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Lecture : Petit traité de géopolitique pour les (vraiment) nuls (et les décideurs politiques), de Pierre Conesa

Il y a des livres qui prétendent expliquer le monde. Celui de Pierre Conesa fait exactement l’inverse : il commence par expliquer pourquoi ceux qui prétendent le faire se trompent ou, plus précisément, parlent sans vraiment savoir ce qu’ils disent.

Dimitri Fontana
26 mai 2026
13 min de lecture

Sous ses airs de manuel acces­sible, ce Petit trai­té de géo­po­li­tique pour les (vrai­ment) nuls (et les déci­deurs poli­tiques) est d’abord un livre à charge, non pas contre la géo­po­li­tique elle-même, mais contre ses usages : lan­gage conve­nu des res­pon­sables poli­tiques, caté­go­ries morales à géo­mé­trie variable, réflexes intel­lec­tuels qui tiennent lieu d’analyse. Dès les pre­mières pages, l’auteur ins­talle son décor : face à des situa­tions com­plexes, les dis­cours se répètent, se sim­pli­fient, et finissent par pro­duire une vision du monde aus­si pré­vi­sible que fra­gile.

Le geste de Cone­sa est clair : dépla­cer le regard. Il ne s’agit plus de com­prendre les rela­tions inter­na­tio­nales telles qu’elles sont, mais telles qu’elles sont racon­tées. Et, dans cet écart entre le réel et son récit, se loge toute la matière du livre.

Un faux manuel, un vrai réquisitoire

Sous un titre qui se veut péda­go­gique, Pierre Cone­sa avance en réa­li­té un tout autre pro­jet. Son Petit trai­té de géo­po­li­tique pour les (vrai­ment) nuls (et les déci­deurs poli­tiques) ne cherche pas d’abord à ins­truire un public pro­fane, mais à mettre en cause ceux qui, en prin­cipe, devraient maî­tri­ser ces sujets. Le sous-titre donne d’ailleurs la clé : ce sont les déci­deurs eux-mêmes qui sont visés, moins pour leur igno­rance que pour leur manière de par­ler du monde.

Dès l’ouverture, le constat est posé sans détour. La géo­po­li­tique n’est pas un domaine réser­vé à quelques ini­tiés, mais un champ satu­ré de dis­cours où l’on parle sou­vent sans savoir, et sur­tout sans pou­voir se taire. L’homme poli­tique, pris entre contraintes ins­ti­tu­tion­nelles, ambi­tions per­son­nelles et connais­sance lacu­naire des dos­siers, est conduit à pro­duire des argu­men­taires qui finissent par se res­sem­bler, quelle que soit la situa­tion.

C’est ce méca­nisme que Cone­sa entre­prend de démon­ter. Son livre ne pro­pose pas une car­to­gra­phie du monde, mais une ana­lyse des réflexes intel­lec­tuels qui struc­turent les prises de parole sur les affaires inter­na­tio­nales. Der­rière la diver­si­té appa­rente des crises, des conflits et des acteurs, il met en évi­dence une éton­nante répé­ti­tion des sché­mas expli­ca­tifs. Les mots changent peu, les rai­son­ne­ments encore moins.

Cette entrée en matière fixe le cadre de l’ensemble de l’ouvrage. Il ne s’agit pas de com­prendre la géo­po­li­tique telle qu’elle est, mais telle qu’elle est racon­tée (et sur­tout, défor­mée). En ce sens, le livre fonc­tionne moins comme un manuel que comme un réqui­si­toire : non pas contre l’ignorance, mais contre la pro­duc­tion méca­nique d’un dis­cours qui donne l’illusion de com­prendre le monde sans jamais vrai­ment l’affronter.

Le tri moral du monde

C’est sans doute l’un des apports les plus convain­cants du livre : mon­trer que la géo­po­li­tique contem­po­raine repose lar­ge­ment sur un tri moral impli­cite, rare­ment assu­mé comme tel. Les conflits ne sont pas seule­ment décrits, ils sont immé­dia­te­ment clas­sés, hié­rar­chi­sés, inter­pré­tés à tra­vers des caté­go­ries qui disent moins le réel qu’elles ne reflètent des posi­tions poli­tiques.

