Les musulmans vaudois à la manœuvre

Stéphane Montabert
Suisse naturalisé, Conseiller communal UDC, Renens
Coran pour les nuls

Lundi, l'UVAM, l'Union Vaudoise des Associations Musulmanes, organisa une rencontre pour mieux faire connaître l'islam de Suisse. Les invités furent donc conviés à une visite du Centre culturel islamique Omar ibn Khatab à Crisser puis à la Nouvelle Mosquée de Renens - distants de moins de 100m l'un de l'autre - avant de partager un repas. D'autres centres islamiques se trouvent encore non loin, à Chavannes-près-Renens par exemple, mais l'objectif n'était certes pas de recenser tous les lieux de culte musulmans qui agrémentent l'Ouest lausannois.

Voyage au pays de l'islam heureux

L'assemblée, forte de plusieurs dizaines de personnes, comportait de nombreux délégués des communes du district, Municipaux et Conseillers communaux. Parmi les personnes présentes le quidam put aussi reconnaître le socialiste Pierre Zwahlen, Député au Grand Conseil vaudois, ou Claude Béglé, venu en tant que simple citoyen. Nul journaliste ne fit le déplacement cependant. Soit ils n'en virent pas l'intérêt, soit aucun ne fut invité.

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Accueillis par divers responsables, la visite proprement dite fut rondement menée: salles de prière, annexes, cuisine, de simples locaux aménagés avec des tapis tournés vers la Mecque, parfois agrémentés d'une bibliothèque aux ouvrages richement décorés. Tout au plus puis-je m'étonner de la présence incongrue d'un ouvrage de chimie au beau milieu des livres de religion du bureau de l'imam. Quelqu'un osa demander et on lui répondit: oui, les femmes ont leur propre zone pour la prière, loin des hommes.

L'opération de communication, car il faut bien l'appeler ainsi, se situait dans le cadre des grandes manœuvres opérées par les communautés musulmanes vaudoises pour voir l'islam reconnu comme religion officielle du Canton et bénéficier ainsi des avantages liés à ce statut. Les paroles apaisantes et les invitations à la fête commune résonnèrent agréablement aux oreilles d'un public, il faut bien le dire, conquis d'avance.

Pour ces gens, la reconnaissance de l'islam allait de soi. Il ne s'agissait pas d'une inéluctabilité, mais au contraire d'une volonté enthousiaste de promouvoir la nouvelle religion. Le socialiste Pierre Zwahlen incarna cette vision mieux que quiconque. Lorsqu'il prit la parole, il courtisa sans retenue le vote musulman et soutint la reconnaissance comme un processus bienvenu, l'approbation des citoyens en votation populaire n'étant perçue que comme une étape juridique désuète.

[En] tant que deuxième courant spirituel de ce pays après le christianisme, les communautés musulmanes doivent, à terme, aussi être reconnues dans ce canton. On le sait, ça nous fera passer sans doute par un référendum, puisque pour reconnaître une communauté il faut un vote (...) mais ce canton est progressiste, n'oubliez pas qu'il a été l'un des seuls cantons de ce pays à voter contre l'interdiction des minarets. Et pour ma part, je reste optimiste quand je vois ce que nous représentons ici, des opinions différentes qui sont là, je pense [que] dans la raison nous saurons porter ce projet qui nous attend dans quelques années, parce que le processus s'annonce lent, et l'UVAM est un modèle de patience et d'abnégation.

Entre deux compliments à l'égard de la communauté des croyants, on admirera la tournure rhétorique typique du "progressisme": les voix critiques ne sont que des empêcheurs de tourner en rond face à la marche inéluctable de l'Histoire.

Oui, l'ambiance était belle au pays de l'islam heureux. Mais il ne fallut pas longtemps pour que le vernis se craquelle.

Ambiguïté quand tu nous tiens

Malgré des mots d'ordre visiblement suivis, les contradictions et les tensions virent le jour dès la visite des mosquées - le fait même que différents lieux de cultes coexistent en chiens de faïence à quelques dizaines de mètres l'un de l'autre étant l'illustration la plus parfaite des divisions entre communautés musulmanes de Suisse. Si vous posiez quelques questions naïves sur les nuances entre chiites et sunnites, la plupart des visages se fermaient, bien qu'on vous réponde que les chiites étaient "naturellement les bienvenus" dans ces deux mosquées (ce qui signifie qu'il n'y en avait aucun).

