Réforme de la prévoyance vieillesse et sécurité alimentaire : Non aux soins palliatifs

Dominique Baettig
Médecin, Ancien Conseiller national
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Réforme de la prévoyance vieillesse et sécurité alimentaire : Non aux soins palliatifs

 

Encore une fois la montagne a accouché d’une souris. Le financement de l’AVS, une assurance importante construite à une époque où la natalité était forte et considérée comme un atout, où la solidarité entre les générations était réelle, palpable et la population plus homogène et plus confiante en l’avenir n’est plus assuré. Aujourd’hui la natalité s’effondre, les familles se morcèlent, les coûts et charges migratoires s’aggravent, l’espérance de vie augmente et donc  le nombre de bénéficiaires et  la durée du paiement des retraites. En plus les taux d’intérêt sur le marché des capitaux sont faibles, voire négatifs. Normalement, dans un système juste et équitable, les actifs ne devraient pas contribuer au paiement d’une partie des rentes en cours. Les cotisations vieillesse procurent légalement des droits à la pension mais ne servent à rien pour ce qui est de donner aux caisses de retraite par répartition la capacité d’honorer les engagements qu’elles contractent. Il n’est pas possible d’éteindre une dette et espérer que cette somme donne un droit futur à une prestation.

Dépenser aujourd’hui une part de ce qui doit revenir aux futurs retraités est un procédé dangereux, semblable à la trop fameuse pyramide de Ponzi  qui doit chercher toujours plus de payeurs pour couvrir les dépenses actuelles ( 10 pour payer le premier et chacun doit en trouver 10 autres ! ) et ne se préoccupe pas adéquatement de veiller à créer, à investir dans des futurs cotisants ( c'est-à-dire nos enfants) par la formation, la natalité indigène, l’éducation dans la famille, le maintien d’une économie de proximité. Par des parents disponibles et libérés d’une pression de consommation et d’activité professionnelle croissante pour couvrir les charges sociales toujours plus lourdes et des primes d’assurance maladie toujours plus conséquentes et nécessitant une inflation de l’aide sociale et des subventions.

C’est la voie d’une véritable réforme qu’il faut chercher, comment garantir le fait que les âgés puissent bénéficier d’une vie de qualité  et d’un niveau économique suffisamment bons dès la  retraite. Prolonger artificiellement l’âge de la retraite pour ne différer que de quelques années une nouvelle tranche de prélèvement est absurde. Les femmes, qui ont choisi d’élever leurs enfants, en travaillant ou pas, selon leur choix et leur possibilité, devraient bénéficier d’un âge anticipé de retraite. Ceci est juste et normal. Par contre, il est douteux qu’une égalité contrainte des salaires améliore la situation future. Il faut faire envie aux gens et ne pas les condamner à chercher des emplois pour seniors, alors que le chômage, la robotisation, l’économie numérique ne crée que des jobs à temps partiel.

La classe politique qui prend des grands airs extatiques pour expliquer que finalement telle ou telle catégorie de leur clientèle électorale (retraite anticipée, possibilité de temps partiel mieux valorisé à la retraite, augmentation homéopathique  de 70frs des rentes, augmentation de la TVA) se moque de nous. Nous ne voulons pas de cette réformette de compromis, coûteuse pour les jeunes et les retraités  d’aujourd’hui. Ménager la chèvre et le chou des besoins de la clientèle de la gauche et des inquiétudes financières de la droite économique qui voudrait déléguer la gestion de la prévoyance à des entreprises privées alignées sur le Marché international. Retoquons ce bidouillage qui n’est ni équilibré ni raisonnable et changeons de modèle, travaillons à un plan B, voilà le bon sens. L’augmentation de la TVA pénalise les revenus modestes, les PME, ce qui n’est pas acceptable. Mélanger premier et deuxième pilier est une hérésie dangereuse pour une société qui veut toujours plus socialiser les pertes et privatiser bénéfices et profits.

Il est absurde de choisir de poursuivre une forme d’esclavage volontaire pour gagner du temps. Dire non c’est obliger à chercher d’autres modèles, d’autres solutions équitables.

La sécurité alimentaire, la souveraineté alimentaire, le maintien d’une agriculture de proximité et respectueuse de l’environnement et des consommateurs sont vitaux. L’initiative de l’Union Suisse des Paysans, quoique générale, était bonne. Malheureusement, le chapeautage du politique par la caste de centre gauche qui domine le Conseil des Etats l’a dénaturé parce qu’elle se focalisait trop sur l’économie indigène, donc était trop protectionniste. Il a rajouté du blabla sur les relations transfrontalières et rappelle les sacro-saintes lois du « meilleur » Marché, donc finalement la nécessité affirmée de circuits économiques plus longs. Tout le monde politique est d’accord avec ce Gloubi-Boulga dénaturé et trop général avec des intentions bien vagues. Raison de plus pour dire Non.

 

Dominique Baettig ancien conseiller national UDC

 

 

3 commentaires

  1. Posté par Fomalo le

    Pas fascinant du tout que la soi-disant gauche soit la première fossoyeuse des assurances sociales. Cette division entre « droite » et gauche » n’a plus aucun sens. En souhaitant que le pessimisme de Bussy ne trouve pas de conclusion valide dans les vingt prochaines années au moins, j’engage chacun de nous à écouter la vidéo de Sami Aldeeb,qui n’est qu’une partie de propositions, mais qui distinguera les patriotes des lèches-babouches ( celles d’Arabie saoudite notamment). Mais je ne vois pas vraiment de rapport avec les soins palliatifs.????

  2. Posté par Baron d'Bobard le

    Je trouve assez fascinant (et triste aussi) que la gauche soit la première fossoyeuse des assurances sociales.

  3. Posté par Bussy le

    D’ailleurs on s’en fout de l’AVS et du deuxième pilier, dans une vingtaine d’années, nous vivrons sous la charia et n’aurons plus besoin de tous ces trucs de mécréants !

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