Le cas du ter­ro­risme est, à cet égard, cen­tral. Cone­sa rap­pelle que toutes les vio­lences ne sont pas dési­gnées de la même manière. Cer­taines sont condam­nées sans réserve, d’autres sont rela­ti­vi­sées, contex­tua­li­sées, voire oubliées. La dis­tinc­tion entre « bons » et « mau­vais » ter­ro­ristes ne relève pas d’une ana­lyse objec­tive des faits, mais d’une construc­tion poli­tique, évo­lu­tive, liée aux alliances et aux inté­rêts du moment.

Ce méca­nisme dépasse lar­ge­ment ce seul exemple. Il irrigue l’ensemble du dis­cours inter­na­tio­nal : dési­gna­tion des enne­mis, qua­li­fi­ca­tion des régimes, invo­ca­tion des valeurs. Ce qui appa­raît comme un juge­ment moral uni­ver­sel est en réa­li­té le pro­duit d’un rap­port de force. Les prin­cipes invo­qués (droits de l’homme, démo­cra­tie, légi­ti­mi­té) ne dis­pa­raissent pas, mais leur appli­ca­tion varie selon les contextes et les acteurs concer­nés.

C’est là que le livre devient par­ti­cu­liè­re­ment éclai­rant. En met­tant au jour ces asy­mé­tries, Cone­sa ne se contente pas de dénon­cer une hypo­cri­sie ponc­tuelle ; il décrit une logique struc­tu­rante. La morale, dans les rela­tions inter­na­tio­nales, n’est pas absente : elle est ins­tru­men­ta­li­sée. Elle sert à légi­ti­mer des posi­tions déjà prises, à rendre accep­tables des choix stra­té­giques, à ins­crire des inté­rêts dans un récit valo­ri­sant.

Ce dépla­ce­ment du regard est déci­sif. Il oblige à lire autre­ment des dis­cours que l’on croit fami­liers. Ce qui se pré­sente comme une évi­dence morale appa­raît alors comme une construc­tion fra­gile, dépen­dante des cir­cons­tances et des acteurs qui la portent. La géo­po­li­tique cesse d’être un affron­te­ment de prin­cipes pour rede­ve­nir ce qu’elle est plus pro­saï­que­ment : un jeu de puis­sances qui se raconte lui-même sous des formes accep­tables.

Une géopolitique des rapports de force déguisés

À par­tir de ce tri moral, le livre opère un second dépla­ce­ment : ce qui est pré­sen­té comme une oppo­si­tion de valeurs appa­raît en réa­li­té comme une tra­duc­tion, sou­vent habillée, de rap­ports de force. Autre­ment dit, la morale ne dis­pa­raît pas du dis­cours géo­po­li­tique, mais elle en devient le lan­gage, un lan­gage qui per­met de dire autre chose sans le nom­mer expli­ci­te­ment.

Cone­sa montre ain­si que les alliances les plus solides ne se nouent pas en fonc­tion de prin­cipes, mais d’intérêts. L’histoire récente four­nit de nom­breux exemples de régimes auto­ri­taires tolé­rés, voire sou­te­nus, au nom de la sta­bi­li­té, de la sécu­ri­té ou de la lutte contre un enne­mi com­mun. À l’inverse, cer­tains États deviennent infré­quen­tables non en rai­son de la nature intrin­sèque de leur pou­voir, mais parce qu’ils se situent du mau­vais côté du rap­port de force.

Ce déca­lage entre les prin­cipes affi­chés et les pra­tiques réelles n’est pas acci­den­tel. Il consti­tue une constante des rela­tions inter­na­tio­nales. Pen­dant la guerre froide, déjà, le sou­tien appor­té à des diri­geants auto­ri­taires se jus­ti­fiait par leur ins­crip­tion dans l’un des deux blocs. Le concept de « democ­ta­tor », contrac­tion de « demo­cra­tic dic­ta­tor », résume cette ambi­guï­té : des diri­geants auto­ri­taires pré­sen­tés comme moder­ni­sa­teurs et tolé­rés pour des rai­sons stra­té­giques.