Mais rien de tel qu'un petit sujet sur le terrorisme pour entrer dans le mode de pensée très particulier de certains musulmans vaudois.

Tenez, que penser des attentats à la voiture bélier commis par les fous de Dieu récemment? Ceux de Berlin (12 morts), de Londres (5 morts, dont un policier poignardé une fois la course folle du terroriste achevée), de Stockholm (5 morts), de Londres encore (8 morts), de Paris sur les Champs-Elysées (aucune victime, sauf le terroriste qui meurt brûlé dans sa voiture), ou le 9 août à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine (6 blessés), pour n'évoquer que les attaques remontant à moins d'un an? Rien à voir avec l'islam. Des déséquilibrés. Des malades mentaux. De pauvres gens, quoi. Même si les terroristes font allégeance à l'État Islamique. Même s'ils ont toujours agi avec des complices. Même s'ils ont prémédité leurs actes. Même s'ils beuglent "Allah akbar" en s'y livrant. Rien-à-voir avec l'islam.

Mais pourquoi ces gens affirment-ils tant agir au nom de l'islam alors? Si vous dites qu'ils n'agissent pas au nom de l'islam, comment se fait-il qu'eux se revendiquent de l'islam? Il y a visiblement une petite contradiction dans les revendications des uns et des autres, non? "Ils n'obéissent simplement pas aux mêmes autorités religieuses que nous", explique calmement Pascal Gemperli, président de l'UVAM. "Au bout du compte, tout se ramène à l'autorité à laquelle vous décidez de croire", poursuit-il dans des propos à double sens.

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Salle de prière du Centre culturel islamique Omar ibn Khatab de Crisser. Au mur, l'horloge indique l'année en cours selon le calendrier musulman - 1438 - et les horaires des différentes prières du jour.
(Cliquez pour agrandir)

Le terrorisme islamique qui fleurit un peu partout en Occident? "On en parle parce juste parce qu'il frappe l'Europe, mais il y a du terrorisme chrétien aussi." Pardon? "Oui, les milices chrétiennes en Afrique. On n'en parle pas ici." Admettons. Et l'ampleur de chaque phénomène? "Les milices chrétiennes font beaucoup de morts." Donc tout se vaut finalement. Un partout, la balle au centre. Le fait que des miliciens africains se réclament du Seigneur dans un coin paumé de Centrafrique permet de relativiser les attaques islamistes au couteau, à la voiture-bélier ou à la ceinture explosive contre des innocents, de Londres à Sidney.

Nous voguons en pleine taqiya depuis un moment mais je m'en doutais. Toutefois, tout le monde n'a pas autant travaillé ses dossiers. Il suffit de parler de l'État Islamique et de la Syrie à d'autres participants de la soirée pour voir encore une fois émerger un discours relativement éloigné du sentiment helvétique moyen. Les abominables bouchers de l'État Islamique qui décapitent des enfants? "Assad fait pire", intervient une voisine de table. Pardon? "Oui, les Russes bombardent la Syrie, ils font bien plus de morts." Sans entrer dans le décompte macabre - je n'ai pas la moindre idée du nombre de victimes infligé par chaque camp dans cette guerre civile, les Russes sont là pour soutenir le régime de leur allié Bachar el-Assad, qui est par ailleurs 100% musulman tout tyran qu'il soit - j'objecte qu'on ne peut pas comparer les victimes collatérales d'un bombardement avec l'égorgement de sang-froid d'enfants et d'otages face caméra. Mais pour ma voisine, on peut. "Les Américains ont fait plus de cent mort récemment en bombardant un mariage" explique-t-elle, sautant du coq à l'âne jusqu'en Afghanistan. Je me hasarde à demander: "Pensez-vous qu'ils savaient qu'il s'agissait d'un mariage et choisirent de les viser délibérément?". Elle ignore ma remarque. "Ils ont fait plus de cent morts", insiste-t-elle. Son point de vue ne fait aucun doute: les exactions de l'État Islamique trouvent une justification.

Surréaliste.

