M. Tin, déboulonnez vos statues !

 

Tin, déboulonnez vos statues !

 

L’esclavage, voilà le mal absolu à combattre dans le monde d’aujourd’hui comme dans celui du passé. Personne ne doit échapper au jugement de l’Histoire et il n’y a plus de grand homme, si tant est qu’il ait été impliqué de près ou de loin dans le commerce de l’esclavage.

 

Il est très à la mode de faire tomber les têtes autrefois adulées. Au nom du politiquement correct, on ferait faire la culbute à toute autorité même suprême.

 

Le combat contre l’esclavage est une noble cause, et devient un devoir. C’est une tache colossale tant le phénomène semble répandu dans l’Histoire contemporaine comme dans l’Histoire passée. Aussi convient-il d’avoir une vue exhaustive du sujet, en le prenant à ses origines, en englobant ses différentes ramifications et en l'arrivant à la situation contemporaine où le phénomène est beaucoup plus répandu qu’on ne saurait l’imaginer.

Tin, vous qui êtes président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), vous pouvez élever ce combat à un niveau inégalé en traquant au delà des frontières les cas d’esclavage aujourd’hui.

 

Mais tant que vous n’aurez pas reconnu et explicitement condamné la traite arabo-musulmane, condamné l’état islamique qui pratique l’esclavage en plein XXIe siècle, attaqué l’esclavagisme sous toutes ses formes actuelles et dans tous les pays où il se pratique, vous n’aurez droit ni à ma compassion, ni à mon soutien pour votre cause, ni non plus à mon respect.

 

La position que vous occupez exige de prendre de la hauteur : certes on peut discuter et argumenter sur le rôle de tel ou tel dirigeant du passé, mais si vous vous confinez à des gesticulations biaisées en ignorant ou en refusant de reconnaître dans son intégralité et dans sa réalité d’aujourd’hui le mal que vous combattez, vous ne susciterez jamais l’adhésion que votre mouvement est en droit d’espérer.

Tin, le destin de millions de personnes passées par l’enfer de l’esclavage arabo-musulman devrait vous interpeller et devenir votre première des priorités. Attaquer le mal à la racine et remonter le fil du temps, voilà une méthode qui vous attirerait probablement plus de sympathie que la chasse aux sorcières que vous lancez à tout va. Arrêtez de sélectionner les statues dans ce panthéon des horreurs. Faites un travail de fond, n’hésitez pas à faire tomber les masques des esclavagistes, et commencez par faire le ménage sur le continent africain. Alors, vous gagnerez mon estime et j’écouterai plus volontiers ce que vous avez à dire sur les horreurs de la traite négrière et du commerce triangulaire.

 

Ce que je vous reprocherai, c’est de ne tenir aucun cas du contexte historique qui a conditionné les horreurs de l’esclavage. Or, vous jouissez aujourd’hui d’un contexte très favorable qui vous permet de faire une critique exhaustive du phénomène de l’esclavage à travers le temps. Saurez-vous braver le politiquement correct ? Oserez-vous dire des choses qu’il est de bon ton de cacher ? Allez-vous prendre à bras le corps cet immense problème ?

 

Vous n’avez à la bouche que le mot « réparations » alors que celui que vous devez utiliser est celui de justice : Justice pour les Européens contre la traite des Barbaresques, justice pour les Africains contre le commerce triangulaire, justice pour les Africains contre la traite arabo-musulmane, justice pour les esclaves modernes contre l’Etat islamique, pour ne citer que certains des plus importants trafics de l’Histoire.

 

On ne fait que gagner en stature et en importance quand on parle de justice vraie. La justice exige qu’il y ait reconnaissance de tous les faits passés. C’est la seule manière d’assainir le débat. A une époque où, selon l’Organisation internationale du travail, il y aurait plus de 40 millions de personnes victimes d’esclavage (40 millions, M. Tin !), où les images de CNN montrent une vente aux enchères d’esclaves en Lybie, vente qui se renouvelle apparemment une à deux fois par mois, n’y a-t-il pas plus urgent, M. Tin, que d’essayer d’établir la responsabilité de M. Colbert et consorts dans l’essor de l’esclavage ? Tant que vous ne vous attaquerez pas au phénomène de l’esclavage et surtout de l’esclavagisme dans le monde d’aujourd’hui, votre mouvement ne représentera rien.

Bertrand Hourcade, 9.8.2018

 

3 commentaires

  1. Posté par boulanoeud le

    TOUS LES BERBERES d’aujourd’hui devraient avoir en mémoire leur soumission et leur esclavage imposé par les arabes ! TOUS ceux qui, aujourd’hui sont islamisé, devraient garder en mémoire l’esclavagisme par leur ancêtres de leurs fils et filles, pour l’aumône d’une gamelle. Renseignerez vous sur le commerce des esclaves de l’ile de Gorée (Sénégal) et visitez ces lieux d’où vous ancêtres sont partis trop loin pour ne plus revenir.

  2. Posté par Rébellion le

    Right thank you. Be blessed. Good evening.

  3. Posté par pepiou le

    L’esclavage fut pratiqué sur le continent africain de manière culturelle bien avant que les occidentaux s’adonnent à la traite négrière. Donc que chacun balaye devant sa porte et surtout reste chez soi.

Et vous, qu'en pensez vous ?

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