La Liberté : quand un plan social touche la presse
Comme l’ensemble de la presse romande, le quotidien fribourgeois La Liberté est pro-européen. Ainsi, les plumitifs maison ont-ils mené la charge contre l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ». Aucun égard pour ceux que la main‑d’œuvre venue de loin a poussés au chômage et à la précarité. La croissance et surtout l’Union européenne réclament une immigration sans contrôle, tant pis si certains en font les frais.
Mais voilà qu’un plan social touche ce journal, prévoyant le licenciement d’une quinzaine de collaborateurs. Indignation ! Le chômage pour les autres, pas de problème mais pas pour ces Messieurs-Dames qui prétendent expliquer la vie aux gueux. Leur lumière éclaire le peuple et ne saurait pâlir, la démocratie en dépend. Les journalistes se mobilisent, fustigent la course au profit dont ils s’accommodaient fort bien au nom de la croissance. L’une d’entre eux a eu ce cri du cœur :
« On ne comprend pas pourquoi on doit soudainement viser les chiffres noirs alors que les pertes ont été acceptées pendant des années ».
Eh bien, Madame, peut-être que les chiffres noirs sont parfois nécessaires dans la mesure où une entreprise ne survit que rarement si elle est déficitaire à chaque exercice. Bienvenue dans le monde réel, celui que vous expliquez aux autres tout en prétendant y échapper ! Jusqu’ici, le chômage n’était que statistiques, désormais vous pouvez constater que derrière les chiffres, il y a des êtres humains. Ces gens dont le sort ne vous préoccupait guère il y a quelques semaines encore.