Tout va super-bien

Mais pourquoi vouloir faire reconnaître l'islam comme religion officielle d'utilité publique, finalement, alors que depuis des années, des décennies même, les musulmans de Suisse vivent paisiblement leur religion dans un cadre privé? Pascal Gemperli répond: "C'est une normalisation, cela fait partie de la pleine intégration, ce qui donne des droits et des devoirs. On y va surtout pour les droits!" dit-il en partant d'un éclat de rire.

Mes voisins de table me présentent divers exemples de coexistence réussie, selon eux, entre les musulmans et d'autres confessions: l'ex-Yougoslavie (déchirée par une guerre civile et confessionnelle il y a vingt ans) ou le Liban (idem). Charmant. Bien sûr, les musulmans de Suisse, pour ce qui est du modeste échantillon que j'ai croisé ce soir-là, ne sont pas des islamistes assoiffés de sang, mais des individus tout à fait respectables, sympathiques mêmes. L'un d'eux m'avoue que comme beaucoup d'autres musulmans il n'a pas la moindre idée du sens de ses prières et qu'il les a juste apprises de façon phonétique. Pourtant, il n'y a pas besoin de laisser traîner une conversation bien longtemps pour voir émerger des opinions à des années-lumière de celles couramment admises en Europe sur des sujets comme le terrorisme musulman ou l'État Islamique.

Je reste dubitatif sur le sens de l'intégration de certaines communautés. Les Turcs de l'Ouest lausannois, par exemple, présentent le fait de se retrouver entre Turcs, de prier entre Turcs, de donner au sein de la mosquée turque une éducation religieuse spécifique aux enfants turcs, d'amener ces derniers faire du sport dans un club de foot turc, bref, de se retrouver uniquement et exclusivement entre Turcs du matin au soir, comme l'objectif le plus souhaitable. Ils jouent fièrement la carte du communautarisme le plus assumé et s'en félicitent. Mais ce faisant, ne laisse-t-ils pas quelque chose au bord du chemin? L'absence de troubles suffit-elle à proclamer le succès? Ne sommes-nous pas plutôt en train de laisser se créer de véritables enclaves sur notre sol?

Assumant mes opinions, j'explique comment je vois les choses: "je pense que beaucoup de Suisses en ont marre des revendications continuelles de certains musulmans, le refus de serrer la main à sa maîtresse d'école, le refus de la mixité, les horaires séparés pour les cours de piscine, les congés spéciaux, les interdits alimentaires imposé à tous à la cantine, le voile à l'école, les aménagements pour le ramadan, le prosélytisme sur la voie publique, les pauses pour la prière, les exigences à l'hôpital... Et toutes les attaques contre les autres religions comme la tradition catholique, les fêtes de Noël, menées cette fois-ci au nom de la laïcité." Pascal Gemperli ironise sur la brièveté de mon énumération et joue encore une fois la carte des "cas isolés". Tout va bien donc. Je ne m'attends de toute façon pas à convaincre mon interlocuteur de quoi que ce soit. Encouragée par mon audace, une brave dame tente bien de parler de son expérience dans une cantine scolaire, dire que ce n'est pas normal que la minorité impose son mode de vie halal et sans porc à la majorité, elle ne parvient pas à exprimer le fond de sa pensée et me lance un regard attristé, rempli d'impuissance.

De cette soirée, il me restera le souvenir vivace de l'implication enthousiaste des participants (parmi lesquels autorités locales et cantonales, délégués religieux d'autres confessions, notables) en faveur d'une reconnaissance de l'islam comme religion d'utilité publique dans le canton de Vaud. Les élites poussent clairement en ce sens. Je comprends dès lors que la commission chargée de surveiller la conformité de la pratique de l'islam pendant cinq ans sera un exercice de pure forme. Elle ne soulèvera probablement pas la moindre critique - quant à préconiser un rejet, n'en parlons même pas. À l'aune des responsables politiques rencontrés, le travail se fera en toute complaisance. La conclusion du rapport est peut-être déjà écrite.

Rentrant chez moi, je me félicite que finalement la décision soit collective, grâce à la démocratie helvétique. Il reviendra au peuple de trancher. Les Vaudois, ces Vaudois qui ont si fièrement exprimé leur amour des minarets, voudront-ils faire de l'islam une religion officielle du Canton? S'ils suivent les vents médiatico-politiques dominants, aucun doute effectivement. Mais dans le secret de l'isoloir, une surprise est toujours possible. Au train où vont les choses, beaucoup d'eau coulera sous les ponts durant ces cinq ans.

