Exposé de Christoph Blocher (PDF)
I. Le miracle Suisse
L’économiste Friedrich Engels, un communiste, parcourut au milieu du XIXᵉ siècle l’ensemble des pays européens et constata, peu avant la fondation de l’État fédéral suisse – donc avant 1848 –, que tous les pays d’Europe comptaient économiquement – à une exception près: la Suisse. Elle était petite, ne disposait d’aucune ressource naturelle, d’aucun marché intérieur et d’aucun accès à la mer. La Suisse occupait une position topographique impossible avec un véritable verrou alpin. Avec ses quatre langues, elle n’était pas, selon lui, un pays où la communication était possible.
Il se moquait de la «liberté des éleveurs de bétail» et parlait (littéralement) de «barbarie», de «stagnation» et de «luttes tribales du proto-helvétisme». La Suisse – poursuivait Engels – n’était qu’un «vestige d’une époque historique révolue». D’un point de vue économique, Engels, malgré toutes ses exagérations, n’avait pas tout à fait tort. Avec de tels obstacles économiques, la Suisse n’était pas vraiment bénie en facteurs de réussite; elle aurait même dû être vouée à la disparition. Mais faisons un saut: comment la Suisse s’est-elle développée?
De l’ancien pauvre de l’Europe est devenue l’une des nations les plus prospères du monde. Elle figure régulièrement en tête des classements internationaux en matière de prospérité comme de satisfaction. Elle a tiré parti de sa pauvreté et ignoré ses désavantages économiques structurels.
C’est le cas particulier de la Suisse, avec une forme d’État qui a su conduire au succès.
Cela tient du miracle! La devise était la suivante: Entretenir des relations amicales et ouvertes avec le monde entier, agir économiquement à l’échelle globale, mais sans jamais abandonner la capacité de façonner son propre pays. Agir de manière souveraine.
Cela signifie: indépendante à l’extérieur, libérale à l’intérieur, dotée de droits civiques uniques au monde, construite sur le fédéralisme, fondée sur l’économie de marché, mais souveraine. La Suisse s’est donnée elle-même les règles de la vie en société. Ou, comme l’exprima Johannes Furrer, le premier président du Conseil fédéral du nouvel État fédéral suisse de 1848, face aux ingérences internationales: «La Suisse indépendante continuera de se gouverner elle-même!»
II. Épargnée par les guerres
Il n’y a toutefois pas que la réussite économique qui force l’admiration, mais aussi la capacité à vivre en paix. Depuis plus de deux siècles, notre pays a su se défendre sans jamais devoir mener de guerre. La Suisse a toujours su une chose essentielle: «Si vis pacem para bellum.» Ou en français: «Si tu veux la paix, prépare la guerre.» …
- 1856/57, le roi de Prusse menaça d’envoyer jusqu’à 150 000 soldats pour reprendre possession de la principauté de Neuchâtel.
- 1859/60, certains voulurent entraîner la Suisse dans l’affaire de la Savoie.
- 1870/71, la guerre franco-allemande représenta un grand danger.
- Première Guerre mondiale (1914–1918) – la Suisse resta épargnée.
- Seconde Guerre mondiale (1939–1945) – rôle clé de la neutralité.
Car en 1920, dans une euphorie pacifiste, elle adhéra à la Société des Nations …
III. L’année clé: 1938
Or l’abandon de la neutralité intégrale par la Suisse se retourna amèrement contre elle …
IV. Et aujourd’hui?
Mesdames et Messieurs Aujourd’hui, nous nous retrouvons à nouveau dans une situation semblable à celle de 1920 …
- La Suisse n’est la partie belligérante de personne.
- Grâce à la neutralité armée, une attaque ne doit pas être avantageuse.
Quiconque veut relativiser ou flexibiliser cette neutralité …
V. La neutralité comme élément d’identification
En tant qu’entrepreneur actif à l’international …
La neutralité suisse constitue aussi, pour cette raison, une contribution précieuse à la paix mondiale!
Extrait de: Source et auteur

Un petit tour à Lausanne et la réalité crève les yeux : l’immigration extra-européenne colossale fait craindre le pire. Le problème n’est pas particulier à Lausanne.