Aide sociale aux Ukrainiens : une dérive coûteuse qui doit cesser

Aide sociale aux Ukrainiens : une dérive coûteuse qui doit cesser

Dès le début de la guerre en Ukraine, une question s’imposait : jusqu’où la Suisse pouvait-elle aller dans l’accueil et le soutien, sans déséquilibrer son propre système social ? Aujourd’hui, la réponse apparaît de plus en plus clairement, et elle est préoccupante.

Avec 73 000 bénéficiaires du statut de protection S sur le territoire, dont une large majorité perçoit l’aide sociale, la facture s’est rapidement envolée. Entre 2022 et fin 2025, ce sont environ 5 milliards de francs qui ont été engagés. Et le rythme ne faiblit pas : les coûts atteignent désormais 1,6 milliard par an.

Ce qui relevait initialement de l’urgence humanitaire tend à s’installer dans la durée, avec des effets structurels sur les finances publiques.

Le piège du statut S : vers une intégration automatique aux frais des contribuables

Le véritable tournant se profile maintenant. Après cinq ans, les contributions fédérales aux cantons arrivent à échéance. Dans le même temps, environ 50 000 bénéficiaires du statut S pourraient obtenir automatiquement un permis de séjour.

Autrement dit : maintien sur le territoire, accès élargi aux prestations sociales, et transfert de la charge financière vers les cantons et les communes.

Le scénario est connu. Moins de soutien fédéral, plus de dépenses locales. Le canton de Vaud évoque déjà 100 millions de francs supplémentaires. À l’échelle du pays, cela signifie une pression accrue sur les budgets publics, et à terme, une hausse probable de la fiscalité.

Ce double mouvement − retrait de la Confédération et extension des droits sociaux − crée un effet de ciseau difficilement soutenable.

Une politique d’accueil sans garde-fous

Le problème n’est pas l’accueil en lui-même, mais l’absence de limites claires. En liant protection et accès durable à l’aide sociale, la Suisse a créé un système où l’incitation à l’autonomie devient secondaire.

Le risque est évident : transformer une mesure exceptionnelle en mécanisme permanent, avec un effet d’appel et une dépendance prolongée aux prestations publiques.

Ce que certains qualifient aujourd’hui de « ticket d’or » traduit en réalité un déséquilibre entre devoir de solidarité et responsabilité individuelle.

STOP : rétablir des règles claires

Face à cette évolution, une ligne de rupture s’impose. La transformation automatique du statut S en permis de séjour ne peut pas être un automatisme.

La motion déposée au Parlement (26.3132) vise précisément à empêcher ce basculement et à refuser l’alignement immédiat sur les prestations sociales des citoyens suisses.

L’enjeu est simple : éviter que plusieurs dizaines de milliers de situations précaires ne deviennent durablement à la charge des collectivités publiques, sans cadre ni condition.

Si aucune correction n’est apportée, les conséquences seront mécaniques : plusieurs milliards supplémentaires à absorber pour les cantons, les communes et, en dernier ressort, les contribuables.

Pas de chèque en blanc à l’Union européenne

Dans le même temps, le Conseil fédéral propose d’engager 67,3 millions de francs supplémentaires pour participer à divers programmes européens (Horizon Europe, Euratom, Digital Europe, ITER).

Ce choix pose un problème de méthode autant que de fond.

S’engager financièrement avant même que les questions institutionnelles avec l’Union européenne soient tranchées revient à avancer sans mandat clair. Dans un contexte déjà tendu sur le plan budgétaire, cette logique du fait accompli interroge.

Les relations avec l’UE doivent être débattues et validées démocratiquement, non contournées par des crédits successifs.

Fiscalité : mettre fin à une incohérence persistante

Enfin, sur le plan fiscal, la question de la pénalisation du mariage reste entière. Malgré l’acceptation de l’imposition individuelle, aucune solution pleinement satisfaisante n’a été mise en œuvre.

L’initiative populaire visant à supprimer cette discrimination propose une voie plus directe : corriger une inégalité structurelle sans créer une usine à gaz fiscale supplémentaire.

Dans un contexte de pression croissante sur les finances publiques, la cohérence et la simplicité devraient redevenir des principes directeurs.

Retrouver une ligne politique lisible

Au fond, ces dossiers posent une même question : celle de la maîtrise.

Maîtrise des flux, des dépenses, des engagements internationaux, mais aussi cohérence entre les principes affichés et les politiques menées.

Sans cadre clair, la solidarité devient incontrôlée. Sans limites, l’ouverture se transforme en déséquilibre.

Il est encore temps de corriger la trajectoire. Mais cela suppose de rompre avec une logique d’accumulation des engagements et de revenir à une politique assumée, lisible et soutenable.

Uli Windisch

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