Détesté des universitaires qu’on ne voit jamais sur le terrain et attaqué régulièrement par Libération, ce qui indique un sens élevé de liberté intellectuelle, le géographe Christophe Guilluy continue, imperturbable, son examen socio-territorial de l’Hexagone. Après Fractures françaises en 2013 et La France périphérique en 2014, il vient de publier Le crépuscule de la France d’en haut chez Flammarion (253 p., 16 €), son ouvrage le plus politique.
Consultant réputé auprès des collectivités locales, l’auteur parcourt la France et constate de fortes déchirures géo-sociologique qu’il associe à une relance d’une nouvelle lutte des classes. Sous la contrainte conjuguée de la mondialisation, du libre-échange et de la mise en concurrence des salaires et de la main-d’œuvre, l’espace français se scinde en trois aires inégales et disparates : des métropoles prospères et ouvertes au monde, des banlieues de l’immigration adossées aux métropoles qui profitent de leur dynamisme socio-économique, et des contrées périphériques déclassées, de loin les plus nombreuses et les moins aidées.
Ainsi disloquée, la France devient une véritable « société américaine ». « Les territoires métropolitains, explique Christophe Guilluy, ne sont pas seulement le lieu de captation du patrimoine, des richesses et de l’emploi, ils sont aussi celui de la production de la fabrication de la pensée unique, ce discours du système médiatique et politique qui permet aux classes dominantes de dissimuler le réel, celui d’une société inégalitaire et sous tensions, derrière la fable de la société ouverte (pp. 15 – 16). »
S’épanouissant dans de « nouvelles citadelles » métropolitaines, administrations centrales parisiennes et bobos défigurent par des projets coûteux, stupides et polluants la « France profonde » à Bure, à Notre-Dame-des-Landes, à Sivens, à Roybon. Ils y installent même maintenant des immigrés clandestins tolérés. Ces manières détestables accroissent les tensions sociales.
Frappées par des « polycrises » économique, sociale, identitaire et écologique, les catégories populaires et moyennes en voie de paupérisation accélérée – qui ne se résument pas exclusivement aux Blanc –, répondent par une sécession tranquille qui se formalise en « contre-société » sédentaire et localiste. Les gens ordinaires comprennent en effet que la cohésion sociale, la décence commune et le sentiment d’appartenance au village, au bourg et au quartier représentent un modeste, mais salutaire gilet de sauvetage. En l’absence d’une politique volontariste d’aménagement raisonné du territoire, deux sociétés potentiellement conflictuelles s’élèvent par conséquent sur le même sol. Le crépuscule de la France d’en haut annonce un horizon plus que tempétueux.
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Cette « chronique hebdomadaire du Village planétaire » a été diffusé sur Radio Libertés le 27 janvier 2017.
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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.Cet article Un réquisitoire contre le Boboland est apparu en premier sur Eurolibertés.
Extrait de: Source et auteur

Trois aires qu’on peut aussi résumer ainsi :
Les grandes villes où les bobos prospèrent au service des puissants de ce monde (même si ces bobos ont essayé de nous faire croire qu’ils sont de gôche !).
Les banlieues composées d’étrangers et choyées par les bobos, ceux-ci ayant besoin d’esclaves payés au lance-pierre (le bobo ne veut pas, entre autres, payer trop cher son menu à midi, pour ça il faut que celui qui fait la plonge soit en situation précaire…. et surtout pas qu’il cherche à se lier d’amitié avec le bobo… quand même !!!).
Et les français de souche ou étrangers de provenance européenne, dont les bobos ne pensent plus avoir besoin, et qu’ils repoussent subtilement loin des villes (l’arrivée massive d’esclaves incultes, bruyants, irrespectueux, fait fuir ces français dans les petites villes).
Le dosage étant difficile, les bobos essaient de stocker provisoirement des étrangers dans les petites villes, sachant que quand ils en auront besoin, ils pourront les faire venir près des grandes villes.
Les bobos aidés par ceux qui mènent le bal sur cette planète ont en fait créé un système d’apartheid, reste à savoir si les rejetés du système toléreront toujours ça, ou si un jour ça va barder pour les bobos et banlieusards…. les bobos pas très branchés violence se mettront à adorer les flics… mais où vivent les flics… dans les parties « rejetées » ou dans les grandes villes ?