Fait religieux en entreprise : l’islam surreprésenté, le voile en tête des observations
L’islam est surreprésenté dans les faits religieux observés en entreprise, avec 85 % des cas, loin devant le judaïsme (14 %) et le protestantisme évangélique (17 %), selon le Baromètre du fait religieux en entreprise de l’Institut Montaigne, dévoilé par Le Parisien.
Le port de signes religieux, voile islamique en tête, constitue le premier fait observé sur le lieu de travail, cité par 50 % des répondants, contre 34 % en 2024 et 21 % en 2022.
Le fait religieux au travail atteint son niveau le plus élevé depuis la création du baromètre en 2013 : 79 % des sondés déclarent en observer, contre 71,3 % en 2024 et 66,7 % en 2022. Le rapport souligne toutefois que ces faits demeurent peu perturbateurs dans la grande majorité des cas. Par ailleurs, 55 % des salariés croyants et pratiquants disent avoir déjà porté un signe religieux au travail.
Le baromètre relève aussi une féminisation croissante du phénomène : les situations impliquant exclusivement des femmes représentent 31 % des cas, contre 26 % pour les hommes, même si les cas les plus problématiques concernent toujours davantage ces derniers. Les tensions liées à l’expression religieuse touchent désormais un quart des situations, contre 6 % en 2013.
Les entreprises apparaissent insuffisamment préparées : seules 25 % d’entre elles ont mis en place des formations spécifiques. « Quand il y a conflit, les chefs d’équipe sont souvent désemparés », résume Lionel Honoré, évoquant des managers qui recadrent « sur le coup » sans décision structurelle. En droit français, « nous avons la liberté de conviction mais l’entreprise peut, via son règlement intérieur, borner la tolérance religieuse et fixer des règles », rappelle-t-il.