Nucléaire: les risques ne justifient pas une interdiction a priori

Jean-François Dupont
Ingénieur-physicien EPFL

Dans l’article précédent (10.04.2013), j’ai essayé de montrer que l’interdiction a priori n’était pas le bon moyen d’obtenir ce qu’une grande majorité d’entre nous souhaite vraiment, à savoir la sécurité. L’idée était aussi d’aider le profane, pour qui il est presque impossible de s’en sortir avec tous les avis contradictoires dont il est bombardé, à trier les informations pertinentes. Les propositions politiques demandant la sécurité, voire plus de sécurité, doivent être écoutées avec attention. Par contre les propositions radicales d’interdiction à tout prix sont aussi peu rationnelles que les bûchers du moyen-âge pour régler le sort de certains citoyens et de certains livres. D’accord direz-vous, mais quand même: les accidents de réacteurs et les déchets ne présentent-ils pas des risques d’une telle ampleur qu’une interdiction se justifie ? Il vaut la peine de regarder lucidement la nature de ces risques et de les mettre en perspective : ils ne sont pas d’un ordre de grandeur fondamentalement supérieur à d’autres risques de la civilisation, au contraire. La société prendrait de plus grands risques à se priver du nucléaire qu’à l’utiliser de manière intelligente.

 

Préambule: le nucléaire présente-t-il au moins des avantages utiles ?

C’est la première question à se poser, parce qu’aucun risque ne mérite d’être pris s’il est inutile. L’intérêt du nucléaire réside dans le fait qu’il permet de faire beaucoup d’énergie avec très peu de matière et très peu d’impact sur l’environnement. La fission d’1 g d’Uranium dégage autant d’énergie que la combustion d’env. 1.5 t de pétrole. De plus les débris de la fission (on dit dans le jargon les produits de fission) sont certes des déchets de haute activité, mais ils sont concentrés et confinés. Sauf accident, ils ne rentrent pas en contact avec la biosphère. La fission se déroule derrière plusieurs barrières étanches. Par contre la combustion de 1.5 t ne se déroule pas à l’abri de l’atmosphère, elle a besoin de consommer 3t d’oxygène de l’air et le produit de la combustion, env. 4.5 t de CO2, est intégralement rejeter dans l’atmosphère. Et s’ajoutent des gaz polluants et toxiques, produits indirects de la combustion : CO, NOx, benzopyrènes, etc … La fission applique le principe C+C (concentrer + confiner) alors que la combustion ne peut faire que du D+D (diluer + disperser) même s’il y a espoir de séquestrer un jour le CO2.

Cette caractéristique de la fission nucléaire se traduit par des avantages de coûts, de disponibilité (ressources importantes et facilité de stockage) et – paradoxe - de faible impact sur l’environnement. Or on sait que le grand dilemme de l’énergie aujourd’hui est que nous sommes confrontés à deux exigences contradictoires :

1) il faut plus d’énergie pour maintenir ou développer le niveau de vie de tous et

2) il faut diminuer la consommation de l’énergie pour en réduire les impacts sur l’environnement.

On sait aussi que les impacts sur l’environnement sont principalement le fait des agents fossiles gaz, mazout et charbon. Nous ne disposons que de trois voies pour réduire leurs nuisances : 1) l’efficacité énergétique d’un côté et leur remplacement par des énergies propres, soit 2) les énergies renouvelables et 3) le nucléaire. Réduire notre dépendance à l’égard des agents fossiles est très difficile et prendra du temps. Ce sera probablement impossible encore longtemps avec l’efficacité et les renouvelables seuls, sans la contribution du nucléaire. L’Allemagne fait figure de (mauvais) exemple : sa dépendance vis-à-vis du charbon et du gaz augmente.

C’est le citoyen consommateur qui est directement concerné. C’est lui qui souffrira en cas de pénurie ou de forte hausse des prix ou encore d’atteintes graves à l’environnement et au paysage. Ce ne sont pas les producteurs d’électricité qui seront touchés.

 

La nature du risque nucléaire

Le risque nucléaire est lié aux matières radioactives que génère le processus de fission. Le risque est que ces matières s’échappent des enceintes étanches dans lesquelles ils doivent rester confinés et contaminent la biosphère. Enfermés ils restent inoffensifs. Par quels mécanismes pourraient-ils s’échapper ? C’est le but des analyses de risque de les identifier et de prévoir les parades et les contre-mesures. Le risque est à maîtriser à deux étapes distinctes du processus : au niveau du réacteur et au niveau des déchets extraits des réacteurs et du combustible.

Au niveau du réacteur il y a deux mécanismes de base qui peuvent menacer le bon confinement des substances radioactives : 1) l’accident de réactivité et 2) la défaillance du refroidissement.

Le 1er mécanisme est celui qui a provoqué la catastrophe de Tchernobyl : le réacteur pouvait devenir instable dans un certain régime où il a été conduit au cours d’une expérience mal conçue et mal gérée. L’instabilité de la réaction en chaîne a fait monter brusquement la puissance. Le dégagement d’énergie n’était pas celui d’une bombe à proprement dite (il faudrait du combustible de qualité militaire pour cela), c’était plutôt un pétard mouillé. Il n’y a pas eu les effets destructeurs massifs de la bombe nucléaire avec le flash de radiation, l’onde de choc et l’onde de chaleur. Mais la secousse a suffi pour détruire l’intégrité mécanique des barrières de métal et de béton. Le cœur du réacteur s’est trouvé à nu sous le ciel, le graphite que contenait ce type de réacteur s’est mis à brûler libérant haut dans l’atmosphère (colonne thermique ascendante) une bonne partie des produits radioactifs qui ont pu parcourir des milliers de km. Ce mécanisme de libération de la radioactivité par l’instabilité de la réaction en chaîne était propre aux réacteurs russes du type RBMK utilisés à Tchernobyl. Ce type d’évènement est simplement impossible avec les réacteurs occidentaux.