Cette logique ne dis­pa­raît pas avec la fin du monde bipo­laire. Elle se recon­fi­gure. Les caté­go­ries changent, les jus­ti­fi­ca­tions aus­si, mais le méca­nisme demeure. La condam­na­tion ou la tolé­rance d’un pou­voir dépend moins de sa nature que de sa posi­tion dans le jeu inter­na­tio­nal. Ce que Cone­sa met en lumière, c’est cette conti­nui­té : der­rière les dis­cours renou­ve­lés, les réflexes res­tent les mêmes.

En ce sens, la géo­po­li­tique décrite par l’auteur est moins un affron­te­ment de modèles qu’un sys­tème d’équilibres instables, où chaque acteur ajuste son dis­cours aux néces­si­tés du moment. Les prin­cipes ne sont pas absents, mais ils sont mobi­li­sés de manière sélec­tive. Ils servent à struc­tu­rer un récit, non à contraindre réel­le­ment l’action.

Le tournant mémoriel et la victimisation

Au-delà des rap­ports de force et des jeux d’alliances, Cone­sa iden­ti­fie une évo­lu­tion plus récente, et plus idéo­lo­gique : l’entrée des rela­tions inter­na­tio­nales dans ce qu’il appelle une « géo­po­li­tique mémo­rielle ». Autre­ment dit, un monde où les conflits ne se jouent plus seule­ment sur des inté­rêts pré­sents, mais sur des récits du pas­sé, mobi­li­sés comme argu­ments poli­tiques.

Cette trans­for­ma­tion passe notam­ment par ce qu’il nomme une « micro-vic­ti­mo­lo­gie », c’est-à-dire une frag­men­ta­tion des reven­di­ca­tions fon­dées sur l’histoire, la mémoire et l’identité. Les acteurs inter­na­tio­naux, États comme groupes, tendent à jus­ti­fier leurs posi­tions en s’appuyant sur des injus­tices pas­sées, réelles ou recons­truites, qu’il s’agirait de répa­rer ou de com­pen­ser.

Dans ce cadre, l’Occident occupe une place par­ti­cu­lière. Cone­sa estime qu’il est entré dans une phase de repen­tance, mar­quée par une relec­ture cri­tique de son his­toire colo­niale et de ses inter­ven­tions pas­sées. Ce mou­ve­ment, qui se veut moral, pro­duit selon lui des effets poli­tiques concrets : il modi­fie la manière dont les États occi­den­taux se posi­tionnent, négo­cient et inter­viennent sur la scène inter­na­tio­nale.

Le pro­blème, tel qu’il est posé dans le livre, n’est pas tant l’existence de cette mémoire que son usage. Car, une fois inté­grée au jeu diplo­ma­tique, elle devient un levier stra­té­gique par­mi d’autres. Les reven­di­ca­tions mémo­rielles ne sont pas seule­ment des expres­sions de jus­tice his­to­rique ; elles sont aus­si des ins­tru­ments de négo­cia­tion, de pres­sion ou de légi­ti­ma­tion.

Ce bas­cu­le­ment ajoute une couche sup­plé­men­taire à la com­plexi­té du dis­cours géo­po­li­tique. Aux inté­rêts et aux rap­ports de force s’ajoutent désor­mais des récits his­to­riques mobi­li­sés de manière sélec­tive. Le pré­sent ne suf­fit plus à expli­quer les posi­tions des acteurs : il faut aus­si prendre en compte les pas­sés qu’ils invoquent, et la manière dont ils les mettent en scène.

Intellectuels, récits et illusions : un monde sans boussole

Une part impor­tante du livre est consa­crée à ceux qui, en prin­cipe, devraient éclai­rer le débat : les intel­lec­tuels. Or, loin d’apparaître comme des cor­rec­tifs aux erreurs du pou­voir, ils sont sou­vent pré­sen­tés par Cone­sa comme des acteurs à part entière des illu­sions géo­po­li­tiques. L’histoire récente, rap­pelle-t-il, est jalon­née d’engagements aveugles, de fas­ci­na­tions idéo­lo­giques et de jus­ti­fi­ca­tions a pos­te­rio­ri de régimes ou de vio­lences dif­fi­ci­le­ment défen­dables.