En fin de compte, tout ceci se ramène à une interrogation très simple. Compte tenu des revendications musulmanes actuelles, une reconnaissance de l'islam comme religion officielle ira-t-elle dans le sens d'un apaisement de ces demandes, ou à leur brutale augmentation? Cette question suffit pour deviner ce qui attend notre bien joli canton.

Stéphane Montabert - Sur le Web et sur LesObservateurs.ch, le 31 août 2017

18 commentaires

  1. Posté par SD-Vintage le

    @ Posté par monde-tombé-sur-la-tête le 1 septembre 2017 à 15h05
    En fait je me moque de qui Pierre Zwahlen. met dans son lit : « C’est en rencontrant celle qui allait devenir ma femme que la question de ma conversion à l’islam s’est posée.  »
    Donc, s’il avait rencontré une bouddhiste, il serait donc bouddhiste, une Juive il serait juif, etc… Des convictions très élastiques.
    Peut-être avait-il en commun avec sa future femme une aversion pour l’occident et le Christianisme, comme tout bon socialiste.
    Les textes que j’ai cités démontrent son mensonge sur « l’islam, victime de préjugés et souvent vu comme l’esprit du mal », conviction islamophile très encrée à gauche. Mais peut-être que la peine de mort pour apostasie ne le gêne pas plus que cela ? Ou qu’il considère que les oulémas d’Arabie saoudite n’ont rien compris à l’Islam et que l’Arabie saoudite n’est pas un pays musulman ?
    Il se dit non pratiquant, c’est faux. Un musulman qui ne mange pas de porc et fait le ramadan est un musulman pratiquant. Un mensonge de plus.

  2. Posté par monde-tombé-sur-la-tête le

    @ SD-Vintage:
    Que Mr Zwahlen n’ait pas réussi à trouver une femme européenne et chrétienne, par ailleurs on peut se demander pourquoi- est son problème strictement personnel.
    Mais que par son désespoir de se marier, qu’il soit prêt, en guise de dote, de vendre son pays, l’heritage de ses ancêtres, la survie de ses co-citoyens et l’avenir de nos enfants, dépasse de loin toues les lignes rouges et le rend tout à fait indigne d’occuper une quelconque position publique.

  3. Posté par Bussy le

    Ah quand on saura tout, M. Zwahlen est musulman… donc il prêche pour sa mosquée et bien sûr la charia ne lui fait pas peur car il s’en réjouit, en bon musulman pratiquant !

  4. Posté par SD-Vintage le

    En effet !
    « «Je me suis converti à l’islam par amour» Pierre Zwahlen
    « Je suis resté athée et agnostique pendant des décennies. C’est en rencontrant celle qui allait devenir ma femme que la question de ma conversion à l’islam s’est posée. C’était une condition à notre union et je l’ai fait très volontiers. Aller à la rencontre de l’islam, victime de préjugés et souvent vu comme l’esprit du mal, m’a plu. »
    https://www.letemps.ch/suisse/2009/11/13/me-suis-converti-islam-amour

  5. Posté par SD-Vintage le

    Apostasie en terre d’Islam :

    Dans beaucoup de pays musulmans, il y a un moyen pour contourner l’absence de lois contre l’apostasie : la condamnation pour « prosélytisme ». L’article suivant de wiki en parle peu. Voici ces lois qui ont le soutien de la majorité des populations de ces pays, même quand elles émigrent en Europe, et donc de la gauche et d’une partie de la droite

