Casse-toi, pauv’ Bannon !

Michel Garroté
Politologue, blogueur

NDLR. Un autre regard que celui de nombre de nos « correspondants » aux USA limités à l’anti-trumpisme primaire et pavlovien quotidien.
Une raison de plus à un grand OUI à No Billag le 4 mars.

Stephen Bannon

   
Michel Garroté  --  "Seigneur, préservez-moi des mes amis ; mes ennemis, je m'en charge". C'est ce que pourrait dire Donald Trump à propos de Steve Bannon. Il est vrai qu'en politique, la trahison est une vertu très répandue, aux USA comme ailleurs. Georges W. Bush Jr., lors de son second mandat, avait été trahi par son Secrétaire à la Défense et par sa Secrétaire d'Etat. De son côté, Barack Hussein Obama, à défaut d'être trahi, a lui-même trahi tout le monde.
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Sur Reuters, James Oliphant et Jeff Mason estiment que (extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page) désavoué brutalement par Donald Trump, Steve Bannon se retrouve isolé depuis qu'il s'est confié à l'auteur d'un livre très critique sur le président et son entourage. Ses amis se font rares même parmi les franges les plus conservatrices du Parti républicain, qui ont rapidement pris soin d'afficher leur loyauté envers le président américain. Ancien conseiller spécial de Donald Trump, Steve Bannon dirige le site d'informations conservateur Breitbart News. La Maison blanche le menace de poursuites judiciaires pour les propos incendiaires contre le président qu'il tient dans le livre de Michael Wolff "Fire and Fury : Inside the Trump White House" (Le Feu et la fureur - A l'intérieur de la Maison blanche de Trump), paru vendredi 5 janvier 2018.
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"Je ne connais personne au sein du mouvement conservateur qui soutienne aujourd'hui Steve contre Donald Trump sur ce sujet", assure Christopher Ruddy, un proche du président, à la tête du site conservateur Newsmax. Mike Cernovich, l'un des porte-voix sur les réseaux sociaux du mouvement "alt-right" (droite alternative) que Bannon a contribué à cristalliser, avec la bénédiction de Donald Trump, avant l'élection présidentielle de 2016, n'a aucun doute sur le vainqueur provisoire de cette bataille entre les deux hommes: "La base restera avec Trump". Les commentaires des internautes sur le site Breitbart vont dans le même sens, une grande majorité d'entre eux prenant la défense du locataire de la Maison blanche. Le Wall Street Journal rapportait jeudi soir que la direction du site d'informations s'interrogeait désormais sur l'opportunité de limoger Steve Bannon.
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Rebekah Mercer, une importante donatrice du Parti républicain, qui possède des parts dans Breitbart, a publiquement donné tort à Bannon dans l'après-midi. Les représentants de Steve Bannon n'ont pas répondu aux sollicitations de Reuters. Il y a un an, de Time Magazine au "Saturday Night Live", le stratège de campagne du président était présenté comme l'éminence grise de Donald Trump, un personnage habile et manipulateur obligeant l'ensemble du Parti républicain à se plier à son "nationalisme économique". Mais l'étoile de Bannon a pâli bien longtemps avant la publication du livre de Michael Wolff. En août dernier, une lutte de pouvoir interne à la Maison blanche l'a obligé à quitter son poste et reprendre du service à Breitbart News.
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Sa réputation d'expert en stratégie politique a pris un sérieux coup avec la défaite de l'ultraconservateur Roy Moore, qu'il soutenait, lors de l'élection sénatoriale partielle dans l'Etat d'Alabama à la mi-novembre. En quittant cet été la Maison blanche, Steve Bannon avait fait voeu de loyauté à Donald Trump et promis de mener la révolte contre la direction du Parti républicain, en particulier contre le chef de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell, accusé de torpiller le programme présidentiel. Mais le mois dernier, dans la foulée de la défaite historique du GOP dans l'Alabama, Mitch McConnell a contribué à l'élaboration de la réforme fiscale adoptée par le Congrès, s'attirant les louanges du président et privant Steve Bannon de l'argument selon lequel les élus du Capitole seraient incapables d'obtenir des résultats concrets.
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La direction du Parti républicain est aujourd'hui beaucoup plus sûre d'elle qu'il y a un an. A l'inverse, à la suite de la publication des premiers extraits du livre de Michael Wolff, Donald Trump s'est en pris mercredi à son ancien conseiller, estimant qu'il avait perdu la tête en même temps que son poste de stratège en chef de la Maison blanche. Le président a assuré que Bannon ne représentait pas sa base électorale et qu'il avait exagéré son rôle lorsqu'il était à la Maison blanche. A la suite de ces propos, certains candidats conservateurs qui s'étaient ralliés au mouvement de Bannon ont pris leurs distances, comme Kelli Ward, qui vise un siège de sénatrice dans l'Arizona, ou Michael Grimm, candidat pour les élections de mi-mandat à New York. "Je pense que c'est terminé pour lui. Un chef sans adeptes est simplement un type qui se promène", ironise Josh Holmes, ancien conseiller de McConnell.
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Un ami de Steve Bannon, l'ancien conseiller de Trump, Sam Nunberg, doute que les deux hommes pourront un jour se réconcilier. Mais il estime que Bannon pourrait encore exercer une influence sur l'électorat conservateur, notamment sur un sujet comme l'immigration. Donald Trump est connu pour écarter brutalement ses plus proches alliés, mais aussi pour les ramener dans son giron s'il en éprouve la nécessité. Le président américain s'est ainsi félicité jeudi 4 janvier 2018 d'avoir entendu la veille son ancien conseiller faire son éloge dans une émission radiophonique. "Ce n'est pas la fin du monde, en particulier avec ce président", assure Sam Nunberg, concluent James Oliphant et Jeff Mason (fin des extraits adaptés ; voir lien vers source en bas de page).
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Michel Garroté pour LesObservateurs.ch, 5.1.2018
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Source :
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https://fr.news.yahoo.com/bannon-se-retrouve-isol%C3%A9-apr%C3%A8s-ses-critiques-contre-075535499.html
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3 commentaires