Ce constat n’est pas anec­do­tique. Il s’inscrit dans une cri­tique plus large des grands récits expli­ca­tifs qui ont struc­tu­ré la com­pré­hen­sion du monde au XXᵉ siècle et au début du XXIᵉ. Qu’il s’agisse de la « fin de l’histoire » ou du « choc des civi­li­sa­tions », ces grilles de lec­ture ont en com­mun de pro­po­ser des sché­mas glo­baux, sup­po­sés rendre intel­li­gible la com­plexi­té du réel. Mais, pour Cone­sa, elles relèvent davan­tage de la construc­tion intel­lec­tuelle que de l’analyse empi­rique.

Le rôle des intel­lec­tuels appa­raît alors sous un jour par­ti­cu­lier. Non seule­ment ils se trompent, mais ils contri­buent à ins­tal­ler des cadres d’interprétation qui finissent par s’imposer comme des évi­dences. Leur influence ne tient pas seule­ment à leurs prises de posi­tion, mais à leur capa­ci­té à pro­duire des récits cohé­rents, sédui­sants, qui donnent le sen­ti­ment d’expliquer le monde, quitte à en sim­pli­fier exces­si­ve­ment les dyna­miques.

En met­tant à dis­tance ces récits, Cone­sa ne pro­pose pas pour autant une nou­velle grille de lec­ture. Il laisse au contraire appa­raître un pay­sage frag­men­té, sans prin­cipe orga­ni­sa­teur clair. Les conflits ne s’inscrivent plus dans une logique glo­bale, les alliances sont mou­vantes, et les caté­go­ries tra­di­tion­nelles perdent de leur per­ti­nence. Ce refus des expli­ca­tions tota­li­santes conduit à une forme de désen­chan­te­ment : il n’y a plus de clé unique pour com­prendre le monde.

C’est là toute l’ambiguïté du livre. En mon­trant les limites des grandes théo­ries et les erreurs de ceux qui les ont por­tées, il libère le lec­teur de cer­taines illu­sions. Mais, dans le même mou­ve­ment, il le prive aus­si de repères struc­tu­rants. La cri­tique est solide : la recons­truc­tion, elle, reste en sus­pens.

Une critique efficace… mais qui pourrait aller plus loin

La force du livre tient indé­nia­ble­ment à sa capa­ci­té à mettre au jour les méca­nismes du dis­cours géo­po­li­tique. En mon­trant la répé­ti­tion des argu­men­taires, l’usage stra­té­gique des caté­go­ries morales ou encore le rôle des récits dans la légi­ti­ma­tion des poli­tiques inter­na­tio­nales, Cone­sa apporte un éclai­rage utile, par­fois déca­pant. Son regard, sou­vent inci­sif, per­met de sor­tir d’une lec­ture naïve des rela­tions inter­na­tio­nales.

Mais cette effi­ca­ci­té a son revers. À force de poin­ter les biais, les angles morts et les illu­sions, l’ouvrage donne le sen­ti­ment de res­ter à mi-che­min. Il démonte beau­coup, mais recons­truit peu. Les exemples s’accumulent, les cri­tiques s’enchaînent, sans tou­jours débou­cher sur une grille de lec­ture alter­na­tive clai­re­ment for­mu­lée.

Ce choix n’est sans doute pas acci­den­tel. Il cor­res­pond à une méfiance assu­mée envers les grandes théo­ries expli­ca­tives, jugées trop sim­pli­fi­ca­trices. Mais il pro­duit un effet para­doxal : en refu­sant les sché­mas glo­baux, le livre laisse appa­raître un monde frag­men­té, dif­fi­cile à sai­sir dans son ensemble. Le lec­teur com­prend mieux ce qui ne fonc­tionne pas dans les dis­cours domi­nants, sans tou­jours dis­po­ser d’outils pour pen­ser ce qui pour­rait les rem­pla­cer.