    – Afghanistan : peine de mort
    La constitution afghane appelle au respect des conventions internationales que le pays a signées comme la Déclaration universelle des droits de l’homme dont un article prévoit la liberté de religion. Mais, elle oblige toute loi à être conforme à l’islam dont l’interprétation traditionnelle réserve la peine de mort aux musulmans ayant renoncé à leur religion, comme en témoigne l’affaire Abdul Rahman.
    – Algérie : théorie, liberté ; en pratique, amende pour « prosélytisme »
    Le droit à la liberté de religion est garanti par l’article 18 du Pacte International relatif aux Droits civils et politiques ratifié par l’Algérie en 1989, par l’article 36 de la Constitution algérienne qui garantit la liberté de conscience ainsi que par l’article 2 de l’ordonnance no 06-03 garantissant le libre exercice du culte.
    L’islam est religion d’état, et une loi prévoit jusqu’à 1 million de dinars (8000 euros) d’amende en cas de prosélytisme, cette notion ayant une acceptation variable.
    – Arabie saoudite : condamnation à mort ou coups de fouet
    En Arabie saoudite, l’apostasie est passible de la peine de mort par décapitation au sabre.
    Le poète palestinien Ashraf Fayad y a été condamné à mort pour apostasie le 17 novembre 2015. Début 2016, cependant, sa condamnation à mort est commuée en 8 ans de prison et 800 coups de fouet. De même le bloguer Raif Badawi risque la mort.
    – Bangladesh : violence islamique
    Au Bangladesh, des blogueurs ont été tués parce que se revendiquant athées. Il n’y a pas de loi condamnant strictement l’apostasie, mais les islamistes sont puissants.
    – Brunei : peine de mort
    Le sultanat de Brunei applique la Charia. L’apostasie est donc passible de la peine de mort.
    – Égypte : poursuites judiciaires et hôpital psychiatrique
    Ce pays est signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui admet formellement le droit de changer de religion sans conséquences négatives, et l’apostasie n’est pas explicitement condamnée par la loi.
    L’article 98f du code pénal réprime « tout acte de dégradation ou de mépris à l’égard d’un lieu ou d’une secte religieuse dans l’intention de porter préjudice à l’unité nationale ou à la paix sociale ». Il a été occasionnellement utilisé pour condamner la conversion de musulmans à une autre religion ou pour avoir tenu des propos relevant de l’athéisme.
    À la suite de l’affaire Nawal el Saadawi, la loi no 3 du 29 janvier 1996 réserve au Procureur de la République le droit d’engager la procédure de poursuites pour crime contre Dieu ou pour crime contre le peuple, à l’inverse de la hisba qui traditionnellement laissait ce droit à tout un chacun. (…)
    En 2005, Gasir Mohammed Mahmoud, fut interné dans un asile psychiatrique et ne dut sa liberté qu’à la communauté internationale
    – Émirats arabes unis
    L’islam est religion d’état et la Charia islamique première source de législation. Les minorités chrétiennes ou hindoues ont l’interdiction d’afficher leur foi ou d’en parler aux musulmans. « L’homicide, le viol, la haute trahison, le vol aggravé, l’apostasie, la vente et le trafic de drogue sont considérés comme des crimes passibles de la peine capitale dans les Emirats arabes unis. » (https://fr.sputniknews.com/international/20110210188587981/)
    – Érythrée : non aux évangéliques
    Il est interdit de choisir une religion autre que l’islam, l’orthodoxie, le catholicisme ou le luthéranisme. Ceux qui choisissent le protestantisme évangélique sont persécutés.
    – Indonésie : prison et d’amende
    En Indonésie, plus de 80 % des habitants sont musulmans, mais les minorités religieuses sont considérées à égalité. Du fait de l’histoire de l’Indonésie, l’athéisme, associé au communisme, est condamnable. Des milices s’organisent pour lutter contre l’apostasie et fermer les lieux de culte qui ne sont pas autorisés. On cite le cas d’Alexander Aan, élevé musulman mais qui a déclaré être athée sur le réseau social facebook. Il a été condamné pour athéisme et blasphème en 2012 à 2 ans et demi de prison et 100 000 roupies d’amende.
    – Iran : peine de mort
    De tradition chiite, l’Iran a condamné à mort des musulmans ayant apostasié sur la base de la charia non codifiée (…) En juin 2008, l’Iran a annoncé son intention de renoncer à inclure dans son projet de nouveau Code pénal l’apostasie comme crime mais un pasteur chrétien d’Iran, Youcef Nadarkhani est condamné sur cette base en 2010.
    – Jordanie : prison
    Un Jordanien a quitté son pays pour échapper aux poursuites concernant son apostasie de l’islam. Un poète a été accusé d’apostasie, et condamné à une lourde peine de prison.