Le 2e mécanisme, la défaillance du refroidissement, est lié à la chaleur par dégagée les produits radioactifs formés et accumulés dans le combustible au cours du processus de fission. Cette chaleur représente environ 7 % de la puissance thermique du réacteur, elle ne s’arrête pas avec l’insertion des barres de contrôle qui éteignent la réaction en chaîne. Si cette chaleur n’est pas évacuée, le réacteur va surchauffer et détériorer les barrières de rétention de la radioactivité qui va pouvoir s’échapper et contaminer les environs. La destruction des barrières n’est pas totale : à la centrale de Three Miles Island (Harrisburg, USA 1978) une partie du cœur a fondu mais la contamination externe a été très limitée (et due à une erreur de manipulation de l’eau d’un puisard). Par contre à Fukushima la perte totale des diesels de secours et des pompes de refroidissement par le tsunami a conduit à des dégâts des circuits et à une contamination importante de la région.

Au niveau des déchets, on a aussi un principe de barrières multiples pour empêcher la libération des matières radioactives, avec des emballages étanches en couches successives : matrice de verre, acier, béton. De plus ces barrières sont inertes et il n’y a pas les processus du réacteur (réaction en chaîne ou chaleur résiduelle du combustible) pour déclencher une libération rapide, voire brutale. Par analogie : la sécurité d’un réacteur peut se comparer à celle d’un avion en vol dont il s’agit d’éviter un crash brutal. La sécurité des déchets est celle d’un avion déjà posé, donc plus simple. Par contre les déchets seront toxiques longtemps et le mécanisme à craindre serait soit une dégradation de l’intégrité des colis par négligence dans le cas d’un dépôt de surface (mal) surveillé ou un lent retour des matières radioactives par corrosion et transport par des eaux souterraines, même à des vitesses du cm par an.

Donc la nature du risque est essentiellement celle d’une contamination rapide (accident de réacteur) ou lente (déchets mal gérés). En comparaison le risque de libération brutale de l’énergie contenue dans une installation (énergie hydraulique, chimique ou nucléaire) a un potentiel beaucoup plus destructeur.

 

Les risques d’accidents de réacteurs ne sont pas une bonne raison d’interdire a priori le nucléaire.

L’argumentation en faveur de l’interdiction est essentiellement basée sur l’affirmation que les accidents « graves » ou « majeurs » sont peu probables, mais que les conséquences seraient pratiquement sans limites. Le terme qui revient souvent dans le vocabulaire des détracteurs est que ces conséquences ne peuvent être « appréhendées » : « unüberschaubar » disent les germanophones.

C’est une perception - entretenue - qui ne correspond pas à la réalité : d’une part même l’accident de Tchernobyl, le plus grave en terme de quantité de radioactivité libérée n’a pas conduit à un nombre de victimes qui soit d’un autre ordre de grandeur en comparaison avec d’autres catastrophes techniques ou naturelles. Cela est dû au fait qu’en cas de contamination, même importante, il faut rester des jours, voire des semaines dans une zone contaminée avant d’accumuler une dose significative. On a largement le temps d’évacuer des gens en bonne santé avec une dose faible d’irradiation individuelle. Dans le cas d’une rupture de barrage, le temps de sauver les populations est de quelques minutes : on évacue des morts dont les habitations sont détruites. D’après les études très sérieuses menées sur les conséquences sanitaires on observe que les victimes se trouvent principalement chez les liquidateurs et chez les jeunes gens ayant absorbé du iode radioactif (cancers de la thyroïdes). Avec une meilleure gestion de la radioprotection des travailleurs et une bonne prévention auprès de la population (rester dans des locaux fermés les premières heures avant l’évacuation et absorber des pastilles d’iode non radioactif pour saturer la thyroïde), la plupart de ces victimes auraient pu être évitées. Mais surtout, avec un réacteur dont la réaction en chaîne ne peut pas devenir instable et doté d’un solide confinement extérieur en béton et en acier, ce niveau de contamination n’aurait pas été possible.

Le cas de Fukushima est d’un côté plus grave parce que c’est un réacteur « occidental » et qu’il est allé trop loin. Il n’y a pas l’excuse de la gestion communiste des affaires. D’un autre côté il est moins grave parce que l’inventaire libéré de radioactivité est de 1 à deux ordres de grandeur inférieur. Les études les plus sérieuses montrent qu’il n’y a pas, et selon toute probabilité qu’il n’y aura même à terme pas de victimes des radiations, ni dans la population, ni dans le personnel de la centrale. Mais surtout, les réacteurs de Fukushima auraient dû, outre être construits 20 m plus haut, être équipés 1) de diesel de secours et de systèmes de refroidissement bunkérisés (protégés d’un tsunami possible), 2) de filtres pour retenir la radioactivité lors des relâchement de vapeurs effectués pour éviter des dégâts de surpression, 3) des recombineurs d’hydrogène à catalyse pour éviter les explosions d’hydrogène et 4) d’un véritable confinement extérieur de béton et d’acier au lieu d’un toit en bardage de tôles qui ont volé en éclat avec les explosions d’hydrogène. Ces équipements ont été ajoutés dans les années 80 à la plupart des réacteurs occidentaux, suite aux enseignements tirés de l’accident de Three Miles Island. On savait qu’une dégradation du refroidissement d’un réacteur après arrêt est le risque principal. Les mesures de sécurité sont basées sur le principe de systèmes multiples et redondant qui « pardonnent » les défaillances. Par exemple l’alimentation électrique doit disposer non seulement de diesels de secours, mais aussi de batteries, chaque élément étant en surnombre. L’exploitant de Fukushima et l’autorité de sécurité japonaise savaient qu’ils auraient dû consentir à ces rééquipements, mais ils les ont refusés. Ces dispositifs auraient considérablement réduit, voire évité la contamination.

On peut donc admettre que, si le pire se passe dans une centrale nucléaire bien sécurisée, la contamination radioactive extérieure, serait bien inférieure à celle de Fukushima, en niveau de radiation et en surface de contamination. Pas de victimes, une zone à évacuer limitée à quelques kilomètres et décontaminable. Donc non seulement une très faible probabilité, mais aussi une ampleur potentielle des dégâts limitée. Il n’y a pas de quoi interdire a priori cette technologie.

Le lecteur intéressé à regarder de plus près ces questions de sécurité ainsi que d’autres grandes critiques faites à l’égard du nucléaire peut consulter la note en annexe 1

 

La gestion des déchets radioactifs n’est pas non plus une bonne raison de refuser a priori le nucléaire

Deux éléments expliquent probablement la crainte très vive liée aux déchets radioactifs :

1) on entend dire régulièrement dans les médias qu’il n’y a « pas de solution » pour les déchets nucléaires

2) la gestion de déchets toxiques pour plusieurs milliers d’années paraît extrêmement hasardeuse, et surtout « sans équivalent » dans l’histoire de l’humanité.