Il en résulte une forme d’inconfort intel­lec­tuel, qui fait à la fois la limite et l’intérêt du livre. Limite, parce que l’analyse s’arrête sou­vent au constat. Inté­rêt, parce que cette absence de solu­tion toute faite oblige à une lec­ture plus exi­geante, moins dépen­dante des cadres pré­éta­blis.

Comprendre le monde ou comprendre ceux qui en parlent ?

Au terme de ce par­cours, une chose s’impose : le livre de Pierre Cone­sa n’est pas un manuel de géo­po­li­tique au sens clas­sique. Il n’apprend pas à lire le monde comme un ensemble cohé­rent, struc­tu­ré par des lois ou des équi­libres stables. Il apprend autre chose : à lire les dis­cours qui pré­tendent en rendre compte.

C’est là sa prin­ci­pale réus­site. En met­tant en lumière les réflexes argu­men­ta­tifs, les caté­go­ries morales fluc­tuantes et les récits qui encadrent les prises de posi­tion inter­na­tio­nales, il invite à une forme de vigi­lance intel­lec­tuelle. Le lec­teur en sort moins dupe, plus atten­tif aux mots, aux enchaî­ne­ments logiques, aux évi­dences trop rapi­de­ment admises.

Mais cette luci­di­té a un prix. En affai­blis­sant les grandes grilles d’interprétation sans en pro­po­ser de nou­velles, l’ouvrage laisse une impres­sion de flot­te­ment. Le monde appa­raît moins intel­li­gible, non parce qu’il serait deve­nu plus com­plexe, mais parce que les outils cen­sés en rendre compte sont eux-mêmes fra­gi­li­sés.

Reste une inter­ro­ga­tion, plus dis­crète, mais révé­la­trice. En dénon­çant les biais du lan­gage géo­po­li­tique, le livre n’échappe pas tou­jours à cer­tains de ses réflexes. L’usage du mot « régime »*, par exemple, appli­qué de manière qua­si exclu­sive à des sys­tèmes auto­ri­taires ou adverses, rap­pelle com­bien le voca­bu­laire lui-même par­ti­cipe de ces construc­tions impli­cites. Comme si la cri­tique des dis­cours ne pou­vait jamais tota­le­ment s’affranchir de la langue qui les porte.

C’est peut-être là, au fond, la leçon la plus utile du livre : en géo­po­li­tique, les mots ne décrivent pas seule­ment le monde. Ils contri­buent à le fabri­quer.

Note

*L’usage du terme “régime” dans l’ouvrage n’est pas ano­din. Loin d’être employé de manière neutre, il désigne presque sys­té­ma­ti­que­ment des sys­tèmes auto­ri­taires ou hon­nis (régime syrien, régime com­mu­niste, régime ira­kien, régime nazi) sans que l’on trouve d’équivalent appli­qué aux puis­sances occi­den­tales. Or ce dés­équi­libre lexi­cal est pré­ci­sé­ment l’un des res­sorts du dis­cours géo­po­li­tique contem­po­rain que Cone­sa entend démon­ter. Il y a là une ten­sion, sinon une contra­dic­tion : un livre qui démonte les caté­go­ries du lan­gage inter­na­tio­nal, mais n’échappe pas entiè­re­ment à ses réflexes.

Acheter en ligne

Petit trai­té de géo­po­li­tique pour les (vrai­ment) nuls (et les déci­deurs poli­tiques), Pierre Cone­sa, Édi­tions de l’Aube, 256 pages (avril 2026). À retrou­ver sur payot.ch

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Vendre la guerre, magis­tral entre­tien avec Pierre Cone­sa ani­mé par Régis Le Som­mier pour OMERTA

Dimitri Fontana
Dimitri Fontana

Dimitri Fontana est un observateur des grands enjeux contemporains. Il s’intéresse particulièrement aux questions de société, aux mutations politiques européennes et aux dynamiques géopolitiques à l’œuvre en Europe de l’Est. Ses travaux portent sur les rapports de force culturels, identitaires et stratégiques qui traversent le continent.

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