    – Koweït : peine de mort
    L’apostasie est passible de mort (…)
    – Libye
    Le rejet de l’islam peut être sanctionné par la perte de la citoyenneté.
    – Malaisie : amende ou prison ou camp de réhabilitation à la religion musulmane
    L’article 11 de la constitution fédérale de Malaisie garantit à chacun le droit de choisir sa religion, mais l’article 3 dispose que l’islam est la religion officielle et qu’on ne doit pas en prêcher d’autre aux musulmans. La majeure partie des États ont adopté la Loi de contrôle et de restriction qui prévoit une amende de 10 000 ringits ou une peine d’un an de prison pour ceux qui induisent un musulman à changer de religion. La critique de l’islam est considérée par la loi comme un acte de sédition (Sedition Act hérité de la période coloniale). Il est donc très difficile aux musulmans (essentiellement les Malais, considérés comme musulmans de naissance) d’abandonner leur religion car ils doivent pour cela faire entériner leur choix par un tribunal religieux musulman, seule juridiction compétente en la matière depuis 1988. La demande est presque toujours refusée, et une peine peut être imposée pouvant aller jusqu’à la prison ou l’enfermement dans un camp de « réhabilitation » jusqu’au renoncement de leur projet d’officialisation de leur apostasie. (…) Selon Zainah Anwar, directrice de Sisters in Islam, la concurrence pour les voix des Malais musulmans entre le parti malais UMNO et le PAS islamiste se traduit par une surenchère identitaire, dont l’islamisation progressive du système judiciaire entamée dans les années 1980 est un des résultats. (…)
    Par ailleurs, si l’apostasie était facilitée, l’apostat devrait en contrepartie perdre sa qualité de Malais, et donc le bénéfice des quotas que l’article 153 de la constitution fédérale leur réserve dans l’administration, le commerce et l’éducation. Mais il est vrai que ces dispositions avantageuses sont déjà menacées par le désir d’élever la compétitivité économique nationale.
    Au niveau fédéral, les lois traitant sur le sujet de l’apostasie varient de l’application de la peine de mort dans les États du Kelantan et du Terengganu à des risques de peine de prison particulièrement sévère dans les États de Melaka, Sabah, Pahang et de Perak dans le cas ou la conversion de l’islam est refusée par les tribunaux de la charia. Les condamnés peuvent également être soumis à des détentions forcées dans des camps de « réhabilitation à la religion musulmane » pour les dissuader de quitter leurs religions natales (…) Néanmoins l’apostasie semble toutefois légale uniquement dans l’État du Negeri Sembilan mais au prix d’une procédure extrêmement difficile qui implique entre autres de suivre des cours d’études coraniques en présence d’un imam étalés sur de nombreux mois dans l’espoir d’en dissuader la conversion. Le gouvernement malaisien n’aurait officiellement autorisé entre 2000 et 2010 que 135 demandes d’apostasies sur 863.
    – Maldives : peine de mort
    Renoncer à l’islam revient à renoncer à sa citoyenneté. Il est interdit de quitter l’islam ou d’émettre de l’incrédulité. À partir de l’âge de 7 ans, la peine encourue pour apostasie est la mort.
    – Mauritanie : peine de mort ou prison
    La Mauritanie a condamné à mort Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir pour apostasie fin 2014, alors que les écrits qui l’incriminent n’attaquent en rien l’intégrité du prophète ou sa foi en la religion. Il est actuellement en prison en attente d’un appel. Son avocat ayant reçu des menaces de mort, il a refusé de le défendre. Il semble que la condamnation soit poussée par des motifs politiques liés aux partis salafistes.
    – Nigeria : violence islamique
    Certains états du Nord appliquent la Charia, mais la plupart des décisions en ce sens ont été cassées par les tribunaux fédéraux. Cependant, en raison des pressions communautaires et familiales, un apostat risque la mort et doit quitter la région.
    – Oman : amende et prison
    Un apostat voit son mariage annulé, encourt une peine comprise entre 10 jours et 3 ans de prison, et entre 5 et 500 Riyals Omanis d’amende
    – Ouganda : violence islamique
    En Ouganda les chrétiens anciennement musulmans sont victimes de violences de la part des islamistes
    – Pakistan : prison
    La législation anti-blasphème au Pakistan est très dure, et permet notamment de condamner les apostats
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Apostasie_dans_l%27islam#.C3.89mirats_arabes_unis