Ces deux éléments font faux : ils sont la conséquence d’une certaine diabolisation de cette énergie, mais ne résistent pas à l’analyse.manque d’information sérieuse.

La solution existe et consiste à garantir une « séparation stricte de la biosphère ». Cette séparation s’effectue en trois étapes techniques simples, mais qui demandent une discipline méticuleuse et constante :

1) séquestrer tous les déchets générés à centrale et en amont comme en aval de la filière.

2) les emballer de manière étanche et supprimer (stabiliser) ce qui qui serait soluble ou volatile

3) s’assurer que les colis ni ne fuient, ni ne s’enfuient.

La 3e étape peut être assurée en principe par deux variantes : variante 1 la surveillance active par l’homme et variante 2 le dépôt en couches géologiques adéquates profondes. Le législateur a choisi la variante 2. La sécurité d’un dépôt géologique profond n’est pas basée sur l’idée que ce serait sûr parce que « tellement profond ». Non, on admet, par principe dans la sécurité nucléaire, que tout ce qui peut se passer de désagréable, se produit. On admet donc que tout va remonter dans la biosphère. Ce qu’on exige et vérifie, c’est que le retour soit plus lent que la décroissance de la radioactivité. La démonstration a pu être faite pour des géologies adéquates en Suisse.

On peut critiquer cette solution, mais la critiquer aurait déjà le grand mérite de reconnaître son existence. C’est incroyable qu’un ministre de l’énergie en charge 15 ans de ce dossier, Monsieur le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger, ait pu régulièrement déclarer « le nucléaire ne va pas parce qu’il n’y a pas de solution pour les déchets ». En fait il jouait sur les mots. La solution existe, mais à l’état de projet. Toute réalisation a été refusée politiquement. Le problème est politique et pas technique. Mais ce qui est peut-être encore plus incroyable, ou du moins frustrant, c’est que ni la branche électrique, ni le monde académique, n’aie jamais eu l'honnêteté de démentir ces propos de Moritz Leuenberger.

Quant au reproche selon lequel la problématique serait sans précédent, il ne tient pas non plus. Ceux qui le prétendent oublient les déchets spéciaux. Ce sont les déchets des déchets, ce qui ne peut pas être incinéré, ou recyclé ou dilué, mais doit, comme les déchets radioactifs, être isolé de la biosphère.

La question des déchets spéciaux est même beaucoup plus difficile que celle des déchets radioactifs : Ils sont 100 fois plus abondants en volume et leur toxicité n’est pas longue, mais illimitée. Une première conséquence est que la solution du dépôt géologique profond ne s’applique pas : le temps de remontée dans la biosphère ne fait pas baisser la toxicité. Il n’y a que la surveillance active par l’homme qui s’applique.

Les déchets spéciaux existent depuis beaucoup plus longtemps que les déchets radioactifs, avec une conséquence : dans leur cas on n’a pas tout de suite été très discipliné dans leur isolement de la biosphère. Résultat : la Confédération recense 40'000 sites contaminés en Suisse, dont 4'000 voient leur contamination s’échapper hors du site par les eaux souterraines ( http://www.bafu.admin.ch/altlasten/index.html?lang=fr ). Appliquée aux déchets spéciaux, la gestion des déchets nucléaire aurait évité ces sites contaminés.

L’information est très difficile à faire passer sur ce sujet, bien que les évidences scientifiques soient là. Une anecdote récente en relation avec la RTS, qui diffuse le 14 mars 2013 une émission de CQFD intitulée la gestion des déchets, assez bonne dans l’ensemble en interviewant des spécialistes sérieux de la NAGRA. Mais la question "politique et sociale" essentielle est posée en fin d'émission à Marcos Buser, cet expert dissident qui avait démissionné avec fracas d'une commission de sécurité (voir article dans Les Observateurs). La question: "Est-ce la première fois dans l'histoire que l'humanité doit affronter un tel problème, la gestion de déchets toxiques à long terme". M. Buser répond fermement que oui, il n’y a pas d’exemple équivalent et n’évoque pas les déchets spéciaux. Comment expliquer aussi qu’un journaliste dans un grand servie public n’aie pas les moyens, ou la volonté, de vérifier certaines affirmations qui ne correspondent pas à la réalité ? J’y vois même un peu de perversité. Pourquoi ne poser cette question qu’à M. Buser, connu pour son hostilité au nucléaire ? Pourquoi ne pas la poser à la Nagra, dont le directeur actuel a exercé dans le passé des responsabilités dans la gestion des déchets spéciaux ? il y a vraiment de quoi penser que le soutien à certaines opinions et la complaisance à l’égard de certains mouvements activistes l’emporte sur l’exigence de fournir des faits vérifiés aux auditeurs. J'ai envoyé un mail à l'émission avec la vraie réponse et des informations utiles sur les déchets spéciaux et les sites contaminés. Je suggère un correctif. Réponse du responsable de la RTS: à son avis la question est d'une "importance toute relative" et ne mérite pas de correctif. Moralité : il est déjà difficile de combattre l’ignorance, mais que faire contre la mauvaise foi ? Cerise sur le gâteau TSR : depuis sa diffusion, ce documentaire fait partie du dossier permanent « Découvertes / Energie nucléaire » qui peut être consulté en permanence sur le site rts.ch.

Le lecteur intéressé à regarder de plus près ces questions liées à la gestion des déchets nucléaire peut consulter la note en annexe 2.

 

L’information du citoyen est décisive

En résumé, parce qu’un réacteur, pour des raisons physiques, ne peut pas exploser comme une bombe nucléaire, un accident de réacteur ne peut pas avoir les effets destructeurs de catastrophes techniques ou naturelles qui mettent en jeu une libération brutale d’énergie, comme dans le cas de ruptures de barrages, d’explosions chimiques ou d’éruption de volcans.

