salle, alors, subitement, les animateurs ont trouvé du temps pour relancer la discussion. Personne ne reprend la question « en quoi l’argent de Monsieur Blocher est sale ? »
La discussion porte sur l’affirmation que 80% des journalistes de la SSR seraient de gauche. C’est l’indignation générale, mais c’est du n’importe quoi !  Le micro est tendu à Valentin Christe, pour répondre à cette accusation. La dame avait parlé de 80% mais le chiffre exact serait plutôt de 70%, précise M. Christe.

C’est fini, le camp des indignés, c’est-à-dire celui des trois gauchistes et tous les camarades au sein du public, quittent la salle offensés par une telle affirmation, néanmoins satisfaits: ils se sont bien serré les coudes, c’était quand même une victoire de la gauche en plus...

Ndlr. L'un de nos contributeurs a assisté au"débat". Grand merci à lui pour cette retranscription détaillée et fort instructive!  Nom connu de la rédaction.

Nous espérons que d'autre visiteurs et contributeurs de notre site suivent cette démarche particulièrement bienvenue.

6 commentaires

  1. Posté par Winkelried le

    Evidemment ,fallait pas rêver dans le c.. la balayette !J’ai posé quelques affiches pour l’initiative dans ma commune de Romanel sur Ls. et elles ont pas fait long avant d’être arrachées ,sûrement pour la défense de la démocratie ,ou peut être que les quartiers où sont situés les panneaux ne tolèrent que les idées de ceux qui amènent de l’eau à leur moulin .(et pas de l’eau bénite) .Merci à tous ceux qui se LEVENT le matin pour contribuer à leur mesure ,à améliorer la qualité de vie de notre société .

  2. Posté par SD-Vintage le

    Comme quoi, avec beaucoup d’argent et une bonne propagande on peut faire voter n’importe quoi.
    C’est déjà bien d’avoir éclairé le sujet. Ce n’est que partie remise, déjà 30% ont compris la perversité des médias publics, et la prochaine fois, il faudra mieux préciser la question, notamment pour le financement de certains médias locaux. J’espère que cela va mener à une prise de conscience même si les médias publics vont rester de gauche. C’est un premier avertissement .

  3. Posté par pépé le moko le

    Oh La claque que l’ on se prend ! Ce pays est définitivement de gauche, l’ Udc va disparaître comme le FN en France.

  4. Posté par Antoine le

    Chers Amis,
    Pour tous ceux et celles qui iront voter et voter OUI à no billag, je vous souhaite une merveilleuse veillée d’armes.
    Même si les sondages de Tamedia (que je considère pas neutre dans cette affaire) ne sont pas optimistes !
    J’ai déjà voté OUI à no billag (par correspondance).

  5. Posté par Sam le

    C’est étrange que l’initiative se nomme no Billag et à aucun moment les initiants ont parlé de la société privé qu’est Billag (reprenez moi si je me trompe), qu’elle fait des bénéfices de 50 millions et que quand elle perçoit trop elle refuse de rembourser… Quand on est mauvais, on fait pas d’initiative… Ils savent pas défendre leur texte et si ça passe pas ce sera pas de la faute des mensonges des opposants!

  6. Posté par Antoine le

    Je cite M. Roger Nordmann (PS):  »nous avons une SSR totalement indépendante de la politique ». Une telle affirmation venant de ce personnage ne m’étonne pas ! Soit il ne regarde pas le TJ 19H30 de Darius soit il fait exprès !
    Je continue à le citer :  »l’exemple des USA où les ondes sont privatisées. La catastrophe, vous avez vu ce qui se passe depuis les élections ! Il y a une grande dérive aux USA »
    Cette  »dérive » de la gôche des démocrates est tellement visible qu’elle se ridiculise ! A vouloir sans arrêt attaquer M. le Président Trump (que je respecte et que je soutiens) cela se retourne contre les propagateurs de Fake News !! CNN est un spécialiste dans le genre !
    Après le débat biaisé et truqué de la Mamarbachi, cela ne fait que continuer …
    J’ai voté OUI à no billag ! (vote par correspondance)

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