    cf également :
    – Changer de religion est un crime dans 23 pays (2015)
    L’Afghanistan, l’Algérie, Bahreïn, Brunei, l’Egypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, la Jordanie, le Koweit, la Libye, la Mauritanie, le Maroc, Oman, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie Saoudite, le Soudan, la Syrie, la Tunisie, les Emirats Arabes Unis et le Yémen.
    http://evangeliquesdubas-rhin.fr/communique/changer-de-religion-est-un-crime-dans-23-pays/

    – Les athées sont exécutés dans 13 pays musulmans et discriminés [dans la majorité des pays] (rapport de l’IHEU) (2013)
    L’Afghanistan, l’Iran, la Malaisie, les Maldives, la Mauritanie, le Nigéria, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, les Emirats Arabes Unis et le Yémen.
    http://www.postedeveille.ca/2013/12/les-athees-sont-executes-dans-13-pays-musulmans.html

  6. Posté par Brélaz François le

    Pierre Zwahlen est musulman; il s’est converti lors de son mariage.

  7. Posté par SD-Vintage le

    L’Arabie saoudite et l’apostasie
    Les Saoudiens sont-ils de mauvais musulmans ?
    « Si de nombreux pays condamnent l’apostasie, l’Arabie Saoudite est le seul à la punir par la peine de mort. Ainsi en Iran, et sur la base de la charia non codifiée, des peines sont régulièrement prononcées, et servent souvent également à museler toute opposition politique intérieure au pouvoir des mollahs. En juin 2008, bien que l’Iran ait annoncé son intention de renoncer à inclure dans son projet de nouveau Code pénal l’apostasie comme crime, un pasteur chrétien d’Iran a été condamné sur cette base en 2010. De même en Libye le rejet de l’islam peut être sanctionné par la perte de la citoyenneté. On peut aussi observer d’autres sanctions telles que l’enfermement dans une institution psychiatrique (Égypte avec Gaser Mahomet Mahmoud), mais aussi l’emprisonnement ou encore la dissolution du mariage et le retrait de la tutelle sur les enfants. »
    http://www.lejournalinternational.fr/Arabie-Saoudite-l-Islam-ou-la-mort_a764.html

  8. Posté par SD-Vintage le

    Maroc et liberté religieuse :
    « Anne-Bénédicte Hoffner, le 08/02/2017 à 11h41 – Revenant sur une fatwa de 2012, le Conseil supérieur des oulémas du Maroc a estimé que la peine de mort devait être réservée à ceux qui « trahissent leur pays » et non à ceux qui changent de religion. »
    « L’opinion selon laquelle l’apostat ne devrait pas être tué n’est pas une nouvelle, assure Morocco World News, et figure dans les enseignements de Sufyan al Thawri, érudit du premier siècle de l’islam et fondateur d’une école juridique sans postérité.  » : et contrairement aux autres écoles.
    « L’hadith selon lequel Mohammed aurait dit « quiconque change de religion, tuez-le » devrait, selon eux, être compris au sens de « celui qui abandonne sa religion et abandonne son peuple». »
    « Engagé dans la lutte contre les courants extrémistes au sein de l’islam, le roi Mohammed VI était partisan de ce changement. « Lors de la rédaction de la Constitution de 2011, le palais aurait aimé qu’on y proclame la liberté religieuse », rappelle un autre observateur. Mais le Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste) et l’Istiqlal (parti de l’Indépendance) avaient dit haut et fort qu’ils ne voteraient pas la Constitution « si elle contenait une semblable disposition ».