Un grave accident nucléaire se limite au fond à un accident de contamination, en quelque sorte à un Seveso ou un Bhopal nucléaire. Un élément rassurant est que même dans les deux cas extrêmes de l’histoire du nucléaire, il est très difficile de faire des victimes en grand nombre avec une contamination radioactive. Tchernobyl a fait moins de victimes que Bhopal. Et personne n’a demandé la sortie de la chimie en Suisse suite à Bhopal. Mais surtout, le relâchement maximal de radioactivité de Tchernobyl peut être exclu avec un réacteur dont la réaction en chaîne est auto-stable, ce qui est le cas des réacteurs occidentaux. Fukushima n’a à ce jour pas fait de victime, et selon tout vraisemblance n’en fera pas non plus à terme par la radioactivité. Ce qui est aussi rassurant : la plupart des réacteurs occidentaux sont mieux sécurisés que ceux de Fukushima et que même des graves accidents ne pourraient pas conduire à des niveaux de contamination aussi élevés et étendus.

Le tsunami a fait 20'000 morts au Japon dans la région de Sendai et complètement détruit des villes et villages. Le charbon et l’hydraulique fait entre 10'000 et 20’000 victimes par an dans le monde, plus particulièrement en Chine. Pour comparer avec les cas de contaminations, à faible dose mais sur de grandes populations: celle de l’air par les polluants de la combustion du gaz, du mazout et du charbon est une contamination chronique due au processus normal de la combustion contamination. Elle n’est pas accidentelle. Les conséquences sont selon l’OMS :

  1. 250'000 décès prématurés par an dans l’UE
  2. 1.6 millions de décès prématurés par an dans le 1/3 monde par les fumées des « foyers ouverts » (cuisson et chauffage au bois)

Mais c’est le nucléaire que certains pays et certains mouvements politiques veulent interdire a priori.

Est-ce cohérent ? N’est-on pas dans une histoire de paille et de poutre ?

Le citoyen n’a pas la tâche facile. Il devra décider du destin du nucléaire par votation populaire. Mais on lui fournit peu d’information qui corresponde à la réalité scientifique.

Quelques conseils : soyez très critiques par rapport aux informations que vous recevez. Posez-vous sérieusement la question : comment souhaitez que votre sécurité soit assurée. Donnez la préférence à ceux qui

  • Vous proposent la sécurité, ou son amélioration, plutôt que la disparition du nucléaire
  • Vous informent et vous expliquent ce que sont les réalités
  • Ne vous imposent pas leur opinion sur ce qui est bon ou mauvais.
  • Vous proposent d’additionner les bonnes solutions énergétiques (efficacité, renouvelables, nucléaires) plutôt que de les jouer les unes contre les autres

Le choix n'est pas entre un refus de principe ou une acceptation irréfléchie de l'énergie nucléaire. Le nucléaire ne doit être ni diabolisé, ni sacralisé. La voie médiane existe. C'est celle d'une utilisation prudente, qui tire parti de ses avantages, écologiques notamment, sans concession à la sécurité. Le vrai choix est entre la fuite devant les risques ou la recherche de leur maîtrise. C'est un choix de civilisation dont l'énergie nucléaire n'est qu'un des chapitres.

Jean-François Dupont

 

Pour ceux que cela intéresse, en annexe deux notes de synthèse essaient de donner une information équilibrée, vulgarisée et respectueuse des réalités scientifiques.

 

Annexe 1 : « Energie nucléaire: des réponses brèves aux grandes objections » (PDF)

Annexe 2 : « Les déchets radioactifs : une raison pour s’opposer au nucléaire ? » (PDF)

 

 

 

 

 

 

 

 

14 commentaires

  1. Posté par Jean-François Dupont le

    @ Jean-Christophe de Mestral
    Ce n’est pas si simple. Un assemblage sous-critique peut devenir sur-critique par une déformation accidentelle, ce n’est donc pas un argument absolu de sécurité en faveur de ce concept. Les actinides mineurs peuvent être transmutés par des neutrons et cassés en noyaux plus petits à durée de vie plus courte: ils ne sont pas un inconvénient incontournable du cycle de l’Uranium. Je propose de ne pas poursuivre cette discussion très scientifique, ce serait abuser de l’hospitalité des Obervateurs.ch. Je vous recommande de prendre contact en Suisse avec Bruno Pellaud et Jean-Marc Cavedon, ou en France avec Dominique Grenêche. Ils ont travaillé des dizaines d’années sur le Thorium (Adresses chez Oscar Barbalat),

  2. Posté par PowerPlant le

    @Jean-Christophe de Mestral :
    Il me semble que j’ai confondu vos commentaires avec ceux de l’auteur de cet article, je m’en excuse, même si cela ne change pas au fond, mon développement…

  3. Posté par PowerPlant le

    @Jean-Christophe de Mestral :
    Il est possible que vos commentaires soient la preuve que la filière Thorium n’est qu’un camouflet pour les surgénérateurs atomiques ?
    Vous confondez sciemment sel fondu et sodium liquide, pour mieux manipuler, car le sodium liquide est issu des sels !
    Un surgénérateur alimenté nécessairement et exclusivement par du plutonium, est refroidi au sodium liquide.
    Pour manipuler, on nomme désormais cette technologie, « centrales de 4ème génération », ou encore « sodium-cooled fast reactor » et les « EPR » avec 7 à 8% de plutonium dans leur combustible, sont un prémisse, une esquisse de ces surgénérateurs ASTRID.
    Le sodium liquide et non de simples sels fondus qu’on peut retrouver dans les tanks caloporteurs des centrales solaires thermiques par exemple, ce sodium liquide, celui des surgénérateurs, celui du programme SuperPhénix hier et ASTRID aujourd’hui, ce sodium liquide explose au contact de l’eau et brûle au contact de l’air !
    Lithium + eau = explosion (ITER et ses 2 millions de morts à venir).
    Uranium + eau = 10 000 fois les rejets de Hiroshima en Césium 137 (Fukushima en ce moment)
    Plutonium + sodium liquide = extinction de l’espèce humaine après l’an 2020.
    Vous focalisez donc sur des détails sémantiques, selon une méthode irrationnelle de développement de technologies qui vont rayer le continent européen de la carte ou l’humanité entière.
    Lorsqu’on évoque 10 000 fois les rejets de Césium 137 de Hiroshima sur la piscine du réacteur 4 de Fukushima, soit un risque certainement identique sur les piscines des réacteurs suisses que je ne connais par ailleurs pas et qu’on développe la nécessité de surgénérateurs qu’on prétend plus fiable, je m’en excuse, mais, soit, l’Homme est un singe qui va engendrer rapidement son extinction selon un processus darwinien ou d’hypertélie qui ne doit pas échapper aux extra-terrestres qui observent sans cesse nos installations nucléaires (les rapports du NSA notamment ou les observations ovnis innombrables chaque années sur la base de sous-marins atomiques français en Bretagne française etc.), soit, un passage sous camisole en hôpital psychiatrique s’impose !
    Dans tous les cas nous vous invitons à vous reconvertir dans le démantèlement des centrales, qu’on ne maitrise par ailleurs pas ou à changer de carrière, car le nucléaire uranium ou plutonium, nous y mettons un terme.
    Nous firent stopper SuperPhénix… nous ferons stopper toute cette filière.
    Et enfin, l’Etat n’a pas à produire de l’électricité.
    Les fonctionnaires n’ont pas à produire de l’électricité.
    C’est au secteur privé exclusivement de produire de l’électricité.
    Plus nous payons l’impôt pour le nucléaire (le contribuable français paie l’impôt pour La Hague, qui récupère les déchets suisses), moins le secteur privé est apte à développer des alternatives.

