La prétention totalitaire de l’éducation nationale

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La tentation hégémonique de
Vincent Peillon sur l’éducation des enfants est issue directement de
l’idéologie révolutionnaire, laquelle désire S’Approprier l’homme, comme
l’indique le titre du dernier ouvrage de Xavier Martin, avec, comme à
l’accoutumée, moult citations des penseurs et des acteurs de la Révolution
Française :

A« Oui,
l’éducation est chose trop sérieuse, elle est trop divine pour qu’on la laisse aux père et mère par la nature, quel
que soit d’ailleurs leur niveau social.
Bourdon [auteur d’un plan d’éducation nationale présenté à l’Assemblée en 1789,
NDMJ
] lui-même sera très net à cet égard : « l’enfant
riche » trouvera chez les siens « des leçons pratiques d’orgueil,
d’aristocratie, de despotisme ; l’enfant pauvre sera l’élève de la
superstition et des préjugés ». Et la conclusion qu’il généralise est sans
équivoque : « L’éducation domestique ne convient sous aucun rapport à un
être né pour la société
 » ; elle « ne saurait donner que des
esclaves ou des despotes ». Robespierre et Danton, malgré leurs
divergences, se trouvent d’accord pour estimer que la famille
« rétrécit » l’esprit des enfants
. Si l’on veut bien alors considérer
d’un œil neuf l’abandon par Rousseau de ses cinq nourrissons, paradoxalement
elle est réductible à une simple délégation
de pouvoirs
 ; on sait d’ailleurs comment les Confessions nous la traduisent – ça aussi en dit long :
« [E]n livrant mes enfants à l’éducation publique […], je crus faire acte
de citoyen et de père » (sic). […]

Cueillir
l’homme « dès le berceau » pour le modeler intégralement sans plus le
lâcher ? L’idée explicite, se confirme-t-il, en parcourt l’échine de la
décennie révolutionnaire. « Nous nous emparons de la génération qui
nait 
» : Rabaut Saint-Etienne s’en est flatté. Il faut, dit encore
Heurtault-Lamerville à une tribune parlementaire du Directoire, « saisir
l’enfant au berceau, s’emparer de l’homme pendant toute sa vie […] et le
conduire enfin à sa demeure dernière 
» ; et il enfonce le clou :
il faut « que nos institutions, pour produire tout l’effet de la Terre
entière (sic) attend de nos efforts, prennent l’homme au berceau, et ne
quittent dans la tombe que sa dépouille mortelle ». […]

Intervenir dès
le berceau ? Certains –osera-t-on le dire ?- eussent voulu faire plus
vite encore. Comme ne craint pas de l’exprimer avec une force extrême le conventionnel
Michel-Edme Petit, « l’éducation (…) doit remonter plus haut ; elle
doit aller chercher l’homme dans
l’embryon de l’espèce
 », ce qu’il prétend affirmer là, c’est qu’elle
doit vaquer, en priorité, à conditionner psychologiquement les pères et les mères,
- les « mères surtout » précisait-il. Rabaut Saint-Etienne n’en dira
guère moins. Faisant distinction de « l’instruction publique »,
destinée au modelage de l’esprit, et de « l’éducation national »,
dont l’objet propre, plus profond, est de « former le cœur », il ne
craint pas de conférer à cette dernière un monopole originel exorbitant :
« Toute sa doctrine consiste donc à s’emparer de l’homme dès le berceau, et même avant sa naissance ; car
l’enfant qui n’est pas né, appartient déjà à la patrie 
».

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