Le tribunal correctionnel de Paris jugeait ce lundi Nordine L., un SDF de 48 ans, en situation irrégulière, pour deux séries de faits. Le 11 juin, vers midi, il s’en était pris à deux employés de restauration près de l’Hôtel de Ville. Après avoir refusé de baisser la musique diffusée sur des enceintes dans la rue, il insulte un policier municipal, puis frappe un serveur à coups de poings et de « balayette », le menace avec une barre de fer et lui cause trois jours d’ITT. Le serveur n’a toujours pas repris le travail.
Le 28 juin, en marge de la « marche des fiertés », il récidive. Dans le 4e arrondissement, il frappe deux hommes homosexuels — réfugiés politiques russes — qui se tenaient la main. Comme Valeurs actuelles l’avait déjà révélé début juillet, il les insulte copieusement (« bitch »), crache au visage de l’un, puis assène des coups avec sa gourde, après l’avoir fait tourner comme une arme. La scène se déroule sous les yeux de la police. L’un des deux hommes a l’oreille en sang et une journée d’ITT.
Un parcours chaotique
Nordine L. n’en est pas à son coup d’essai. Déjà condamné en 2019 pour des faits similaires, il aurait aussi connu la prison en Allemagne. En France depuis seize ans, il n’a ni travail, ni titre de séjour. Toxicomane, il consomme alcool, cocaïne, Rivotril et cannabis. En garde à vue, il est positif à la cocaïne et porteur de drogue.
Son expertise psychiatrique n’a révélé ni abolition, ni altération du discernement. « Cela paraît étonnant vu son comportement décrit en garde à vue ou avec les victimes », a relevé la présidente du tribunal. Mais juridiquement, il est pleinement responsable de ses actes.
Devant le tribunal : entre victimisation et contradictions
À l’audience, le prévenu reconnaît les faits, mais tente de les relativiser : « Moi je dormais dehors. C’est eux qui sont venus vers moi. J’étais fatigué. Je les ai vus me filmer et rigoler de ma situation. Ils m’ont traité de son of bitch. Après c’est les bagarres. J’ai rien contre l’homophobie. »
Il décrit sa vie dans la rue, où il dit subir moqueries et mépris : « On n’est pas en sécurité dans la rue. Je vois leur regard méchant. » Mais refuse d’intégrer un foyer d’accueil, « trop de problèmes ». Le procureur a requis dix mois de prison avec maintien en détention, assortis d’une interdiction définitive du territoire français (ITF), et 300 euros d’amende « symboliques », conscient qu’il ne les paierait jamais.
L’avocat de Nordine L. a plaidé un sursis probatoire, évoquant un besoin d’accompagnement social. Après délibération, le tribunal l’a condamné à sept mois de prison ferme, avec maintien en détention. À l’issue de sa peine, Nordine L. devrait être placé en centre de rétention administrative en vue d’une expulsion.
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Dans cette situation, l’agresseur n’est pas le coupable approprié, c’est un martyr. La « justice » et les médias n’en ont que faire.