  4. Posté par Jean-Christophe de Mestral le

    @PowerPlant:
    Pour information, les sels fondus ne sont pas du sodium liquide. Les sels sont composés d’un mélange dit « Flibe », autrement dit Fluorures de Lithium et de Beryllium, et sont utilisés dans l’industrie depuis une bonne cinquantaine d’années, qui en a une expérience importante. Ils ne s’enflamment pas au contact de l’air ou de l’eau, ils sont chimiquement très stables, immunes aux radiations, à la chaleur et au bombardement neutronique, raisons pour lesquelles l’utilisation de ces sels est infiniment plus souhaitable que le sodium liquide.

  5. Posté par Jean-Christophe de Mestral le

    @Jean-François Dupont: Merci de vos remarques complémentaires. Il faut cependant en reprendre quelques unes: les avantages du thorium ne peuvent pas être obtenus avec l’uranium. Il suffit de mentionner l’absence de production d’actinides mineurs, qui profilent très différemment la durée de vie des déchets nucléaires. Les actinides mineurs (curium, américium,…) sont les éléments problématiques (qui obligent à stocker > 100’000 ans) issus de l’usage de l’uranium, que l’on ne retrouve pratiquement pas lors de l’usage du thorium/U233. Par ailleurs, et ce n’est pas une question de conviction mais une question de physique, un assemblage sous-critique (criticité de 0.95 par exemple) exclut de manière effective un accident de criticité. Ceci sans mentionner la capacité de transmutation des déchets nucléaires actuels. On est bien dans un changement de paradigme, et l’uranium n’est pas comparable au thorium associé, en effet, aux sels fondus ou à un accélérateur de particules. A votre disposition pour développer !

  6. Posté par PowerPlant le

    @Jean-François Dupont :
    Une centrale à sel fondu plus sécurisée ?
    Le sel fondu, c’est du sodium liquide, cher Monsieur.
    Le sodium liquide brule au contact de l’air et explose au contact de l’eau !
    Le jour où vous aurez un accident sur ce type de centrale surgénérateur (programme ASTRID ratifié par Hollande mis en service pour 2016), vous pouvez rayer le continent européen de la carte. Chernobyl (985 000 morts bilan provisoire selon université de NYC) serait une vaste plaisanterie à côté d’un accident sur surgénérateur à sel fondu, car contrairement à Chernobyl (sans « T »), il serait impossible de constituer un circuit fermé de sodium liquide sur des débris et le corium !
    A Fukushima (600 millions à 2 milliards de morts actuellement en risque) on refroidit en prenant l’eau de mer… vous irez puiser où, un circuit fermé de sodium liquide, pour étouffer le diable d’un surgénérateur en cas d’accident ?
    Hollande vient de ratifier la production de 300 000 tonnes de plutonium, avec les déchets livrés en partie par la suisse.
    4 micro-grammes de plutonium sont mortel pour l’Homme.
    Il y a donc assez de plutonium pour engendrer l’extinction de la vie sur plus de 30 000 planètes terres !
    La vie n’existait pas sur terre lorsqu’il y avait 300 000 tonnes de plutonium sur terre.
    Les centrales à uranium et eau (eau bouillante comme à Fukushima ou encore plus dangereux, à eau pressurisée comme en France), présentent un risque d’extinction globale pour l’espèce humaine, mais les centrales au plutonium et aux sels fondus (sodium liquide), présentent une certitude d’extinction globale de l’espèce humaine à brève échéance (11 chances sur 12 à partir de 2020).
    Le combustible est effroyablement plus toxique (plutonium au lieu de l’uranium) et le fluide de refroidissement est incroyablement plus indomptable (sodium liquide au lieu de l’eau bouillante ou pressurisée).
    Enfin, le plutonium est la matière première pour faire les bombes atomiques !
    Déployer cette technologie, si on y survivait, se serait donc la certitude qu’elle finirait par tomber aux mains de l’ennemi qui déploierait des bombes atomiques contre nous.
    300 000 tonnes de plutonium représente un volume colossale impossible à protéger d’un vol.
    L’Homme n’est pas au sommet de l’évolution, car moins que les animaux il parvient à pallier sa survie et comme d’autres espèces extra-terrestres ailleurs, il précipite sa rapide extinction.
    Propagande et médiocrité sont les arguments de votre discours mortifère.
    Une camisole dans un asile psychiatrique et je m’excuse de cette image, est tout ce qu’il convient d’offrir aux obscurantistes de votre espèce.
    Du reste nous ne négocions plus, le 24 mars nous n’avons pas pris le Palais de l’Elysée, non pas parce que nous ne le pouvions pas, mais parce que nous le voulions pas.
    Lutte contre le mariage homosexuel et lutte contre le nucléaire, constituent le même combat pour la vie.