    Le préambule de la Constitution proclame toutefois la soumission de la législation nationale aux pactes internationaux signés par le Maroc, et donc, de fait, le droit à la liberté de conscience incluse dans la déclaration universelle des droits de l’homme. « Ce qui a permis à des tribunaux de déclarer sans suite des poursuites engagées contre des personnes pour des opinions religieuses ». »
    nb
    Dans les « pactes internationaux signés par le Maroc » il y a la déclaration islamique des droits de l’homme qui dit que le Coran et autres prévaut sur le reste.
    Les Islamistes sont majoritaires au Maroc.
    http://www.blog.sami-aldeeb.com/2017/02/12/au-maroc-les-apostats-ne-sont-plus-passibles-de-la-peine-de-mort-faux-ou-vrai/

  9. Posté par SD-Vintage le

    Donc,
    Pour mémoire, le collabo français du régime de Pétain, Pierre Laval, « personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy et le principal maître d’œuvre de la politique de collaboration d’État avec l’Allemagne nazie » (wiki)), était socialiste, comme Pierre Zwahlen.
    Etre de gauche n’est donc pas une barrière contre le totalitarisme, loin de là.

  10. Posté par SD-Vintage le

    Les miliciens chrétiens africains de Centrafrique ne font très souvent que se défendre des musulmans. Et ils n’ont pas l’appui du Vatican ou de quelque courant de théologiens chrétiens. Les miliciens chrétiens africains de Centrafrique ne sont pas un mouvement universel comme le salafisme et le terrorisme qui va avec. Enfin Les miliciens chrétiens africains de Centrafrique n’ont pas l’intention d’imposer à la terre entière la théologie chrétienne en appelant le monde chrétien à la violence contre les autres religions partout où ils se trouvent.
    Cet imam est un menteur, mais ses mensonges ont le soutien du pape Bergoglio, de la gauche, et du socialiste Pierre Zwahlen.
    Pour mémoire, le collabo français du régime de Pétain, Pierre Laval, « personnalité la plus importante de la période du régime de Vichy et le principal maître d’œuvre de la politique de collaboration d’État avec l’Allemagne nazie » (wiki)).

  11. Posté par UnOurs le

    @Christian
    Je comprends vos arguments, mais je me place déjà dans la perspective du « monde d’après ».

  12. Posté par Christian Hofer le

    Je rajoute que les étudiants qui ratent dans leur pays respectifs viennent par la suite chez nous puisque l’accès n’est pas restreint. J’ai ainsi pu voir même des Canadiens tenter leurs chances.

    Et après on se plaint qu’il n’y ait pas assez de médecins suisses ou qu’il y ait trop de dentistes étrangers…

  13. Posté par Christian Hofer le

    @ UnOurs

    Dentiste? Il y a tellement de Français dans nos écoles (la formation se fait à l’Unige) que les places sont très restreintes. La fameuse libre circulation à sens unique! Il n’y a aucune place pour les Suisses dans les universités françaises celles-ci étant totalement submergées par l’immigration.

    http://etudiant.lefigaro.fr/article/admission-post-bac-87-000-bacheliers-toujours-en-attente-d-affectation-a-l-universite_7f4a3f16-68c1-11e7-bbc5-15343b5f5bee/

    Eh oui, les problèmes du vivre-ensemble français handicapent notre pays, encore une fois.

  14. Posté par UnOurs le

    A terme, cela finira comme au Kosovo ou au Liban.
    Je le dis sans joie malsaine et avec appréhension, mais que cela commence vite, tant que nous sommes encore le plus nombreux.

    @aux jeunes: apprenez une langue de l’est et ayez une profession mobile (que ce soit plombier ou dentiste), histoire d’avoir une solution de repli vers un territoire blanc.

  15. Posté par Loulou le

    « Tout au plus puis-je m’étonner de la présence incongrue d’un ouvrage de chimie au beau milieu des livres de religion du bureau de l’imam. »

    MAIS LOL!

  16. Posté par Hexgradior le

    Les Veaux-Doigts auront le canton qu’ils méritent…

  17. Posté par philippe le

    Pour ma part, je ne me sent pas particulièrement attiré ,Malheureusement je vois deux catégories. Les contribuables et les assistés.?

  18. Posté par Bussy le

    Qu’un participant n’ait pas la moindre idée du sens de ses prières et qu’il les ait juste apprises de façon phonétique, c’est peut-être vrai…… mais ça n’est certainement pas le cas de M. Gemperli et de l’imam des lieux…..
    Et ce député Zwahlen, qui ose apparemment parler de progressisme dans une réunion consacrée à la religion musulmane, il lui manque une case ou il plaisantait ? Il ne doit sûrement pas avoir d’enfants, et surtout pas des filles, et donc il s’en fout complètement que ça tourne tôt ou tard à la charia !

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