  1. Posté par barakat le

    On savait depuis que l’affaire russe a fait long feu, qu’un autre dossier allait surgir pour nuire à Donald Trump. Le dossier russe se retournant contre ses auteurs, le DNC, et contre ses pions placés durant le mandat Obama à la Justice (Robert Mueller), la CIA (Peter Strzok, James Commey) et dans les appareils de l’Etat, le nouvel axe pour destituer le président élu semble être de le faire passer pour un malade mental, dangereux et incapable d’assurer la charge qui est la sienne. Ce livre – un ramassis de ragots – sort à point ! Il ne serait pas étonnant que certains médias viennent ainsi dans le sillage de cette polémique ouverte produire des témoignages opportuns pour étayer les allégations sans preuve portée par Banon. Mais il semble que Banon est entrain de faire machine arrière et n’est plus du tout sûr d’avoir mis la main dans une affaire juteuse pour lui… Je pense que ce sera encore un fiasco pour les anti-Trump.

  2. Posté par SD-Vintage le

    Petit correctif :
    « Sa réputation d’expert en stratégie politique a pris un sérieux coup avec la défaite de l’ultraconservateur Roy Moore », victime d’un « attentat » médiatico-judiciaire, lâché par tous les conservateurs y compris Ivanka Trumpqui l’ont traité de violeur pédophile, et soutenu à la dernière minute par D. Trump

  3. Posté par JeanDa le

    TOUT ce que notre planète compte de gauchistes (oui je sais que certains d’entre nous utilisent un autre mot qui se termine par « iasses », mais je reste malgré tout poli), toute la gauche mondiale disais-je, est convaincue que Donald Trump est un idiot et doit être destitué. De là, la majeure partie de la presse fait état de la même conviction. C’est mécanique et bien pratique : plus besoin de réfléchir, il suffit de suivre le dogme !
    Ils n’ont pas besoin de voir l’incendie pour crier au feu en voyant la fumée, il leur suffit de dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu. Or c’est là qu’ils se trompent, demeurés qu’ils sont, car quand on éteint un feu, que ce soit avec de l’eau ou des extincteurs, cela produit beaucoup de fumée.
    Or Monsieur Donald Trump, depuis son élection, est précisément en train d’éteindre le nombre incalculable d’incendies et de bombes à retardement allumés par son prédécesseur « yes we can, but we didn’t even try ». Alors ça fait de la fumée et de la vapeur.
    Pauvres demeurés …

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