  7. Posté par Jean-François Dupont le

    @ Jean-Christophe de Mestral
    Sur le fond je pense que Uranium et Thorium sont tous les deux des bons combustibles pour la fission nucléaire avec des avantages et inconvénients respectifs. On peut même préciser que les avantages du Thorium peuvent être obtenu avec l’Uranium et que les inconvénients de l’Uranium valent aussi pour le Thorium.
    Sur la question de la sécurité, je ne partage pas la conviction de certains partisans du Thorium selon laquelle le concept d’assemblage sous-critique puisse être « intrinsèquement » sûr. Ce concept n’exclut pas, malheureusement, un accident de criticité. Avec les réacteurs à eau légère actuels, le problème de sécurité n’est d’ailleurs pas le risque de sur-criticité et d’instabilité de la réaction en chaîne (comme à Tchernobyl), mais celui de la chaleur résiduelle des produits de fission accumulés qu’il faut absolument évacuer, risque qui est pratiquement le même avec Th ou U. La vraie sécurité intrinsèque, ce graal du nucléaire, passera soit par les systèmes dits à sel fondu (qui permet l’élimination des PF en continu) soit par des coeurs de réacteurs haute température modulaires qui peuvent être refroidi à pression ambiante par convection naturelle.
    Le seul intérêt politique et technologique qu’il pourrait y avoir à développer rapidement un
    cycle Thorium, serait que le monde entier décide un programme nucléaire généralisé
    pour l’électricité (voire aussi la chaleur et une partie de la mobilité), un peu comme le
    programme nucléaire de la France (plan Messmer 1973). On en est loin. Dans ce cas les
    besoins en combustible seraient tels qu’ajouter rapidement le Th à l’U aurait du
    sens. Au vu des perspectives actuelles de développement des besoins en combustible nucléaire, l’Uranium suffira encore pour longtemps.
    Reste l’argument psycho-politique, selon lequel les antinucléaires pourraient
    potentiellement dire non à l’U, désigné comme « mauvais » nucléaire mais oui au Th qui serait le « bon » nucléaire. Je crois que cet espoir est à ranger entre l’utopie et l’angélisme: l’opposition des militants antinucléaires est dogmatique, irrationnelle et absolue. Plus contraignant encore elle est identitaire chez beaucoup de mouvement écologistes. Un nucléaire (plus) sûr ne les intéresse pas, il ne l’ont jamais demandé. Pour eux il faut que le nucléaire soit mauvais, et il trouveront tous les arguments à cela, même avec le Th. Rem.: quand je dis les antinucléaires, je pense aux militants actifs de certains partis politiques et d’ONG, je ne parle pas de l’homme de la rue qui a simplement peur. D’ailleurs regardez les réactions de Powerplant, il n’est pas encore converti au « bon » nucléaire.

  8. Posté par PowerPlant le

    @Jean-Christophe :
    Le thorium est possiblement une chimère (sur ce point je connais moins), pour poursuivre la collectivisation de l’énergie et faire perdurer la filière nucléaire.
    En somme, c’est possiblement une manipulation de plus.
    Par contre, la vraie technologie qui pourrait nous apporter des surprises, c’est la Z-machine.
    Les russes et les USA ont 50 ans d’avance sur le reste du monde dans ce domaine.
    Une fusion impulsionnelle a-neutronique non radioactive est possible, puisque nous atteignons maintenant avec la Z-machine les températures qui permettent de réaliser cela.
    Pour le moment les USA et la Russie utilisent cette technologie pour développer des sortes de bombes atomiques sans hiver nucléaire.
    Si l’armée est un progrès pour la science en temps de guerre, on constate donc que l’armée est un frein pour la science, en temps de paix, puisque l’armée détourne la physique qui pourrait servir dans le civil, pour faire des armes de destruction totale.
    Mais tout cela, les suisses et les européens ne savent même pas que cela existe.
    Les suisses et les européens ont 50 ans réels de retard en Z-machine sur les recherches des USA et de la Russie.
    La France possède une petite Z-machine (pas assez puissante), mais ils n’en font rien, car les français sont encore plus des guignols que les suisses…
    La Suisse pourrait donc être précurseur et devenir leader mondial de la recherche civile sur Z-machine, pas pour produire des bombes, mais de l’énergie.
    De surcroit, le cout de ces travaux et équipements sur Z-machine est très faible au regard du cout de recherche sur le thorium ou d’autres possibilités…
    La Z-machine est la seule vraie possibilité démontrée à l’heure actuelle, pour l’énergie de demain.
    En attendant, il convient d’accroitre dans l’économie des savoirs les qualifications de la population, tout en diminuant le nombre de cette population, pour garantir l’autonomie énergétique.
    Une Europe à 450 millions d’habitants et bientôt 200 millions d’immigrés supplémentaires d’ici 2050 est une poudrière, car, si les recherches n’aboutissent pas, nous manquerons tous d’énergie et comme aucune recherche civile sur la Z-machine n’existe encore sur terre, nous ne sommes pas près d’aboutir.
    Au contraire, il faudrait viser une Europe à 300 millions d’habitants au maximum d’ici 2050, mais des habitants ultra-qualifiés et entreprenants, qui auraient alors l’autonomie énergétique avec les barrages, les solaires thermique (qu’on peut faire en couvrant toute l’Espagne de panneaux solaires) etc. et peut-être demain la Z-machine si l’EPFL avait l’intelligence d’espionner ce que font les russes et les USA… pour en faire cette fois, une solution de production d’énergie et pas une solution de bombe atomique sans hiver nucléaire.
    Le génie est sortie de se bouteille, lorsqu’on découvre que la terre est ronde, plus personne ne croit qu’elle est plate.
    Z-machine est ébruitée… maintenant.
    Je préfèrerais que la Suisse en devienne leader mondial, plutôt que le Qatar… ou la Chine…
    Et en attendant, il faut donc fermer immédiatement, toutes les centrales nucléaires.

  9. Posté par Jean-Christophe de Mestral le

    N’oublions pas que la planète est concrètement en train de vivre un changement de paradigme en matière nucléaire: de nombreux pays, y compris occidentaux, ont réalisé le potentiel énergétique et surtout sécuritaire des centrales au thorium. L’Inde, le Japon et particulièrement la Chine ont des programmes de développement, pour certains avancés. Le gouvernement norvégien contribue aux recherches sur le thème au réacteur de Halden. A ajouter à cela une capacité pour un type de centrale au thorium (couplée à un accélérateur de particules, comme imaginé par Carlo Rubbia, ancien directeur général du CERN et prix Nobel de physique) d’incinérer les déchets nucléaires actuels de manière à en réduire et le volume et à en diviser la durée de vie par 1000. Aujourd’hui, on peut sereinement avancer que ce genre de centrale verra bien le jour, dans un horizon de moins de 20 ans, aucun obstacle technologique ne s’y opposant. Ce qui changera entièrement la perception du risque dans ce domaine. Le seul obstacle, en Suisse, est politique. http://www.ithec.org

  10. Posté par PowerPlant le

    De nombreux mensonges sont diffusés dans cet article de propagande.
    Tout d’abord, comme le démontre le rapport de la Diet Japonaise (parlement japonais), le tsunami, ainsi que le séisme, n’ont aucune responsabilité dans le génocide de Fukushima.
    Voici ce rapport, traduit en Français :
    http://www.jp-petit.org/NUCLEAIRE/ITER/ITER_fusion_non_controlee/FUKUSHIMA_rapport_2012.pdf
    Voici, l’interview, de 15 minutes, du Premier Ministre Japonais qui intervenait sur Fukushima à l’aune de ces événements :
    http://www.dailymotion.com/video/xy7jue_mon-experience-de-premier-ministre-durant-la-catastrophe-nucleaire-de-fukushima-naoto-kan-10-03-13_news?start=958
    Nous apprenons, que l’évacuation, totale et définitive de toute la moitié nord du Japon, y compris Tokyo, la plus grande métropole au monde, fut envisagée, mais qu’elle ne sera matériellement pas réalisée, car elle n’est matériellement pas réalisable.
    De plus, dès maintenant et nonobstant les risques futurs, 10 millions de japonais résident en zone contaminée.
    Voici l’interview du physicien Hiroaki Koide, pour l’institut du réacteur atomique de l’université de Kyoto :
    http://www.youtube.com/watch?v=VUbWz9ydm0I&NR=1&feature=endscreen
    Nous apprenons, que nous risquons, en ce moment même, sur la piscine du réacteur n°4 de Fukushima, une piscine semblable à toutes celles qui peuplent le monde aux abords de toutes les centrales atomiques de la planète, nous risquons 10 000 fois les rejets radioactif en Césium 137 de Hiroshima !
    Alors qu’une explosion d’hydrogène se produisit déjà dans cette piscine, il y a seulement quelques semaines, le système de refroidissement fut perdu pendant 18 heures de suite, à cause d’un rat coincé dans le système de réfrigération !
    Ces seuls rejets, firent entre 66 000 et 200 000 morts à Hiroshima, que nous multiplions de fait, par 10 000 !
    Soit 660 millions à 2 milliards de morts !
    Ces chiffres sont confirmés, par les travaux du physicien Andrei Sakharov, père fondateur de la bombe atomique russe, qui estimait à 4 millions, le nombre provisoire des morts, dus aux seules retombées radioactives de la Tsar Bomba, la plus grosse bombe atomique jamais tirée dans l’histoire de l’Homme, au Nord de l’actuelle Russie.
    L’académie des science de New-York-City en 2009 estime à 985 000 le nombre des morts induits par Chernobyl :
    http://www.nyas.org/publications/annals/Detail.aspx?cid=f3f3bd16-51ba-4d7b-a086-753f44b3bfc1
    Les mutations génétiques, sur la faune, la flore et les virus, dues à la radioactivité, sont imprévisibles et le risque induit par ces mutations, est inconnu.
    Des champignons, génétiquement modifiés par la radioactivité, colonisent déjà, des milieux qui ne sont les leurs :
    http://gen4.fr/2012/11/champignons-radioactifs-menace.html
    Il est possible, à terme, que la radioactivité présente de main d’Homme dans l’environnement, engendre des virus mutants, qui pourraient engendrer l’extinction de l’espèce humaine.
    Voici les propos du régulateurs atomique aux USA, cette année 2013 :
    http://www.energyintel.com/Pages/ArticleSummary/802941/Safety–Jaczko-Calls-for-Phaseout-in-US–Says-Plants-Aren-t-Safe
    http://www.nytimes.com/2013/04/09/us/ex-regulator-says-nuclear-reactors-in-united-states-are-flawed.html?_r=1&
    Il y affirme, qu’il est urgent, de fermer toutes les centrales nucléaires aux USA, sans aucune exception, cette technologie présentant un risque global, non soutenable.
    Pour conclure, c’est l’obscurantisme et plus encore, l’incapacité de l’Homme à pallier sa propre survie, par effet d’hypertélie, qui doivent être mis au bucher.
    Lorsqu’il est question, ce qui fut évité notamment, comme à Fukushima, sur les centrales nucléaires en France de la Hague, du Tricastin ou de Superphénix, lorsqu’il est question de 10 000 fois les rejets de Césium 137 de Hiroshima, lorsqu’il est question, de fait, d’un apocalypse mondial, aucun argument rationnel, ne peut soutenir la nécessité nucléaire, à tel point qu’aujourd’hui, les arguments de fond étant irréfutables, les arguments d’autorité à leur appuis, font flores.
    L’Homme est en hypertélie, comme d’autres espèce vivantes, c’est l’extinction d’une espèce par incapacité à gérer un de ses attribut.
    La technologie est l’attribut exclusif de l’Homme dans le règle animal, l’Homme échoue à gérer cet attribut en conscience, l’Homme n’a plus que 1 chance sur 12 de survie sur Terre à partir de 2020.
    Le président François Hollande, venant de ratifié et financer le programme nucléaire ASTRID, des surgénérateurs à neutron rapide, refroidis au sodium liquide (explose au contact de l’eau, brule au contact de l’air) et alimentés au plutonium à 100%, l’Europe sera un vaste cimetière, si cette technologie diabolique était mise en service à partir de 2016 tel que le prévoit la présidence de la République française, car plus dangereux encore que les centrales nucléaires conventionnelles à l’uranium et à l’eau, il y a les surgénérateurs au plutonium et au sodium !
    L’Homme ne se contente pas de danser avec le diable sur un volcan, il baise avec ce dernier et ses sbires nucléocrates, nucléopathes, fonctionnaires, militaires, ici et là, prétendument éclairés, nous aveuglent par leur noir et mortifère, médiocre, obscurantisme.
    Nous ne vous laisserons pas réaliser vous projets terribles.
    Les centrales nucléaires, nous devons les fermer, de gré ou politiquement de force, avant 2016, pour sauver la vie sur terre.
    A cette fin, nous initions en France depuis le 24 mars dernier, une contre-révolution, pour aboutir à l’instauration d’une Assemblée Constituante, après que nous aurons renversé la République et l’Union Européenne, pour aboutir à la fermeture immédiate de toutes les centrales nucléaires de France et d’Europe, pour aboutir à protéger l’enfant par l’abrogation des lois de PMA et GPA du mariage homosexuel, pour aboutir à la libéralisation des monnaies privées après l’abandon de l’euro et pour aboutir à l’instauration en France, d’une démocratie semi-directe pensée sur le modèle Suisse, après que nous quitterons l’Union Européenne, l’ONU, l’OTAN et l’IAEA.
    C’est, par la fermeture immédiate et définitive des centrales nucléaires, un nouvel age d’or libéral, que nous initions, car c’est au marché et à lui seul de développer des technologies de production d’énergie, sans risque global et non polluantes.

  11. Posté par Jean-François Dupont le

    @ Jan Marejko pour son commentaire du 9 avril 2013
    Votre commentaire m’a beaucoup touché : Il semble en effet que pour beaucoup de citoyens honnêtes, ceux qui s’agitent dans le débat énergétiques apparaissent tous comme des enragés extrêmes, pour ou contre. Le citoyen raisonnable attend en vain un discours qui ressemble à une 3e voie équilibrée et loin des extrêmes. Je souhaitais montrer que cette 3e voie existe, que la plupart des professionnels la pratiquent.

  12. Posté par Jean-François Dupont le

    @ Michel de Rougemont
    Merci pour ce commentaire et aussi pour celui de l’article du 10-04-2013.
    Entièrement d’accord. Il y a de quoi être très pessimiste. La situation est peut-être encore pire que dans votre description. Le camp des acteurs potentiels qui auraient les moyens d’expliquer de manière positive, mais qui se cachent ou se taisent, ou versent simplement dans l’idéologie, est vaste : on y trouve les administrations, les hautes écoles et les académies des sciences. Le sursaut du prof. Thierry Courvoisier n’a eu lieu que pour les OGM, pas pour le nucléaire. Et même pour les OGM il semble qu’il n’y ait pas de suite à sa lettre ouverte. Beaucoup de ces acteurs sont politisés, même dans le milieu scientifique.
    Seule une campagne intelligente d’information, coordonnée et concertée entre tous les acteurs politiques, scientifiques et économiques pourrait, et encore après un effort long et soutenu, pourrait aboutir à un revirement de l’opinion.
    Ce que vous prédisez est très probable : hausse des factures d’électricité et des émissions de CO2, avec la bénédiction des électriciens et des tous les bien-pensants écologistes.
    Je fais cependant l’effort apparemment inutile d’informer et de faire réfléchir pour quelques raisons très simples qui tiennent au citoyen :
    1) J’ai de la compréhension pour le citoyen qui va payer la facture et qui n’a pas les moyens, par l’information officielle, d’y voir clair
    2) Ce que je sais je le lui dois : j’ai été payé au PSI et dans l’économie électrique par ce même citoyen pour acquérir un savoir, qui lui appartient
    3) Pour avoir eu beaucoup de contacts lors de conférences, débats et visites de centrales avec le citoyen, je suis admiratif de son envie de savoir et de comprendre, malgré son désarroi face à l’insuffisance et au déséquilibre de l’information qu’il reçoit. J’ai eu aussi souvent l’immense plaisir de l’entendre dire « Si c’est comme ça, on accepte. Mais pourquoi vos milieux n’informent-ils pas ? »
    4) La Suède a mis 30 ans, depuis sa décision politique de sortir du nucléaire, pour annuler il y a 3 ans environ le décret de la décision.
    5) De nombreux citoyen me disent : vous n’êtes pas tout seul, nous n’osons pas le dire, mais nous pensons comme vous
    6) Plusieurs votations cantonales récentes, à Fribourg et à Berne, montrent que la population a une confiance limitée dans la politique énergétique irréaliste qu’on lui propose.
    Internet, divers blogs, les courriers de lecteurs, et bien sûr aussi Les Observateurs.ch, donnent l’occasion de dire ce que l’on sait. Je joue un peu au grain de sable dans la mécanique psycho-politique qui entoure l’électricité.
    Je vous remercie des informations très intéressantes que vous avez apportées dans votre précédent commentaire sur la réalité des OGM. Vous m’avez rassuré : j’étais inquiet de faire un rapprochement entre nucléaire et OGM.

  13. Posté par Michel de Rougemont le

    Bravo pour ces éclaircissements!
    Mais permettez-moi d’exprimer mon pessimisme.
    On ne donne pas à manger à un âne qui n’a pas faim. Quelle est la probabilité que:
    1. on accepte de vous entendre,
    2. on accède à vos arguments,
    3. on continue d’investir dans le nucléaire, en R&D et en production?
    Dans le climat politico-émotif actuel faire l’hypothèse de 10% pour chaque question est optimiste, et à ce taux là on a une chance sur mille de rester dans le nucléaire.
    C’est peut-être cela le calcul que font les politiques, même ceux qui n’ont pas de posture dogmatique. Dans la perspective d’une législature il y a plus à perdre qu’à gagner en s’exposant en faveur du nucléaire. Il est donc préférable de hurler avec les moutons.
    Et l’industrie électrique suisse, fromage auquel les cantons et communes ont croqué et croqueront encore à belles dents, se réfugie derrière des manœuvres d’enfumage systématique. Avez-vous aussi reçu de jolis prospectus de propagande joints à votre facture d’électricité?
    L’existence de ces pamphlets démontre que -les dés semblant être déjà jetés- on prépare le client captif à des augmentations de tarif sans précédent pour payer des investissements pour une capacité de production redondante (au gaz, il faut quand même produire en cas de nuit et d’absence de vent), du stockage intermédiaire (sans solution actuelle), et un réseau d’une impossible complexité.
    Le « lobby » électrique a de quoi se réjouir: il fera en sorte d’être dédommagé pour les centrales qui devront être prématurément arrêtées et pour les larmes de crocodile qu’il doit verser. Mais surtout il aura une quasi carte blanche pour procéder à des investissements pour lesquels aucune rentabilité ne sera jamais calculée mais dont tous les coûts seront automatiquement et intégralement reportés sur le consommateur. Risque zéro.
    Le fromage restera bon et gros, mais dur à avaler pour le citoyen et l’entreprise lambda.

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